L'HYper PRésent Appliqué à la Musique (et autres trucs...)

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20.5.08

Vampire Weekend @ Trabendo

Vampire Weekend, Trabendo 2008



Comme prévu le concert de Vampire Weekend au Trabendo était quelque part entre l'excitant et le joyeux, le rafraîchissant et le dansant ou le métro Porte de Pantin et le Zénith.

Comme convenu également, la quasi totalité de l'album fut jouée avec en prime une face-B et deux titres inédits dans la droite lignée de ceux déjà connus. Puis comme l'on s'y attendait, le groupe nous quitta après un rappel et une petite heure de spectacle. Les ronchons regretteront donc cette durée limite. Il est vrai que pour leur faire plaisir, le groupe aurait tout de même pu jouer six reprises de Radiohead et quatre de Pink Floyd afin de donner une tournure Mars Voltesque à la soirée. Non ?

Non. Le groupe est jeune, a le mérite de posséder un son, un style déjà unique (au moins actuellement) et reconnaissable, pourquoi leur demander de jouer autre chose que ce pour quoi on est venu les voir ?




A-Punk, même sans guitare a mis en ébullition un Trabendo déjà chaud comme une bouillotte après un M79 arrangé pour le live et Mansard Roof / Campus / Cape Cod Kwassa Kwassa parfaits pour faire monter la température en début de set. L'apothéose viendra avec One et son "gimmick" - Blaaaake's got a new faaaaace - repris, que dis-je, crié ! Que dis-je encore? Hurlé par la majorité du public, ravi de répondre à Erza Koenig et ses mocassins sans chaussettes. Celui-ci n'hésitant jamais lors des passages non chantés à faire étalage de ses talents de danseur de twist : Dick Rivers en aurait perdu sa banane huilée.



Non, vraiment ça serait injuste de reprocher quoique ce soit à cette joyeuse troupe, réalisant là le maximum pour contenter le public. Certes leur répertoire n'est pas à rallonge et peut laisser quelques non-fans sur leur faim en comparaison au prix du billet. Excusez leur jeunesse.



16.5.08

Lightspeed Champion, These New Puritans @ la Maroquinerie : Inrocks Indie Club


Cela faisait un bail que l'approche d'une soirée Inrocks Indie Club ne m'avait pas tant excité. La "faute" à une affiche des plus prometteuses avec deux groupes dont les premiers albums furent parmi les plus excitants de ce début d'année, à savoir Lightspeed Champion et These New Puritans.
L'affiche fut plus tard complétée par Glasvegas et un traditionnel groupe CQFD, Koko Von Napoo.


Jack Barnet, tête pensante des These New Puritans


Pour These New Puritans, cela sera l'occasion de les voir à l'oeuvre dans des conditions "à leur mesure", après un Zenith bien trop grand pour eux en novembre et une Black Session qui n'a pas déclenché l'enthousiasme des masses. Bernard Lenoir himself, en complément de ses interventions radiophoniques pendant le concert ("personne ne bouge", "groupe qui manque de charisme", "pas la machine à danser annoncée",...), les gratifia "offline" de bande de poseurs médiocres.
Mouais.
En même temps, il devait s'être sacrément mal renseigné à leur propos s'il n'attendait d'eux qu'une machine à danser, et aurait peut être dû écouter leur album au moins une fois avant de les faire venir.


Devonte Hynes (Lightspeed Champion), l'ami des bêtes en plastique


Lightspeed Champion, remis sur pied après une bien vilaine maladie, n'était pas revenu en France depuis le dernier festival des Inrockuptibles en novembre dernier où sa prestation tardive fut éclipsée par le phénomène Foals qui le précéda sur la scène de la Boule Noire. Son album "Falling Of The Lavender Bridge" est depuis sorti chez nous, accompagné d'une presse unanime.

Pour les deux autres groupes, ça sera la découverte car une fois n'est pas coutume, j'assisterai à la totalité d'un Inrocks Indie Club, malgré un horaire toujours aussi contraignant.
La Maroquinerie est annoncée complète, les gens font la queue dès 19h15 pour pénétrer dans la salle : on ne va pas mourir de froid.



C'est pourtant une ambiance assez glaciale qui règnera dans la salle à l'arrivée des Koko Von Napoo. Devant un parterre assez fourni pour un premier groupe, leur pop à synthés est venue nous cueillir à froid. Cela devait être mignon, mais je n'avais pas de sucette sur moi. Comme en plus je buvais de la bière, ça ne pouvait pas coller.
Le concept de l'accordage de guitare, micros ouverts, en plein milieu du premier morceau est cependant une chose que je découvrais grace à eux, et je les en remercie. Commencer par un ratage total ne devant pas faire partie de leur plus gros fantasme... suivit alors un étalage de remarques à coté desquelles le sketch de valise cher à Luis Rego (l'inoubliable Bobo des Bronzés) passerait pour du Desproges :
"les gens sont gentils ici", "on a bien mangé", "on a gagné des tee shirts".
Wouhou, cela a déclenché alors une vague de... rien du tout. Pof, chou blanc.



