HYPRAM

L'HYper PRésent Appliqué à la Musique

Nouveautés : These New Puritans @ Maroquinerie

2.3.09

[Ecoute du moment] : Black Lips - "200 Million Thousand"

En guise de retour à la barre de ce blog dérivant dangereusement dans l'oubli, un petit point sur mes écoutes actuelles. je vais, ainsi tenter de poster chaque soir - ou presque - un petit bidule sur l'un des albums qui passe en boucle dans mes oreilles via mon fidèle Podinew Le Magnifique. Commencement avec les Black Lips puis suivront probablement les Yeah Yeah Yeahs, les Rakes, les La's, White Denim,...

The Black Lips - "200 Million Thousand"



J'avais la vague impression qu'ils s'étaient embourbés dans une interminable tournée mondiale à la suite de leur excellent"Good Bad Not Evil", en les voyant à l'affiche de nombreux festivals depuis 2 ans. Mais visiblement, ils trouvèrent le temps d'enregistrer ce "200 Million Thousand". Ce quatuor américain, souvent comparé aux Kinks de leurs débuts, se sont taillés une réputation scénique grace à leurs frasques urinaires, vomitives et peu pudiques. En gros, il leur arrive de pisser dans la foule (qui ne demande que ça), voire d'y vomir dessus et dans le meilleur des cas (ou le pire, c'est selon), de finir le cul à l'air.
Il serait cependant dommage de les réduire à ce qui est devenu ce que parfois le public attend le plus dans leurs concerts. En effet, ces garçons ont trouvé la recette mélangeant garage-rock et hymnes imparables. Mélodies simplistes, chant hurlé (et faux), rythmique endiablée, leurs concerts sont un supplices pour vos mollets, mais un régal pour les esgourdes.

Si l'on perd une partie de cette fabuleuse énergie sur leurs disques, on y découvre également des morceaux étonnament justes et surprenants. Ainsi dans ce dernier album, on retrouve au milieu de leurs traditionnels hymnes garages-rock comme "Again And Again", "Drugs", "Body Combat", un morceau étrangement hip-hopeux "The Drop I Hold" (mais surtout très enfummé), des engins délicieusement pop comme "Starting Over" (dont l'intro rappelle furieusement celle de There She Goes des La's ou encore l'entrainant "Short Fuse".

La voix semble souvent enregistrée depuis un souterrain, et les chants retrouvent la fausseté entendue à leur concerts. Pas de triche, juste des poilus.

ps : suis-je le seul à voir un visage apparaitre au centre de cette pochette destructrice de rétine, lorsque je prend du recul ?

23.2.09

Rock Playlist Contest

Bon bon bon, en parcourant le blog d'un cher collègue ( Instant Critique), je suis tombé sur un espèce de battle de playlist, ou le seul enjeu est sa crédibilité auprès des 12 pèlerins lisant nos blogs. Pôôvres de vous que je ne gâte pas trop en ne postant qu'une fois tous les 36 du mois ces temps-ci. Pour me faire "pardonner", je décide donc de poster ici ma participation à ce "contest", ce mesurage de kiki entre amateur de son qui tache, de voix qui déraillent, de guitares qui saturent.

Le principe est ainsi, et là je cite le blog à l'origine de ce contest : "Il s'agit de concocter une playlist rock de morceaux intenses, rageurs, urgents, sauvages, électriques... mais aussi accessibles et accrocheurs. Le rock, à la base, c'est une musique qui doit frapper le public, à la fois par sa hargne et son immédiateté".

Pan. Simple, efficace. Les quelques restrictions étant ; de ne pas prendre plusieurs titres d'un même groupe, de concocter une playlist de moins d'une heure, d'utiliser des sons issus d'albums (pas de lives), et bien sur, du rock, du rock, uniquement du rock.

