L'HYper PRésent Appliqué à la Musique (et autres trucs...)

31.7.15

Tame Impala - Currents

J'en avais le souvenir vaguement brumeux d'une après midi de Rock en Seine sur la grande scène. De loin, sur ce foutu chemin à droite là, entre les arbres ou l'on s'attend tout le temps sans s'y retrouver car on ne sait pas trop bien compter une fois à Rock en Seine.
Les gens avaient l'air de s'emmerder en attendant le grand show des Franz Ferdinand venus présenter leur dernier album avant qu'il ne sorte. Forcément, la découverte de morceaux de 6-7 minutes plutôt lents à se mettre en place, mélangeant guitares et synthés reniflant plus les champs de fleurs 60's américains que les pubs écossais le vendredi soir, la partie n'était pas gagnée d'avance.
A en voir les souvenirs des gens aussi présents à l'époque, le passage fut oubliable. Pourtant, il me sera resté dans un coin de la tête sans que je ne comprenne alors pourquoi. Bah ouais, j'aime bien Franz Ferdinand moi aussi, et alors? Take Me Out putain.

Je me souviens avoir été marqué par ce passage "Supercopter" de Elephant. Ben ouais, j'ai peut-être un peu trop regardé la TV dans les années 80 mais il fallait bien s'occuper certaines après midi un peu trop longues pour une partie Super Mario 3.
Puis hé, franchement... : 


Non ?
Ça n'est certainement pas une des séries que je regardais le plus si j'en crois les souvenirs - hormis le générique donc - parcellaires que j'en garde : Un pilote avec une fossette, un vieux co-pilote avec un air badass, des hélicopteres qui se poursuivent entre les roches, un joystick en guise de manche à balais, et une explosion finale, ouf il est enfin mort.





 Fossette à gauche, badass à droite.

OK, il n'y a donc aucune fossette ni vraiment d'air badass. C'est dire. Oh puis merde, je préférais largement Tonnerre Mécanique ou Shérif fais moi peur tiens. 

Bref, j'ai donc été marqué par ce morceau  mais aussi par cette capacité à etre parvenu à m'arracher du sol poussiéreux de Saint Cloud pour un petit voyage planant sur ce bon gros son décrit plus haut, accompagné par une voix perchée et noyée d'effets. Ce que ne sont jamais parvenus à me faire les gars de MGMT en gros.
J'ai toujours du mal à accrocher à un concert en ne connaissant pas vraiment l'artiste pourtant. Mais là, bingo. 

Une seule autre fois cela avait fait mouche. Mais avec une force totalement démesurée et incomparable : Neutral Milk Hotel au This Is Not A Love Song 2014. Mon pote m'avait un peu trainé là en m'appatant à coup de "soit on aime, soit un déteste". Parfait, j'aime pas être mesuré lorsque je parle musique. On se place donc tout devant, et tout d'un coup débarque ce que je confonds alors avec un clochard un peu perdu. 

 La clochard est à droite, je précise.

"Tu vas voir, un est un peu spécial, un peu autiste"
Ah ouais, il a l'air... Ni bonjour, rien. Un simple regard dans le public, et une demande d'un geste de baisser les appareils photos dans le public.
"ah oui, il refuse toute prise pendant les concerts".
Ah ok, tu m'étonnes qu'il tourne peu depuis des années alors...
Mais dès l'instant où le mec balance le premier accord de The King of Carrot Flowers le son de cette vieille gratte de clochard se révèle et là...


Un moment assez indescriptible s'en suit, trop court bien sur... mais dont il m'est impossible de parler ici, tant il me fera alors sortir du sujet de base. Bordel ! Recentrons le débat !



Tame Impala donc. L'écoute de l'album Lonerism (dont j'appris avec 8 ans de retard qu'il ne s'agissait pas là de son premier album, mais de son second) confirme le sentiment du concert : je vais kiffer un bon moment. Got to Be Above It Endors Toi qui t'envoie dans l'espace Got to Be Above It Got to Be Above It Got to Be Above It Mind Mischiefs te donne envie de rebrancher la guitare Got to Be Above It Got to Be Above It Got to Be Above It Feel Like We Only Go Backwards te donne envie de serrer le premier pécore dans les bars pour lui dire qu'il sent bon Got to Be Above It Got to Be Above It Got to Be Above It Got to Be Above It Got to Be Above It Keep On Lying, la grosse perle de l'album selon moi. Chanson à tiroirs démarrant à l'envers avec un fade In étonnant. Genre tu connais déjà le refrain entêtant en 20 secondes. Et boum, la petite guitare arrive là...Et t'es parti pour 6 minutes...Got to Be Above It Got to Be Above It. Elephant "supercopter" donc. Got to Be Above It Got to Be Above It Got to Be Above It Got to Be Above It. Sun's Coming Up vient clôturer l'album de manière assez différente. Surtout dans le chant, pour une fois "grave" du monsieur, mais aussi dans sa simplicité, vu que seul un piano l'accompagne....bon, les 2 dernières minutes sont un mélange de bruits et d'échos de guitare saturée, mais allez...
J'ai aussi envie de citer Nothing That Has Happened So Far Has Been Anything We Could Control, juste pour le plaisir d'écrire ce titre.

Une esthétique toujours sobre.

Tame Impala. Le second album annoncé semble faire frémir certains de mes "gars sûrs". Je me refuse à écouter quoique ce soit tant que tout n'est pas en ma possession. Question de principe. Hé oui.
Comment parler de ce Currents ? Le premier abord fut vraiment rude. Tout d'une traite. Limite indigeste. Chansons longues, hyper riches, barrées, on perçoit mal le début ou la fin, on accroche finalement à un bout...qui ne dure que 25 secondes. Bref, on ne comprend vraiment rien.
Mais putain, pourquoi crient-ils au génie ? 
Il me faut en général une porte d'entrée dans un album pour réellement l'apprécier. Souvent la chanson "facile", "single" pourquoi pas... qui donne envie de revenir même n'écouter qu'elle dans un premier temps. Puis on se dit "allez j'enchaine"... Et on se laisse finalement porter pour ne plus jamais repasser cette porte dans l'autre sens.
C'est finalement une simple phrase qui me fera rentrer dans cet album de plein fouet. Mais alors genre "prends la porte dans la gueule, tu la vois là ???"

But I Know I Will Be Happier
And I Know You Will Too.
...
...
Eventually.

Ça m’obsédait. Ça tournait en boucle dans mon putain de crane en rebondissant partout. Pourtant, au travail les pollution sonores à base de Winds Of Change de Scorpions ou diverses sorties sur la côte agrémentées de best-of de Patrick Sébastien étaient là pour tenter de me perturber. Mais non, rien n'y fait. Cette chanson est devenu mon "hymne de départ" au boulot pendant une bonne semaine. L'intro grosse guitare, la coupure pour cette partie plus douce, le Eventually suivi de l'explosion...et surtout cette fin avec ces coupures incroyables. Bref, Yo Kiffo.

Bon me voilà dans la pièce. Que faire? Bah mettre l'album dans l'ordre ?  Allez... Après l'entrée fracassante, ayant pris la porte dans la tronche, me voilà face à ce monument qu'est devenu Let It Happen pour moi.


Là, il y a tout. Mais tout. L'intro catchy me permettant de remplacer mon ancien hymne de départ du bon pied. Le chant mélodieux au possible, le gimmick "let it happen" armé pour jouer à la boule de flipper dans mon cortex, puis cette nouvelle coupure, un peu à la manière de celle de Eventually. Avec une douzaine de classes en plus. 
Le titre peut sembler quelque peu répétitif, mais comme tout grand morceau, il se révèle d'une immense richesse au fil des écoutes. Je me souviens avoir été regardé de travers lorsque j'ai dit ça un jour, mais...oui parfois il faut oser l'effort pour s'approprier un album. Persister, insister. 