Sur scène, les chansons se suivent et se ressemblent, dans la salle, l'ennui se propage et contamine. Je suis surpris d'avoir pu écrire autant de mots sur leur passage, qui sera sûrement chassé de ma mémoire sitôt un événement plus passionnant y pénétrant.
Merde, mon stylo est tombé.
...
Je parlais de quoi déjà?
Ah oui, Glasvegas.


Glasvegas, dont le chanteur a visiblement rencontré un mur de très près


On m'avait brièvement décrit la chose comme du "Jesus And Mary Chain" avec un chant mélodique. Connaissant le niveau de surdité de l'ingé son et la puissance sonore de la salle, je m'attendais donc à un énorme mur de son couplé à un chant triste d'un monsieur pas très heureux dans la vie.
Je ne fus pas "déçu": après une intro guillerette, le groupe envoie le bouzin. Sur le coup, les bouchons s'enfoncent dans les oreilles jusqu'à se rencontrer et mes cheveux changent de sens à chaque nouvel accord.

A peine 3 minutes pour me convaincre de partir de la salle à la recherche de boissons gratuites. Le temps de croiser un bout des These New Puritans dans le "sas" de sortie et l'autre partie au bar, de prendre possession des godets à l'odeur de pomme maltée et me voilà revenu pour la dernière chanson de Glasvegas, la sixième (oh les feignants).
L'écart entre le son "areu areu" du groupe précédent et celui "PAF dans ta gueule" de Glasvegas est amusant à constater. Imaginez vous zapper entre Candy et Ken le Survivant.
Objectivement, j'ai beau ne pas être fan du genre, Glasvegas maitrisait leur sujet. Gros son, bien chanté, les fans ravis (les autres assourdis).



Arrivent ensuite les These New Puritans, étrangement amputés de leur clavier, madame "la morte", bien que son matériel fût installé. Le chanteur toujours vêtu de son armure d'écailles métalliques, le bassiste avec un tee shirt des slliK, et le batteur - véritable métronome du groupe - arborant un sourire très Buster Keaton, sont alors prêts à dégainer leurs microchansons aux textes ésotériques.
Avec une setlist très proche de celle de la Black Session, la force de leurs chansons est cependant décuplée par rapport à l'enregistrement dans les studio bourgeois de la Maison de la Radio. Les garçons semblent beaucoup plus "impliqués", le son est plus adapté, le public plus réceptif. Même si une partie du groupe est absente, ils font du bruit comme cinq à eux trois. Non pas qu'il en manque deux, mais juste une. Mes quatre verres ingurgités depuis le début de la soirée, je suis branché sur du deux cent vingt tout en étant sur mon trente et un. Et il n'est même pas neuf heures. La soirée décolle enfin.



Numbers et ses paroles en mode repeat fait suite à Swords of Truth et son inquiétant sample d'introduction, donnant le départ d'un live parfaitement maitrisé. Riffs de guitare acérés (Numbers, C.16th), basse simpliste mais efficace (Elvis), samples "infra basse" (fff) et surtout cette batterie précise et puissante hachant menu le tout : remballez, c'est pesé. En à peine le temps qu'il faut pour choisir ses saucisses, les These New Puritans repartent dans leur monde.

On savait que ça serait court. On avait vu juste : à peine 40 minutes d'un show intense sans rappel (ni sourire). Une fois les lumières rallumées, c'est comme si l'on revenait épuisé d'un voyage entre Mars et l'Atlantide. On sait pas trop où cela se situait, mais on y était.



Place alors à Lightspeed Champion. Le temps d'installer un grand néon à son effigie et d'accorder douze fois sa guitare afin d'éviter la cacophonie inaugurale de Koko Van Napoo, Devonte Hynes arrive sur scène avec ses trois musiciens. Je crois qu'à cet instant précis où la température n'aurait pas déplu à Cerbère le chien des enfers, tout le monde eut la même pensée en voyant Lightspeed Champion vêtu d'un bonnet de fourrure à la mode trappeur canadien.
Problème capillaire à cacher?
Envie d'être identique à la pochette de la réédition toute fraîche de Galaxy Of The Lost ?
On s'en fout.

C'est par cette dernière que le set commença, sous les clameurs d'un public ravi. Et là, c'est la chute (parler de douche froide aurait été maladroit vu les litres de sueurs qui se déversaient sur le sol de la Maroquinerie). Bouillie sonore, interprétation grossière, batterie surpuissante. On est à des kilomètres de la légèreté et de la candeur de la version studio. Bon ok, vu la qualité des arrangements de celle-ci, je concède qu'il serait impossible de rendre cela en live avec uniquement trois musiciens.



Malheureusement, la suite ne s'améliorera pas, excepté le long final sur la version "non coupée" de Midnight Surprise, très réussie.
Pour partir sur ce qui fut la seule satisfaction de ce concert, je choisis de me passer du rappel. Trop peur de retomber sur un nouveau morceau gâché par une interprétation (volontaire car répétée) beaucoup plus "rock" que les versions albums, donnant un ensemble grossier, trop fort, trop rapide.
On frôle le mauvais goût par moment, entre le duo avec les Koko Van Napoo et son fameux refrain "Oh Baby tue moi", ou bien ces quelques solos sortis d'un morceau de Van Halen.