Deux solutions s'offraient à moi : me prendre le chou pendant une bonne paire d'heures, voire plus, afin de pondre un résultat dont, je ne serais de toute façon pas satisfait car "oh putain j'ai oublié machin" ; ou bien la jouer à l'instinct en piochant dans ce qui vient à l'esprit de manière immédiate, jusqu'à arriver à cette heure de son brut....ce qui donnera de toute façon, aussi un résultat non satisfaisant pour les mêmes raisons que précédemment, mais au moins, je n'y aurais pas perdu plusieurs heures.



Découvrez Primal Scream!



Le hasard faisant bien les choses, je me retrouve avec des titres allant des années 60 à nos jours. Là, vous vous dites, Maouimépoukoi ? Hé bien...

Primal Scream - Jailbird : une intro de batterie simple et efficace, un riff de guitare rappeux comme un gant de toilette tout sec sur une peau de lépreux...des titres comme ça, Primal Scream en possède à la pelle. Pourquoi celui-ci alors ? Bah...et pourquoi PAS celui-ci ?

Weezer - Buddy Holly : depuis nombres d'années maintenant, ce groupe a toujours su marier mélodies pop et énergie brutes des guitares. Ce titre en est l'un des plus chouettes représentants. Je vous conseille l'excellent clip au passage.

Oasis - Rock'n Roll Star : j'ai récemment été soufflé par leur entrée en matière lors du concert au Bataclan sur ce titre, et il me colle à la peau depuis. C'est pourtant loin d'être la facette du groupe qui me plait le plus, mais ce titre est d'une efficacité rare. Il est de plus, il me semble, le titre d'ouverture de leur premier album, donc...
EDIT : finalement, j'ai mis Roll With It, Deezer paraissant n'apprécier que modérément Rock'n Roll Star...

Gang Of Four - Damaged Goods : souvent copiés, jamais égalés. Ce groupe phare de la scène post-punk devenu culte sans avoir de réel succès commercial, possède un bon nombre de titres mélangeant l'urgence des guitares à un groove épatant de la section rythmique. Urgence et efficacité, tout est là.

Buzzcocks - Orgasm Addict : Je ne pouvais pas ne pas mettre au moins un des représentants de la scène punk anglaise. Plutôt que les Clash ou les Pistols, j'opte pour les Buzzcocks, allez savoir pourquoi...

The Who - I Can't Explain : 3 accords que l'on imagine aisément balancés par les bras moulinant de Townshend, une batterie maltraitée par le vilain mais puissant Keith Moon. Rock'n roll.

Faith No More - Digging The Grave : autant leurs anciens albums ont pour moi, assez mal vieillis, autant leur King For A Day...passe encore régulièrement par mes oreilles. Mike Patton y vomit ses paroles autant qu'il ne les chante, sur ce titre phare de leur discographie.

dEUS - Instant Street : comme j'ai l'habitude de le dire, ce groupe appartient à la Ligue des Champions du rock européen. Plus complexes et tordus que des Girls In Hawaii, plus couillus que les Ghinzu (pour ne prendre que des groupes issus du même pays qu'eux, la Belgique), dEUS surclasse toute la masse grace a un talent plus évident. Simplement. Même si ce titre éclate moins à la gueule qu'en live, cette version studio reste l'un de leurs meilleurs titres. Voire le meilleur.

ACDC - Sin City : la voix de Bon Scott reste pour moi LA voix du groupe Australien. Moins nasillarde et caricaturale que celle de Johnson...Lorsqu'en plus la batterie vient rejoindre les guitares pour lancer ce titre, les frissons me prennent les avant bras. C'est comme ça, faut pas chercher.
EDIT : pas de titres joués par ACDC sur Deezer visiblement, donc une reprise en guise de Tribute to..mais bon, l'esprit est là...

Led Zeppelin - Good Times, Bad Times : ce groupe possède tout simplement les meilleurs riffs de guitares jamais entendus. Tout gratteux en herbe s'est usé les doigts à tenter d'imiter Jimmy Page, le pote de Satan. Moi le premier.