Et lorsque cette boucle là arrive...parsemée de ces "fausses sautes de disque"... c'est le décollage une nouvelle fois. Le synthé te prend par les pieds et pof, tu décolles. 
Alors ouais, "pof" n'est pas le bruit parfait d'un décollage, mais..j'ai pas trouvé mieux. 
Bref, la chanson repart pour une deuxième vie une fois la batterie "Daft Punk" arrivée... On sent une fin arriver, mais non.. le petit Kevin choisit de placer le petit riff imparable. 
A 6 minutes 16. Normal.

coucou. tu dors?


Je me rends compte n'avoir finalement dompté qu'un petit tiers du disque au moment ou j'écris. Mais l'envie de balancer un pavé, surement indigeste, était trop forte. Le monde doit savoir !
Ces deux titres justifient cependant selon moi l'achat d'une édition sertie de pierres précieuse de cet album. Je peux rajouter Yes I'm Changing dont le tempo moelleux et le côté vraiment..."mignon" m'auraient paru improbable à lier à une chanson que j'aime. Et pourtant...j'y reviens, encore et encore.
Je ne sais pas trop quelle est l'histoire de cet album, mais il me parait plus...parler. Peut-être le précédent n'était alors qu'un patchwork de chansons écrites par-ci par là... Ici, on sent que le mec fait passer un message, et nous parle donc. 
Comment ne pas parler de The I Know The Better. Chanson qui semble taillée pour ...tout. Les ondes, les gens seuls, les ipods, les bals, les concerts, les bars, les soirées "vas y je peux mettre ma musique", les soirée "vas y touche à la musique et je t'arrache un ongle", les soirées "dis, tu peux mettre du U2". Non je déconne.
Riff génial, mélodie parfaite. 
Comme la musique semble simple et cruelle à la fois.... Simple car la le truc tiens en 3 notes jouées sur un rythme "cool". Cruelle car...vas y, prend une guitare toi. Essaie de jouer un truc "qui ressemble vaguement". Tu peux y aller, tu n'en sortiras au mieux qu'un mauvais clone de la Musclada un soir de fête de la musique à Charleville Mézières.

J'ai donc pris cette porte pleine face avant de commencer à tomber dans divers pièges machiavéliques. Quelque chose me dit que je n'en suis pas encore sorti...




26.7.15

Bates Motel, saison 1




Ah Norman Bates, ce personnage qui m'aura tant.... heu….ouais bon ok, je n'ai en fait jamais vu Psychose et suis globalement nul en Hitchcock d'ailleurs. Mis à part un duo de violons, une douche, un passage du train dans les studios Universal et une tripotée de volatiles énervés...bah je ne connais vraiment pas grand chose.

L'arrivée d'une série préquel à ce Film ne déclencha donc pas chez moi un enthousiasme délirant. Genre, ouais bof. Un ouais bof cependant teinté d'un "pourquoi pas un jour, si le public commence à suivre ?".
Non car je ne compte plus les nombreuses frustrations suite à des annulations de séries, pourtant bonnes, après une seule saison. Les audiences toussa...putain de ricains...


Celles qui furent inexplicablement annulées (Rubicon dont j'avais parlé par ici...), celles dont le style de niche pouvait difficilement voir une suite être produite (The River,...), celles partant d'un pitch vraiment intéressant mais qui pour le coup eurent du mal à tenir la distance (Flash Forward, The Event, Terranova (non je déconne, ça c'était vraiment nul),...
Cette dernière catégorie ressemble à un cimetière de bonnes idées...mal servies par une ambition beaucoup trop élevée comparée aux moyens mis en œuvre : Les studios payant pour une bonne idée bien vendeuse le temps d’attirer les gogos sur le pilote bien marketté, mais refusant d'aligner les ronds pour 3 scénaristes majeurs et une paire de bons acteurs. Résultat, le gadin assuré, voire même une place assurée dans nanard Land...

 Pourquoi ? Mais pourquoiiiiiiiiii ?


La différence entre une grande série et une bonne série se fait pour moi dans la prise de possession du temps. La grande série tisse à son rythme une toile de laquelle il sera impossible de se dépêtrer même des années après sa vision. Elle prend son temps pour tenir un marathon, fait ses réserves pour pouvoir accélérer puis balancer ses cartouches le moment venu. On ne compte pas les épisodes des Sopranos, Six Feet Under, Game Of Thrones qui au premier abord semblent...ne rien apporter, juste remplir un espace vide. Simplement, au lieu de le combler par une baudruche ayant rapidement pris sa forme pastiche, c'est par une superposition de fines couches que ces séries procèdent… et construisent leur mythe.

Puis quand il le faut, le coup d'épée est donné en plein cœur. Plaie béante et crise sur facebook.

Beaucoup de séries ces dernières années semblent ne plus essayer de jouer sur ce terrain...à quelques exceptions près grâce à des chaînes américaines câblées (HBO, AMC,.), et/ou à péage (Netflix) voire les expérimentation barrées from UK (Sherlock, Luther,...).

Comme si les courses à remporter n'étaient plus des marathons mais uniquement des sprints. Il faut partir vite vite vite, fort fort fort... En mettre partout et beaucoup, ne pas prendre son temps, non non surtout, envoyer, remplir, enchaîner... Lièvre plutôt que tortue donc. Sauf qu'à la fin...



Après deux épisodes, Bates Motel me paraît rentrer dans cette catégorie la, le sprinter. Le pitch est bon, l'athlète prometteur, le départ excellent,... et  il accélère immédiatement : la série balance en peu de temps beaucoup de pistes, de personnages, d'événements... A un tel rythme, je redoute un essoufflement bien naturel qui serait cependant dommageable aux vues des prestations des deux acteurs principaux et de l’envie que l’on a de comprendre ce qui a pu mener le petit propret Norman à se mettre en couple sanglant avec de stridents violons…

Après avoir terminé cette - longue - première saison, le sentiment d’avoir à faire à cette race “nouvelle” de gentil sprinter s’est confirmé. On s'enchaîne les épisodes afin de savoir où tout cela peut bien nous mener, de quelle manière Norman se transformera en ce que l’on sait,... mais la flamme n’est jamais vraiment en moi. Je n’y retrouve ni le savoir américain pour faire traîner un suspense sur toute une saison quitte à nous faire avaler de sacrés anacondas, ni celui plus propre aux séries du genre “soap” (à prendre au sens large du terme) nous injectant dans les veines la drogue du “allez juste un dernier avant de dormir”.

Cependant, il faut bien l’avouer, le sujet est sacrément casse-gueule. Partir d’un point A connu, pour aller à un point B tout aussi connu, de la vie d’un jeune homme, tout en tenant en haleine sur une vingtaine d’épisodes que multiplient x saisons. Difficile ainsi de ne pas transformer la vie de Norman Bates en un enchaînement assez invraisemblable d'histoires alternant entre le drama adolescent, le trafic de drogue, la traite d’esclaves, les flics véreux, la famille décomposée,...


Pour avoir grandi dans une ville qui semble plus ou moins de la même taille que celle de la famille Bates, cela me paraît un petit peu beaucoup. Alors ok, le département des Landes est certainement un coin du monde relativement calme, mais tout de même !
Le drama ado : ok, je me souviens qu’un jour, un des gars de ma classe de collège avait fugué ! Il s’était réfugié dans la “maison du rugby” juste à côté de ma maison. La tension était à son comble.
Le Trafic de drogue : vu le tarif pratiqué sur les verres de pastis aux fêtes de mon village, je pense qu’il y avait de la contrebande de caisses d’alcool dans l’air. Oui l’alcool est une drogue. C’est mal. Bouh.
La Traite d’esclaves : on peut considérer que le traitement des adolescents ayant été pris dans le tourbillon du castrage estival du maïs est similaire à cela, je le concède.
Les flics véreux : je suis allé un jour porter plainte dans un commissariat pour pouvoir récupérer les sous perdus suite à un petit piratage de CB. La prestation dactylographique du fonctionnaire ce jour là, ainsi que la pertinence des questions m’ont plus fait penser aux gendarmes de la soupe aux choux que du L.A. Confidential de James Elroy.

Bon ok, tout y est presque en fait...

Pour en revenir à la série : la fin de saison laisse entrevoir ce changement tant attendu dans la personnalité de Norman donnant ce foutu goût de “reviens-y” qui nous fait perdre tant d’heures de notre vie…
L’avantage d’avoir commencé une série que l’on sait déjà constituée de 3 saisons, c’est que ce goût-là peut ne pas se mélanger à celui d’inachevé.

Next, next.



22.7.12

Festival FNAC Live 2012



Ils sont sympas les gens de la Fnac. Pour se donner bonne conscience de nous refiler des galettes en prix verts à 15€45, ils nous offrent une tripotée de concerts gratuits dans un lieu plutôt inhabituel pour venir dodeliner de la tête et pester contre un con de grand juste devant vous, oh le con : la place de l’Hôtel de Ville de Paris. Oh la belle affaire lorsque l'on vit à 10 min à pied, détours de punks à chien compris.

Une programmation éclectique afin de rassembler le plus de clients possibles - bah oui, qui d'autre a entendu parler de ce truc, hormis les clients des magasins ? - alternant entre hiphop (1995, Disiz), variété internationale (Charlie Winston), variété française (Dominique A, Tryo, Revolver, Pony Pony Run Run, Naïve New Beaters) et Indépendants (Alt-J, Balthazar,...). Oui je parle en classification "Fnac", restons raccord.


Les journées du vendredi et du samedi étaient dans mon viseur. Une cible le premier soir : les belges de Balthazar pour m'avoir épaté lors d'une première partie de dEUS il y a quelque mois, deux cibles le samedi : Alt-J dont le buzz naissant puis l'album m'ont gentiment chatouillé l'oreille, et Revolver un des rares groupes français "ah tiens c'est eux qui ont fait ce titre" que j'écoute avec plaisir, et que j'avais également vus lors d'une première partie d'Islands il y a plusieurs années.

Balthazar

J'ai eu l'opportunité de partir dans un certain nombre de festivals européens ces dernières années, donc la population de festival n'est pas vraiment une faune étrangère. C'était sans compter sur la faune du "festival gratuit dans l'un des endroits les plus touristiques de Paris". Là, on peut y trouver de nouveaux éléments assez intéressants.
Commençons par le clodo déchiré au milieu de la foule. Le meilleur moyen de ne pas avoir ce fameux "putain de grand" juste devant soi, car étant aux côtés du dit clodo, personne ne vous entoure dans un périmètre de 2 mètres. Peinard. Ne pas être sensible du nez par contre. Ni être choqué et surpris lorsque le pauvre bougre tombe brusquement raide bourré sur ses affaires dans un râle éléphantesque. Vous pouvez par contre l’être des touristes armés d'iphones, situés donc à deux mètres, qui n'ont pas loupé grand chose de la dernière danse éthylique pré-chute, qui ressemblait à un enfant conçu par la lambada, le zouk et le french cancan.
Signalons la présence du même gars, same place, same time+24heures. Je me demande si la Fnac est consciente d'avoir ici apporté du plaisir à un gars qui ne leur rapportera surement pas grand chose par la suite... Quelle grandeur d'âme.
On est a Paris. Il y a du monde. Donc forcément, il y a des vendeurs à la sauvette à la diction incompréhensible, mais à la mathématique certaine. Leur capacité d'adaptation à l'endroit et au type de manifestation est toujours aussi remarquable. Après les saucisses/merguez/vas y démerde toi pour la moutarde elle est là devant toi / une quoi? une serviette? oui prend le sopalin là / 6€ pour la fête de la musique, voilà donc le seau à bières. Un seau, de l'eau, des bières plongées. Ne paniquez surtout si vous vous décidez 1 minute trop tard et que le type est désormais hors d'atteinte. Non, ne paniquez surtout pas, vous en aurez dans les 10 minutes qui suivront 8 autres qui passeront devant Et derrière vous. Prévoir le pantalon car les coups de seaux remplis d'eau dans les tibias/mollets sont assez surprenants au premier abord.

Place au "type pas au courant du truc, n'en ayant rien à foutre, et qui ne changera sûrement pas ses habitudes pour autant". Tu regardes la scène. Tu auras donc forcément dans ta soirée des gens venant de ta gauche ou de ta droite cherchant le meilleur point de vue permettant d'apercevoir le haut de tête du clavier. Il fait beau, c'est l'été, c'est gratuit : cette légère gène sera accompagnée par un sourire, voire un "pardon". Vous êtes tolérants. MAIS par contre, le type pas au courant du truc, n'en ayant rien à foutre, et qui ne changera surement pas ses habitudes pour autant, lui non seulement le sourire vous l'attendrez encore en 2014 - et encore -, mais en plus si vous avez le malheur de vous trouver sur la trajectoire allant du point A (= sortie du Franprix) au point B (porte du domicile) du type pas au courant du truc, n'en ayant rien à foutre, et qui ne changera surement pas ses habitudes pour autant, attendez vous à être légèrement bousculé. Prévoir également le pantalon car le pack de lait ou la poche de courses portée à niveau des mollets seront certainement amené à entrer en collision brutale avec vos os.



Mais soyez rassuré, heureux, content, ravi, soulagé. Il n'y a pas de drapeau breton qui flotte devant vous ! Et rien que pour ça, la réussite de l'opération est là.

Parlons un peu musique, même s'il est déjà compliqué de juger un set d'artiste en festival pour plusieurs raisons (durée courte, son aléatoire,...), alors sur des performances parfois d'à peine une demi heure...

Balthazar, jeune groupe belge déjà épatant lors de leurs premières partie confirment ici pour moi un talent certain. Dans la veine de leurs ainés dEUS sans en posséder encore la maturité , l'assurance ni les (grandes) chansons, ils démontrent une belle maitrise mélodique et de la scène. Certains titres y sont même épatants et se révèlent des tubes potentiels si l'on excepte certaines fins un peu bizarres, ou que l'on aimerait voir exploser davantage. Mais enfin je chipote.
Car quand je vois ensuite débarquer et commencer à jouer ce que nous produisons nous au pays, je me dis que ce que je venais de voir était un rêve, une symphonie, un chef d’œuvre. Les Naïve New Beaters étaient donc là. Des palmiers gonflables, du gros beat. Voilà ce que je retiendrai. Le reste est franchement proche du néant malgré une pêche et une joie assez communicative. Je pense avoir battu à cet instant le record du plus grand regardage de montre en festival sur 30 minutes.

"Venez nous voir en novembre à la Cigale". Bah putain.