Creedence Clearwater Revival - Fortunate Son : groupe que je ne connais que depuis peu grave aux vinyles du pater récupérés depuis peu, et surtout à une grande fan, vivant à mes côtés, l'immédiateté de ce titre m'a sauté au visage. On les image jouer ce truc en noir et blanc, les pieds dans un bayou.

Black Keys - 10AM Automatic : atypique duo mêlant batterie et guitare, avec une énergie plus crasseuse que les White Stripes, ces deux têtes de NERDS en puissance parviennent à faire copuler blues et grunge. L'enfant se porte bien, merci pour lui.

The Strokes - Last Nite : difficile de ne pas prendre un de leurs titres dans une telle playlist. Je choisis donc le titre qui me les a fait connaitre. Par contre, les gars...je vous en supplie...arrêtez vos projets solo.

Aerosmith - Eat the Rich : je suis récemment tombé sur leur cd (Get A Grip), que j'avais depuis bon nombre d'années, mais qui s'était fait bien discret depuis. Quelle idée de pondre une fille aussi moche aussi. Quelle idée de la mettre sur les grands écrans aussi ?! Evitabke ça Mr Tyler, non? Bref, heureusement, Joe Perry fait partie de la race des grands guitaristes ayant vogué entre les années 80 et 90 avec Slash et consorts. Il balance ici un (nouveau) riff de dingue. Et rendus dingues on les suit.

Nirvana - Very Ape : venez voir dans mon armoire le nombre de chemises à carreaux que je possède (sans les porter) et vous devinerez alors l'importance qu'a eu ce trio dans ma vie d'ado. Jamais ces albums ne m'ont lâchés. In Utero restera pour moi comme un chef d'œuvre des années 90. J'en tire l'un des titres les plus rageurs...et les plus courts.

The Libertines - Vertigo : ce groupe a enfanté bon nombre de bébés plus ou moins difformes, mais jamais le mélange de poésie et de punk étalé sur leur Up The Bracket aura été ne serait-ce qu'approché. Eux mêmes en tombèrent bien loin avec un second album moins surprenant...

31.10.08

Esser



Deux singles et une bonne gueule suffisent parfois pour s'enthousiasmer. Souvent pour rien, certes. C'est mon cas ici avec Esser et ses morceaux Headlock et I Love You, me rappelant alternativement Riton et ses bricolages electro-pop et le sens mélodique de Jim Noir. Une musique bricolée à partir de petits bouts de rien, à la manière d'un Mc Gyver au top de sa forme capable de fabriquer un lance missile avec un lacet du scotch et un escargot. Le tout formant une ensemble cohérent, dansant et efficace. A suivre de près donc...

Bloc Party - Intimacy


Le précédent Week end In The City m'avait laissé sur ma faim. Le single Flux qui sortit depuis me désespérant au plus haut point sur la tournure que prenait la carrière des Bloc Party. C'est avec une oreille prudente que je m'aventure sur leur nouveau bébé, Intimacy.


Une écoute suffira pour lever les doutes et au passage me défoncer les tympans. Loin des plans un peu trop "rock fm" entendus sur l'album précédent, Kele Okereke innove encore en prenant un sentier déjà emprunté par Radiohead après OK Computer. Bref, des machines surtout, des guitares un peu.


Le single, Mercury, ne laisse pas de place aux guitares. Grosse rythmique, samples, voix déformée. On est bien loin du classique Banquet mais la fureur et l'énergie punk de Silent Alarm semble retrouvée. Preuve en est, le morceau d'ouverture dément, Ares, vous scotchant avec une rythmique rappelant les Chemical Brothers et un riff tout en déformation. Halo, Trojan Horse ou One Month Off viennent rappeler que le rock à guitares reste cependant leur meilleure arme. Zepherus semble tout droit sorti d'Amnesciac de Radiohead et Ion Square et sa superbe montée finale vient conclure ce qui sera pour moi un des albums de l'année.