Naïve New Beaters

La foule se densifie pour la suite. Pony Pony Run Run. Ah oui, voilà donc un autre de ces fameux groupes "ah tiens c'est eux qui ont fait ce titre". Nous reculons donc pour se retrouver sur le trottoir face à l’Hôtel de Ville. Nouvelle joie du festival intra muros : voir défiler les bus et les camionnettes entre vous et la scène. On regrette alors le putain de grand, le clodo bourré, le type pas au courant du truc, n'en ayant rien à foutre, et qui ne changera surement pas ses habitudes pour autant. We Don't Have To go ? Bah, désolé mais si, we have to.




Le lendemain, arrivée surplace au moment ou démarrent les Alt-J. Foule plus dense encore que la veille, mais ça reste très vivable, à un ou deux types pas au courant du truc, n'en ayant rien à foutre, et qui ne changera surement pas ses habitudes pour autant, près.
Je fermais les yeux, j'avais le disque en fond sonore. Pas vraiment à leur aise sur cette scène, set ultra court (vraiment pas plus de 30 minutes montre en main), cette performance très carrée, peut être trop, ne plaira je pense qu'aux amateurs de l'album. Les autres pensant découvrir quelque chose ce soir se sont peut être demandé ce qu'ils foutaient là, devant 4 nerds peinant à transmettre la moindre émotion aux gens venus sur le parvis.
Revolver prend place. Un groupe à poils, une insulte aux chauves. Rien à voir niveau prestation scénique avec les précédents Alt-J, les gars semblent bien plus à leur aise sur scène. Ils roulent leur bosse depuis plus d'années et cela se sent bien. Chansons agréables, clap hands réguliers, brushing impeccable et les deux "tubes" enchainés. Que demander de plus.



MERCI LA FNAC.

15.12.11

[Jeux] - (PS3) - Dragon Age 2 : Rise To Power







Une nouvelle licence prometteuse (Dragon Age), des développeurs talentueux et reconnus (Bioware), la grosse Bertha de compétition pour assurer les fonds (Eelectronic Arts) : tout était réuni pour assurer un énorme succès critique et commercial à la suite des aventures de Gérard, l'elfe Citadin pourfendeur de dragons. et autres engeances. Oui, Gérard... ET ALORS ? ON A LE CHOIX, NON?

J’avais adoré et dévoré le premier, ainsi que ses DLC (oui je suis une personne riche). Je vais pas revenir sur ses qualités car ça n'est pas le sujet (écriture géniale, ambiance réussie, bande son digne d'un bon film de genre, durée de jeu intéressante), ni sur ses défauts (moche moche, et assez laid par moment). Les sentiers de la gloire se présentaient donc parsemés de pétales de roses arrosées au lyrium pour sa suite.



Mais là, vint la démo,... et ses premières impressions qui en découlent..: bourrin, presque aussi moche, mal doublé, bordélique. Puis vinrent les tests : catastrophiques. Et enfin les premiers retours des joueurs : déçus, dégoutés, tristes.
Je ne comprend pas. Ils parlent bien de la suite de Dragon Age Origins ? Ce jeu qui me tint en haleine 80 heures durant en me promenant des tréfonds d'Orzammar aux meurtrières du chateau de Golfalois ? Le truc où mon frèle Gérard, certes au charisme d'huitre, parvenait au terme de combats dantesques menés par une musique fabuleuse à péter les dents pointues de grosses bestioles ailées légendaires ? Le seul jeu ou il m'arrivait de passer plus d'une heure dans le "codex" afin de lire des pages et des pages d'histoire relatant mythes et légendes de cet univers fantasmé ? Puis vint l'illumination : 

QUE NENNI.
ILS DOIVENT SE TROMPER!
ILS N'ONT PAS SAISI!



Je décide donc de me lancer à mon tour. Ce n’est pas comme si l'année 2011 était bien riche en grosses sorties de qualité à faire absolument (Rayman, Skyrim, Uncharted 3, Batman Arkham City...), ni comme si j'avais à peu près 85 jeux en retard dans mon placard de crevard, vieux renard. 

Non. 
Ma procrastination masochiste vidéo ludique a une nouvelle fois frappé.

Je décide de lancer Dragon Age 2, les aventures de Gilbert, le voleur tatoué, sosie du Lorenzo Lamas après une nuit blanche. Le jeu démarre donc identiquement à cette foutue démo décevante et inquiétante. Un récit (bien) narré par un nain subissant un interrogatoire sera donc le fil rouge de cette aventure. Le nain m'a connu, il était visiblement mon compagnon de bourre pifs.
Pourquoi pas.



Ne tournons pas autour du pot 3 jours en enculant des mouches à la paille : je suis donc allé au bout du jeu et deux de ses DLC, et peux donc enfin donner un avis tranché sur la bête.

Graphiquement, c'est niveau début de vie PS3. Très décevant si l'on prend en compte les concurrents directs ou les autres grosses licences du moment, mais comparé au premier, on est en progrès. Ce n’était pas compliqué. Mais ça reste assez moche. Pour faire moins laid, les gars de Bioware ont usé de la technique "ne nous éparpillons pas dans trop d'environnements différents, faisons en moins, mais concentrons nous dessus".
Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'ils s'y sont tenus. 
En effet, c'est LE gros foutage de gueule du jeu : les mêmes maps sont utilisées, réutilisées, ré-ré-utilisée (ad lib), jusqu'à non pas la nausée, non, mais la gerbe ultime ! Ils te font passer "la grotte de schmurtz" pour un endroit différent de "la caverne de sploutz" CAR une porte ne s'ouvre plus, MAIS une autre qui était fermée avant, l'est désormais. Branleurs. Que ça arrive une, deux, voire trois fois, passons. Mais là, c'est du début à la fin du jeu.

Une fois la moitié du jeu dépassée, chaque nouveau "donjon" ne l'est pas réellement, vu que tu y as déjà foutu les pieds bien une dizaine de fois. Sous un autre nom, certes, mais oui, tu le connais déjà... Seul le contenu des coffres et les éventuels cafards rencontrés change. Je crois n'avoir jamais vu ça dans un jeu vidéo. D'autant plus que l'on est assez éloigné d'un jeu indépendant développé par 3 barbus dans une cave sombre en Lituanie. Impardonnable.



Le sentiment d'un énorme bâclage, d'une finition par dessus la jambe prévôt. Surtout que le jeu est loin d'être exempté de bugs en tout genre : affichage (les armes au repos dans le dos des mages, ...flottent), sonores (doublages interrompus en milieu de phrase, passages en anglais alors que l'on joue en français depuis le début du jeu,...). On pourrait se croire dans un DRAGON AGE SIMULATOR 2011 développé par la terrible équipe slovène qui a récemment commis la série des Simulator 2011 (transports routiers, chasse neige, bucherons, ambulance,...).

Mais certains points positifs restent cependant assez forts pour me garder au pad jusqu'à la fin du jeu.

L'écriture est du même niveau que le premier volet. Le background est soigné dans ses plus infimes détails, les parties historiques sont cohérentes entre elles et avec le premier volet, tout est bien écrit et intéressant. Cela n'empêche pourtant pas le scénario général d'être assez décevant : pas de souffle épique comme sur Dragon Age Origins, pas de réelle quête principale mais plutôt un amoncellement de quêtes annexes souvent rébarbatives dans leur déroulement, qui permettent cependant de tisser une toile générale assez touffue. On apprend des bribes d'histoires par ci par là, on creuse le passé de nos personnages,... Mais aucun réel fil tenu dans les trois quarts du jeu.
L'emballement final des 3 chapitres rattrape légèrement le coup mais aucune comparaison possible avec l'attaque de l'archidémon dans son prédécesseur.



Les personnages accompagnants sont plutôt bien écrits et agréables à entendre. Car l'une des forces de cet opus est ces interactions "passives" entre les personnages de notre équipe. Les discussions sont nombreuses et spontanées lorsqu'on se ballade, parfois drôles, jamais de répétitions. Bon point.
Le doublage me parait identique en qualité au premier, à savoir satisfaisant dans sa globalité mais assez inégal. Certains dialogues entre un doubleur de série US et un acteur secondaire de Plus Belle La Vie rendent les scènes plus comiques qu'elles ne devaient alors l'être...
La bande son défonce. Les thèmes sont certes moins marquants qu'un Seigneur des Anneaux mais ils restent assez forts pour ne jamais vous emmerder, ou vous amener à baisser le son, bien au contraire. Gros point positif, tout comme pour les excellentes transitions visuelles entre les chapitres.

Le gameplay a évolué vers un beat them all plus qu'un RPG. On peut toujours faire des pauses pour donner des ordres à ses compañeros, mais on finit vite par bourriner sur ses touches en alternant entre nos pouvoirs/capacités sans vraiment calculer quoique ce soit. L'arbre de capacités est bien foutu et assez varié. L’évolution de nos personnages est très paramétrable. 
Une déception cependant, l'impossibilité de gérer la partie "fringues" des nos collègues. Tu peux leur changer les armes, les colliers/bagouses/ceintures, mais pas les casques/gants/tenues. Bizarre.



Bref, Tout a déjà été dit sur ce jeu, et je ne peux que finalement me ranger derrière. Cette suite est vraiment décevante même si certains débiles comme moi choisiront tout de même de se faire les 60 heures de jeu pour parvenir à la fin, histoire de "savoir comment ça se termine", ou bien portés par une bande son et une écriture de haute volée.

Je tiens à remercier les développeurs de ce jeu pour leur "amateurisme" grâce auquel j'ai eu droit à un plantage juste avant le lancement du générique final. J'ai donc dû me retaper le dernier fight et ainsi pu débloquer le trophée "vous avez terminé Dragon Age 2, à deux reprises" que je n'aurais jamais vraiment pensé un jour posséder...




PS : je signale cependant les 2 DLC "Marque de l'Assassin", et "l'Héritage" qui rehaussent un peu mon impression globale du jeu. On sort des sentiers habituels pour de nouveaux décors plus léchés, nouvelles bêbêtes, histoires intéressantes, gameplay parfois différent (un peu d'infiltration dans "Marque de l'Assassin").

12.12.11

Top Album 2011

 1 - The Black Lips, Arabia Mountain


2 - Stupeflip, Hypnoflip Invasion

3 - Kasabian, Velociraptor



4 - The Vaccines, What Did You Expect From the Vaccines


5 - Tom Vek, Leisure Seizure


6 - The Strokes, Angles

7 - Justice, Audio Video Disco


8 - Ty Segall, Goodbye Bread


9 - 1,2,3, New Heaven

10 - Digitalism, I Love You Dude

17.9.11

[Série] - Nip/Tuck, saison 5



Un peu comme la majorité des clients qui passent entre les mains des Docteurs McNamara et Troy, la série avait besoin d'un sérieux coup de scalpel pour se remettre d'une saison 4 qui sentait déjà sérieusement le sapin. Plus vraiment d'intrigues dignes d’intérêt, méli-mélo sentimentaux proches du ridicule et surtout une galerie de personnages "principaux" crispants dans le meilleur des cas. Mais une certaine curiosité malsaine des cas toujours plus tordus qui disaient "ce qu'ils n'aimaient pas chez eux" me poussait à aller au bout. I did it. L'essoufflement était quasi total lorsque l'idée terminale de la saison 4, le déménagement à Los Angeles, me laissait encore un mince espoir de rétablissement. 

Ce déménagement allait-il être synonyme de nouveau départ pour la série comme ça l'était pour les personnages ? En gros, cette putain de famille de pénibles de Sean allait-elle enfin passer à l'as ? Je n'ai même pas envie de laisser planer un quelconque suspense, la réponse est malheureusement non.
Je ne vais pas lésiner sur les spoilers car disons le d'emblée, la saison 5 ne mérite pas vraiment que l'on y perde son temps comme je l'ai fait sur ces 22 épisodes. Ça, c'est dit.



Le départ est assez prometteur, on y suit les premiers pas de nos deux chirurgiens plastiques dans le monde "hollywoodien", où la recherche de superficialité encore plus prononcée qu'à Miami leur promet des jours professionnels heureux. Les premiers cas tordus arrivent et l'ébauche d'un semblant d'intrigue "principale" pointe son nez. Christian recherchant la célébrité à travers la Télé réalité se la verra refuser, alors qu'elle tombera sur Sean, pourtant réticent au début, via une série totalement ridicule, "Coeurs et Scalpels", dont il deviendra progressivement la vedette. Les relations des deux "frères" se tendent, se distendent, de nouveaux personnages font leur apparition, bref, ça commence à prendre. 

Mais patatras, la famille refait surface. La femme hystérique et le fils cadavérique se mêlent à la fête. Nous voilà reparti dans le méli-mélo sentimental autour du triangle amoureux Sean - Julia - Christian, devenu un carré avec la femme désormais en couple avec Julia, voire un Pentagone avec...sa fille. 
Petit rappel des faits, attention on respire un bon coup : Sean fut marié des années durant avec Julia, qui coucha il y a des années avec Christian, meilleur ami de Sean, ce qui donna naissance à Matt, que Sean a toujours pris pour son fils biologique. Matt est lui marié avec l'horripilante Kimber, star du hard et accessoirement ex de Christian ET de Sean, avec qui ils ont eu une fille. Christian se retrouve donc grand père d'une fille sortie du ventre d'une femme avec qui il fut aussi marié. Je n'aborde même pas le sujet du petit Wilber, que Christian a décidé d'adopter, car étant le rejeton d'une de ses plus fameuses ex - la nympho Gina - dont il pensait être le père, mais en fait non, il est black. 



Autant dire que la simple idée de replonger là dedans ne me réjouissait guère...Et j'avais raison. La série s'embourbe une nouvelle fois dans ces pénibles nœuds sentimentaux, où l'on verra entre autre Sean se taper la fille de la femme avec qui vit son ex- femme, cette ex-femme recoucher à plusieurs reprises avec Christian qui lui même choisira de demander en mariage Liz, l'anesthésiste lesbienne. Qui acceptera bien entendu. Oui, car entre temps, Christian aura contracté un cancer du sein (ah ah), et celui-ci ne lui laissera que 6 mois à vivre. Le cynisme est ici poussé à outrance, et au delà de la gène qu'il provoque parfois, c'est le dépit et l'ennui qui prédomine. 

Avant de regarder le dernier épisode, j'étais persuadé que cette saison était la dernière. Alors je vérifie cette information avant de constater qu'il en reste encore 2 derrière...Moi qui pensait que la série allait poursuivre son côté "borderline" cynique en montrant la phase de décrépitude d'un Christian mourant, je ne pouvais désormais que me douter d'un twist final qui parviendra ceci dit à m'arracher un sourire. Les trois derniers épisodes sont même en totale roue libre, les scénaristes prenant un certain plaisir à s'auto parodier à travers certains cas totalement absurdes comme ce chirurgien plastique atteint d'une maladie le forçant à s'accoupler avec des meubles (wtf?). 