25.9.08

Black Lips @ la Boule Noire

Dès fois, je me dis que je dois être maudit, avoir le mauvais oeil, la schkoumoune, ou un truc dans le genre.
Exemple : hier soir, retardant volontairement mon arrivée à la Boule Noire d'une bonne heure afin d'éviter les pénibles Cheveu, voilà qu'à peine rentré dans la salle, ceux-ci arrivent sur scène :
- prétextant que les gens étaient en retard
- prévenant qu'ils n'avaient pas fait de balance
- expliquant qu'ils allaient tenter des chansons "pas encore très carrées"


Cheveu à la Boule Noire
Cheveu : un joli tee shirt et puis s'en va

Or, Cheveu, leur bordel musical transposé dans un appartement, ferait en temps normal, partir en courant le vieux duo flétri de "C'est du propre". Alors sans balance, et "pas très carré", je vous laisse imaginer le machin. On ne peut pas leur enlever ni leur envie ni leur implication, mais si on pouvait leur enlever leurs instruments par contre...


Mark Sultan à la Boule Noire
Mark Sultan, inspiré

La salle se remplit petit à petit, Mark Sultan attisant visiblement plus la curiosité que Cheveu. Cet étonnant bonhomme prend alors place derrière une mini batterie tout en tenant une guitare et se fixant un micro devant le nez. Une sorte de Remi Bricka version Garage-Rock commence alors un enchainement de chansons aussi courtes que furieuses. Bientôt rejoint par deux acolytes (seconde guitare + basse) et toujours sans prendre de pause entre les morceaux, le trio continue dans cette voie (de garage, ah ah). Un peu lassant sur la durée, mais parfois jouissif. Un bon tremplin pour la suite de la soirée.


The Black Lips à la Boule Noire
Black Lips aux couleurs de l'Ajax

J'avais été complètement pris dans l'ambiance électrique-bordélique de leur dernier passage à la maroquinerie, et m'attendais ainsi à retrouver les mêmes sensations. Les ingrédients étant identiques au cheveu près...tout était réuni pour se retrouver une heure plus tard transpirant mais souriant.


Le concert fut bon. Très bon même par moment (belle communion sur l'imparable Bad Kids). Les nouveaux titres prometteurs (un premier très proche d'un vieux Hives, un second reprenant à une note près l'intro de There She Goes des La's). L'ambiance survoltée, bouillante. Mais parfois un peu réchauffée lors de stage invasion forcées et ponctuées d'un vol de micro (provoquant un mini arrêt du concert), de bousculade d'un des musiciens. Visiblement un peu énervés (lassés?) par ce passage, la fin sera bâclée et bouclée en moins de deux. Un rappel instrumental plus tard, les "stage envahissors" fièrement munis d'une set list piétinée ou d'une baguette s'empresseront vers la sortie pour raconter l'exploit par sms plutôt que de s'égosiller à tenter de faire revenir les Black Lips...qui ne reviendront pas (sauf pour chercher leur bière oubliée sur un ampli, ou pour discuter par la suite dans la salle). N'ayant pas eu droit à Lean, la musique de fond de salle n'était pas revenue avant un bon moment, j'y ai pourtant cru...y ai perdu ma voix...pour rien donc.


The Black Lips à la Boule Noire
Oui, nous aussi on voulait partir pendant Cheveu...

Un sentiment assez mitigé en sortie de salle. Une bonne découverte en première partie (Mark Sultan hein), un bon concert des Black Lips dans leur plus pur style (fini la bite à l'air donc), une ambiance chaudasse. Malgré cela, l'excitation, la tension ne fut jamais au niveau de leur concert de la Maroquinerie. L'étincelle, la magie de la "première fois" n'était plus là.


The Black Lips à la Boule Noire
Moustache et bite à l'air, rock'n roll quoi...