En résumé, cette saison pourtant assez regardable dans son premier tiers, retombera dans ses travers les plus pénibles, sans jamais parvenir à maintenir une intrigue réellement intéressante tout au long de la saison. On a ainsi l'impression d'avoir vu se succéder une suite de mini histoires jamais bien folichonnes sans vraiment de liant entre elles. La curiosité malsaine poussant à se lancer dans chaque épisode afin de découvrir les nouvelles idées de cas tordus ne suffira pas pour terminer la saison, vu que ceux-ci passeront au second voire au troisième plan, une fois la maladie de Christian déclarée. 

Les séries arrivant à produire 7 saisons de plus de 20 longs épisodes (45 minutes) ne sont pas légion de nos jours, et celles qui y parviennent connaissent une certaine maturité en "milieu de vie". Difficile de penser que c'est le cas pour Nip/Tuck dont la courbe de température diminue gravement. Encore deux saisons pour éviter la cryogénie ?




11.9.11

[Jeux] - (PS3) - inFAMOUS



Le piratage du PSN cet été aura au moins eu un effet positif : faire profiter aux "lésés" de quelques bonus  substantiels une fois le réseau à nouveau accessible. L'un de ces avantages était de pouvoir choisir un jeu PS3 entier à télécharger gratos. Pas des nouveautés certes, mais l'occasion de pouvoir tester une des premières belles exclusivités de la console était offerte, et ma foi, je n'allais pas m'en priver. Donc, pof, iNFAMOUS.

Un jeu qui ne m'avait jamais spécialement attiré, mais dont la sortie récente d'une suite agrémentée de pas mal de critiques plutôt élogieuses m'a attisé la curiosité. Un peu comme je choppe "pour le fun" les vieilleries SEGA via le PS Plus (Altered Beat, Golden Axe,..) pour y jouer à l'occasion, je lance alors le download sans trop m'attendre à tomber sur une merveille.

Première surprise, l'aspect "comic" dans la présentation du scénar doublé de belle manière par des voix françaises. Mise dans le bain plutôt excellente. La prise en main du gazier se fait progressivement par l'acquisition de compétences multiples via un système classique de gain d'expérience. Sur la fin, la palette de coups possibles est assez étendue. Un chouille trop selon moi, on a vite tendance à ne se servir que des 2-3 mêmes coups (bien améliorés dans le temps), car les autres...on les a zappés. Et dans le feu de l'action, se remémorer qu'il faut plutôt faire L2+haut et rond... bah ça vient pas super naturellement. Mais on s'en fout, avec les 2-3 "basics", on fait rapidement tout péter.



Un des aspects principaux du gameplay est la capacité de Cole, le "héros", à tout faire exploser via des pouvoirs électriques acquis dès le début de l'intrigue. La montée en puissance du personnage est assez finement dosée. On galère assez rarement face aux hordes d'adversaires, sans pour autant s'endormir. La découverte de la ville - espèce de bac à sable géant - se fait aussi progressivement à la manière d'un GTA4 où les parties de la ville séparées par des ponts se trouvent accessibles une fois certaines missions principales terminées. 

Nombreuses missions secondaires sont aussi accessibles tout au long du jeu. L'histoire peut se terminer sans elles, mais les gains d'exp qu'elles procurent les rendent au final assez indispensables. Gros hic, elles se ressemblent toutes assez rapidement. Chercher un paquet dissimulé via une image fixe, suivre un mecton sans se faire repérer, dézinguer un bus, ... Peu de variété donc au final. Tout comme dans les ennemis : on se retrouve un peu tout le temps face aux mêmes racailles. Mais bon, on peut se rattraper en tapant un peu sur tout ce qui bouge (gens comme objets), tout étant quasiment destructible. Le terme de "jeu bac à sables" prend ici un peu plus son sens que dans un GTA où l'on est au final assez limité.

En effet, un peu comme dans le très bon Just Cause 2, le personnage est capable de grimper partout. Ainsi on se retrouve plus de temps dans le ciel de la ville que sur terre. Certains passages "plateforme" du jeu se déroulant même en haute altitude. Ce sont là les passages pour moi les plus corsés (et intéressants) du jeu, car il faut alors jongler avec la 3D, les pouvoirs, le tout avec un sentiment de vertige bien rendu.



Un autre sentiment bien retranscrit : l'immersion dans cet environnement légèrement post apocalyptique. En plus des géniaux intermèdes "comics" entre les chapitres, le jeu est truffé de passages audios "in game" via des journaux télévisés visibles en vitrine des magasins hifi ou des messages laissés dans des satellites à découvrir tout au long du jeu, permettant d'en savoir plus de l'histoire.

Dernier élément d'importance, qui font de ce jeu un quasi incontournable PS3, le choix souvent laissé au joueur de pouvoir agir en "good guy" ou en "bad guy". Chaque action a une répercussion sur une jauge de réputation qui permettra, suivant son évolution, de déloquer des pouvoirs différents. L'environnement régira aussi de manière différente : les gens vous jetteront des cailloux dans la rue, la ville sera parsemée d'affiches assez lugubres si vous la jouez en bâtard. Le scénario divergera aussi certaines fois et plusieurs fins sont ainsi envisagées en fonction de votre évolution. Une intelligente façon de rallonger la durée d'un vie (pourtant loin d'être ridicule) du jeu si l'on veut essayer les 2 voies.

Bref, merci les anonymous.


20.8.11

[Jeux] - (PS3) - DLC : L.A. NOIRE

Rockstar ne nous avait pas menti : de nombreux DLC suivraient la sortie du jeu. Il ne fallait par contre pas s'attendre à des contenus aussi poussés que furent Lost and Damned et Gay Tony pour GTA4 ou encore les Cauchemards d'Outretombe de Red Dead Redemption. Étant donné la compartimentation du jeu, il était en effet facilement prévisible de ne voir débarquer que de simples nouvelles "enquêtes". La durée de celles-ci n'excédant que rarement l'heure de jeu, il allait falloir envoyer le bouzin pour justifier les poignées d'euros balancées au PSN pour faire reprendre du service à Cole Phelps une fois l'histoire conclue.

C'est ici le principal souci de ces DLC. On connaît le fin mot de l'histoire. Difficile donc de repartir dans le "passé" de notre partie pour revoir les personnages s'interroger parfois sur le déroulé de la trame principale...L’intérêt des phases de dialogues en voiture se voit ainsi réduit à son minimum. Et comme on n'a plus besoin de s'arrêter de temps en temps foutre une branlée aux bad guys lors des missions aléatoires, on laisse volontiers le volant à notre coéquipier et la durée de jeu de ces DLC en est d'autant plus réduite.

Autre souci, l'ambiance. Ce qui était le gros point fort du jeu lorsque l'on s'y acharnait sur plusieurs heures n'existe presque plus sur une partie de 30-45 minutes. Difficile en effet de se replonger dans l'ambiance "Ellroy" de ce L.A. des années 40. On ne prend plus le temps de traîner entre 2 missions, les cut-scènes sont focalisées sur nos petites missions et basta. Quand on se reprend à taper du pied sur les airs jazzys offerts par la radio et se rêvant avec un Borsalino, Cole est déjà félicité et étoilé pour sa fin de mission...Le charme est beaucoup plus diffus et la frustration nous gagne.

Le gameplay est identique en tout point aux phases déjà connues depuis la partie principale. Seule la mise en scène du début de Nicholson Electroplasting sort du lot. Mais on retombe très vite dans l'enchaînement habituel : fouilles de scènes de crime, 2-3 interrogatoires, gun fight, course poursuite et basta. 
Ne voyons pas tout en noir ceci dit, on se retrouve à nouveau face à des scènes dignes de bon polars basés sur cette époque de l'histoire US. Pédophilie homosexuelle, beuh en conserves, racisme constant, magouilles,... tout y (re)passe.

Au final, difficile de ne pas repenser que ces chapitres furent initialement développés pour le jeu "normal" avant d'être "lotis" et sortis du jeu pour être vendus à la découpe. Et donc de sentir d'autant plus l'enculage (en plus consenti...).
Le chapitrage du jeu facilite cette pratique qui je l'espère ne sera plus qu'un souvenir un peu douloureux lors de la sortie du prochain GTA 5 ou d'un éventuel nouveau Red Dead.
On peut se demander si ce fut une volonté de la Team Bondi à l'initiative au projet, ou si c'est plutôt un choix de Rockstar de profiter un peu plus encore des nombreuses ventes de galettes...

Claquer 15-20 euros en plus du jeu pour un Undead Nightmare, sans souci. Mais quasiment la même somme pour le contenu décris ci-dessus, non merci.



17.8.11

[Jeux] - (PS3) - Démos : Driver San Fransisco, Rugby World Cup 2011

De retour de vacances, une petite razzia sur les démos loupées sur le PSN s'imposait.Me voilà en possession de celle du mode solo de Driver San Fransisco ainsi que de celle du jeu officiel de la future coupe du monde de rugby. Une attendue, une vraiment "pour voir".


On est vite foutu dans l'ambiance par une séquence d'intro posant le contexte dans lequel le jeu se situe. Très clippé, écrans splittés, ça va vite et c'est plutôt beau. Présentation des principaux protagonistes. Les phases de blabla bien doublées et visuellement, les visages sont bien rendus. On est pas dans LA Noire, mais quand même. 
3 missions sont proposées dans cette démo. Pas de merdouillage dans un parking pour "apprendre à conduire" comme dans Driv3r, mais direct balancés sur l'asphalte. Le principal gimmick du jeu sera cette possibilité que l'on aura de "switcher" d'un véhicule à l'autre. Non pas en s’arrêtant et en cassant la gueule des gentils automobilistes à la mode GTA, mais en s'installant carrément dans la tête des conducteurs étrangers. Ce truc semble sacrément bien foutu. Aucune altération visuelles dans les courses poursuites, switchages de voitures à gogo,... une bien bonne idée de gameplay. Souci récurrent des "Driver", les voitures savonnettes. Bah, encore présent ici. On à l'impression de parfois conduire un char d'assaut monté sur patinettes. Assez crispant dès ces premières missions lorsqu'il s'agit de semer les flics. 

Éternelle rengaine que le semage de flic qui semble aussi au rendez vous. Des flics à la conduite toute aussi brutale que dans Driv3r, ce qui promet de sacrées crises de nerfs "on ice". Heureusement, nos véhicules lourdeaux possèdent aussi la solidité des tanks dont ils empruntaient la lourdeur. On peut donc aisément provoquer de sacrées collisions sans qu'aucune altération immédiate ne soit visible sur la caisse. Un parti pris plutôt "arcade" que réaliste donc, à l'inverse d'un GTA où l'on pouvait éclater sa bagnole sur un simple crash.

A voir comment le switch de bagnoles sera utilisé dans la version complète du jeu, mais cette idée à elle seule est un argument de poids pour ce jeu tant elle semble intéressante à utiliser.


Les jeux de rugby se font assez rares depuis des années. Perso, les derniers souvenirs que j'en ai sont un "Jonah Lomu" sur SNES, et un Rugby World Cup sur Amiga 500. Le premier était un sympathique "Super Soccer" version rugby, et le second un "kick off" version ballon ovale. Sympathiques mais très vite répétitifs.
Sans conviction je lance le bidule. Nous voilà accompagnés d'Eric Bayle et Philippe Sella pour participer à un Angleterre - Afrique du Sud. Et là, c'est le drame. C'est moche. Personnages figés, ridiculement modélisés (le seul que l'on reconnait est Wilkinson mais uniquement pas sa position fécale à ses tirs de pénalités) et pixélisés. Bon, voyons le gameplay.

On galère pendant les 2 premières minutes à piger comment faire les passes dans le bon sens, diriger les mêlées et foutre en touche. Une fois cela compris, j'ai bien peur que l'on ai déjà fait le tour du jeu. En gros, il suffit de donner à l'un des ailiers par un enchaînement de passes latérales, et celui ci se retrouve invariablement seul avec juste l'arrière à éviter. Il suffit pour cela de faire un crochet ridicule juste devant lui (genre une course à 90 degrés très réaliste), et vous voilà parti pour une chevauchée fantastique jusqu'aux poteaux. Le plus drôle étant que toute l’équipe adverse sans exception et vos coéquipiers vous poursuivent quelque mètres derrière. ce qui donne un amas ridicule de joueurs juste sur vos talons. Benny Hill style. 
On enchaîne donc essais sur essais. Les transformation étant une formalité vu que l'on aplatit à chaque fois sous les poteaux. Un simple clic au début et fin d'une jauge suffira pour rajouter 2 points.
C'est vrai que l'on joue ici avec l'une des meilleures équipes du monde, mais quand même...Allez, mettons ça sue le fait qu'il s'agisse d'un démo, et que le niveau est peut être réglé au plus faible.
Mais ça reste sacrément moche.





9.8.11

[Jeux] - (PSP) - Metal Gear Solid, Peace Walker : premières impressions


Gros fan de la série de Monsieur Kojima - même si j'ai dû attendre d'avoir retourné au moins deux fois chaque jeu pour bien piger l'histoire générale - je gardais sous le coude cette version PSP, redoutant un peu ce qu'allait pouvoir donner une version sur portable. Un peu peur d'avoir un espèce de truc sans intérêt uniquement basé sur des séquences d'infiltration en fait...


Une première impression donc car juste une bonne heure de jeu : agréable surprise. On est remis direct dans le bain du scénario original avec un début qui fait suite aux événements de MGS3. Déjà ça, ça me plaît. Graphiquement, le moteur est loin d'être dégueu. Un MGS3 adapté à la PSP, la finesse graphique et les CGI en moins. Mais les phases narratives "crayonnées" et doublées sont vraiment chouettes. Le soupçon de QTE rajouté lors de certaines scènes d'action ne jure pas. Du superbe travail d'artistes.


N'ayant pris possession de la base que depuis quelques minutes, je n'en ai pas encore saisi toutes les subtilités, mais le peu que j'ai pigé me paraît mortel. Rajouter une couche de gestion à la série des Metal Gear était une idée couillue... Mais visiblement brillante est son application! Le gameplay semble donc enrichi en plus d'être intelligemment adapté à la portable de Sony.

Hâte de poursuivre l'aventure.

3.11.10

Small Black

Small Black: Despicable Dogs from Yoonha Park on Vimeo.

Mignon et léger. Toujours dans cette veine d'électro éthérée un peu molassone, chantée avec douceur et mélodie.

Small Black: Bad Lover from Nick Bentgen on Vimeo.

Un peu des "anti - Crystal castles" en fait. Même si ça veut pas dire grand chose, j'avais envie de l'écrire.
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2.11.10

[Série] - Rubicon




Voilà bien une série dont le nom et la période de diffusion ne laissait pas espérer chez moi un enthousiasme délirant. Impossible avec ce sobriquet, Rubicon, de savoir de quoi ça allait parler. C'est con, mais pour moi, ça compte. Walking Dead, on imagine bien une horde de décérébrés avançant avec un œil pendant, un demi pied et 3 doigts ; The Event, on sait qu'il y a un EVENT qui se prépare, un truc énorme, un truc qui nous tiendra en haleine pendant au moins 6 mois/saisons/ans ; No Ordinary Family, on se doute bien qu'il y a un truc qui cloche chez les voisins là, un gros chauve évadé de The Shield qui fait la cuisine avec un tablier, non mais oh !?... Bref, dans la famille des nouvelles séries de 2010, on annonce le bousin à venir, on envoie le steak d'emblée sans la salade de tomates en entrée.
Rubicon lui, c'est le vilain petit canard. Non seulement avant de bouffer le plat principal, et mieux encore de savourer le délicieux dessert final, il prend la peine de proposer belle et douce entrée (en matière)... mais en plus elle est elle même précédée d'un subtil apéritif dont on ignore la provenance. Le tout, avec un sérieux goût de "reviens-y". Miam.
Je traduis : en gros, en lisant le nom, on ne sait absolument pas dans quoi on va tomber, le début est lent, posé, pas évident. Mais une fois plongé dedans, on savoure, on kiffe, on vibre, avant de se régaler sur la fin... et d'en demander encore ! Ça résume assez bien la manière avec laquelle j'ai "vécu" cette série.



Le pitch brièvement : un gusse au gros nez - déjà vu dans 24 - taffe pour une obscure institution gouvernementale indépendante chargée de lutter contre le terrorisme **tiiing tiiing déjà entendu tiiing tiiing**. A travers une suite de coïncidences tarabiscotées, une puce vient lui chuchoter à l'oreille que quelque chose de louche se cache derrière la mort de son mentor. Parallèlement, une femme tente de comprendre le geste de son mari qui vient de se faire sauter le caisson dans son beau manoir. Ceci est un spoiler de la première minute du pilote de la série, désolé.
Tout ça, plus le générique, honnêtement, on prend peur. Peur de se retrouver dans un mic-mac sans queue ni tête (mais avec un gros nez), d'élucubrations numéraires, de conclusions incompréhensiblement évidentes pour notre héros,...Hé bien, de tout cela, il y aura en partie. Et pourtant, on aimera. Enfin, en tout cas moi, j'ai aimé.

Et ce pour plein de raisons :
- le casting est excellent. Entre Will le solitaire dépressif qui devra rapidement s'improviser chef de bande, le gros Grant avec sa tronche de fonctionnaire anglais, le stressé Miles qui ne dort jamais, la droguée Tanya et ses yeux de chouettes, le vieux Ingram et sa voix de Père Fouras,...tous les rôles sont campés par d'excellents acteurs sachant - bien aidés par un script aux petits oignons - rendre crédible au possible leur personnage.
- le scénario / script : l'histoire globale ne recèle pas de trésors d'ingéniosité, de trouvailles jamais vues, ni de cliffhangers à couper le souffle. Non. Mais chaque épisode est une pièce importante du puzzle final. Rien n'est à jeter, chaque détail compte, pas de remplissage. Tout ne sert pas l'histoire elle même, non, mais le temps est simplement pris, autour d'une scène qui d'un œil extérieur peut paraître anodine voire ennuyeuse, pour creuser un personnage, une relation.  
Miles passe ses nuits au travail... 
Will reluque sa voisine,...
...
What The Fuck??
...
Ouais. Mais What The Fuck bien!
- esthétiquement réussi : je ne sais pas si AMC a fait signer une charte à ses séries, obligeant les réalisateurs à se casser le cul pour que visuellement ça marque, mais entre Mad Men, Breaking Bad, Walking Dead (bon, pas encore vu énormément, mais rien que le trailer déjà, brr...), et désormais Rubicon, ... comment dire..sé bo kikoo lol. Pas de split screens ou de trouvailles innovantes, pas d'effets spéciaux, juste de la réalisation de talent. Des plans bien choisis, de belles couleurs... On en vient presque à poser un œil "nouveau" sur un New-York pourtant tellement présent dans le paysage des séries/films.
Le parallèle avec la série 24 - aussi chère à mon cœur - me vient très souvent en tête en écrivant ces lignes. Tout oppose ces deux séries qui pourtant se retrouvent autour de thèmes similaires : menace terroriste, théories du complot, héros solitaire,...
Mais là ou Jack Bauer investigue aidé par des PDA, des satellites, des centaines de serveurs, des drones...Will travaille encore avec un stylo et du papier. Il griffonne, il gomme, il rature. Il réfléchit, Jack agit.
La CTU est abritée dans des locaux ultra sécurisés, avec des portes transparentes qui font "tchhh" quand tu les ouvres, des bilip bilip dans tous les coins...L'institut pour lequel travaille Will, l'API (American Policy Institute) travaille dans des locaux dignes de l'armée du salut. Des murs ternes et verts, des portes en bois (mais avec une vitre quand même), des salles de réunion avec un TABLEAU, et même... une cantine ! Will mange, Jack non. 
Dans 24, les bad guys sont ultra équipés et jamais là où on le pense. Dans Rubicon, quand ils vous prennent en filature, ils se planquent dans l'ombre d'une porte lorsque vous vous retournez.
Etc.
Je grossis volontairement le trait, car Rubicon n'est pas non plus le Derrick d'AMC (il y a aussi un service informatique avec des serveurs à l'API, Will utilise aussi un portable et possède une adresse mail), mais pour deux institutions travaillant au final dans un même but, je trouvai cette comparaison inévitablement intéressante.

Le traitement du "héros" peut aussi être source de comparaisons. Les créateurs de 24 essaient tant bien que mal de donner un aspect humain à Jack Bauer. Mais hé, on n'est pas dupe! Jack est un surhomme, un robot, un insubmersible, un indestructible! Il ont beau le faire rigoler en début de saison lorsque sa petite-fille lui fait un gouzi, ou bien en fin de saison lorsque l'on tue sa femme/fiancée/meuf, ça sonne - presque - faux. Et ça n'est pas ce qu'on attend chez lui, donc on s'en fout. 
Will est assurément plus humain. Plus proche de nous. Au contraire de Jack, on ne sait quasiment rien de sa famille. Mais par de subtiles petites touches, on arrive à nous faire comprendre à quel point il souffre d'une absence, d'une perte, dont il ne parle jamais. Le mec, quand il rentre chez lui, t'as l'impression qu'il peut se foutre en l'air à tout moment. Bon, après vu la gueule de son appart,...
C'est ici l'une des grandes réussites de la série : parvenir à marier le côté investigation avec le côté psychologique crédible de personnages attachants. Au pluriel oui, car même si moins mis en avant, le reste de son "crew" est aussi passé à la moulinette de l'intime.

 
Dernière, et non des moindres, différences entre ces deux séries : Will n'est pas seul à faire avancer le Schmilblick. Je ne dis pas que Jack la joue solo à 100%, au contraire d'ailleurs, mais le fil de Rubicon est mené par deux récits distincts (du moins au début). En effet, même si j'en parle moins - car moins passionné par ce côté - la quête de Katherine Rhumor visant à comprendre le suicide de son mari est tout aussi importante dans la compréhension globale. Aidée par des indices clairsemés par son mari avant sa mort, elle remonte petit à petit le fil de sa double existence, avant d'en saisir la pleine portée... Si je devais apporter un bémol à la série, ça serait sur le traitement de cette face là de l'histoire où j'avoue m'être parfois ennuyé, surtout dans sa partie inaugurale.

Gros coup de cœur pour cette série dont j'attendais initialement peu, mais qui me donna entière satisfaction. La fin de la saison est en plus suffisamment intelligente pour à la fois permettre une suite (saison 2 toujours pas confirmée...) ou nous laisser y réfléchir par nous même sans que l'on reste sur sa faim.