On peut reprocher à certains groupes un manque d'audace, de prise de risque, lors de leurs concerts (hey salut Julian, Albert va bien?). Mais en voulant donner une tournure plus pêchue et énergique à ses titres, ceux-ci perdent en finesse et en sensibilité. Les mélodies sont encore là, mais noyées dans un ensemble pataud.
Un peu comme si vous laissiez tremper un sushi au saumon pendant 5 minutes dans un lavabo rempli de sauce soja. Alors certes, le saumon sera encore là en train de flotter, mais fini les petits grains de riz tout collants à la légère pointe vinaigrée.



Le garçon reste quand même très attachant par son sourire, sa gentillesse, son humour et sa modestie. Par exemple, il ne se démonta pas lorsque quelqu'un lui demanda de jouer Your Biggest Mistake (de son ancien groupe, les Test Icicles), mais pris la chose avec humour en proposant à la personne de venir la jouer sur scène avec lui, car il avait oublié la "difficile" partie de guitare (composées de notes aigues jouées très fortes).

Au final, cela fait 3-1 pour l'ennui face au plaisir. Cependant, je garde un gout de victoire en bouche après cette soirée. Grace exclusivement à la prestation de haute volée des These New Puritans, confirmant avec fracas et brio tout le bien que je pensais d'eux après leur épatant premier album.



Extraits videos de These new Puritans:



http://www.dailymotion.com/video/x5gue5_these-new-puritans-swords-of-truth_music
envoyé par Fa_Sol



http://www.dailymotion.com/video/x5guru_these-new-puritans-numbers-live-par_music
envoyé par Fa_Sol



http://www.dailymotion.com/video/x5guvz_these-new-puritans-elvis-live-paris_music
envoyé par Fa_Sol



http://www.dailymotion.com/video/x5gxi3_these-new-puritans-fff-live-paris_music
envoyé par Fa_Sol



http://www.dailymotion.com/video/x5gyh3_these-new-puritans-infinity-live-pa_music
envoyé par Fa_Sol

30.4.08

dEUS @ Black Session



Ce lundi dEUS enregistra, pour la troisième fois une Black Session chez Bernard Lenoir à la Maison de la Radio. Belle preuve de l'estime portée aux belges par ce grand amoureux du rock qui depuis de nombreuses années maintenant ne cesse d'en venter les mérites.

Fiévreux, le nez coulant et la gorge en feu, le foie bourré de Rhinadvil avalés - accompagnés uniquement de salive - dans le métro une heure avant, je ne voulais pour rien au monde rater cet enregistrement.

Une fois n'est pas coutume, mon cul resta calé dans l'un des confortables sièges du studio 105. Durant 90 minutes, dEUS proposa une majorité de nouveaux titres issus du tout frais "Vantage Point", sans oublier les classiques comme Instant Street, Fell of the Floor Man, Suds and Soda, Bad Timing, Turnipike, pour la plus grande joie d'un public quittant peu à peu la position assise, pour terminer pour la plupart sur deux pattes.


Vous connaissez la blague de la piscine?

Les nouveaux titres eurent un peu de mal à décoller, faute à une période de rodage normale en début de tournée. Nul doute que dans quelques mois, un titre comme Is A Robot pour ne citer que lui, deviendra l'un des piliers futurs des concerts du groupe, comme a sû le devenir Bad Timing tiré du précédent "Pocket Revolution". Malgré tout, le groupe mené par un Tom Barman nullement ennuyé par cette ambiance particulière, sembla prendre plaisir à présenter leur nouveau bébé et n'éprouver toujours aucun blasage lors des anciens titres.

Le set se termina sur un tout récent Oh Your God, qui par son énergie et sa rage parvint tout de même à enflammer le cossu studio 105.

Sortis sous les ovations malgré une atmosphère initialement feutrée et un lieu confortable, dEUS a une fois de plus assuré.
Grave.

25.4.08

dEUS - Vantage Point + Live @ Trabendo

Absents en France depuis les Solidays 2006, le quintet belge de dEUS était de retour au Trabendo pour un concert "promotion" de leur dernier disque fraîchement pondu : "Vantage Point".
Toujours appréciés, et donc attendus, par bon nombre de fans de tous âges, il fallait être assez réactif pour y décrocher des billets ; d'autant plus que l'opportunité de les voir dans une salle de taille modeste est assez désormais rare.



Un engouement multiplié par la sortie de ce tant attendu nouvel opus. Un album record pour nos belges avec seulement 3 mois de production. En prélude à son écoute, Tom Barman, charismatique leader, nous prévenait de l'orientation plus immédiate voire dansante de leur œuvre. Connaissant le professionnalisme du bonhomme, impossible de voir cela comme du bâclage, comme on aurait pu le supputer chez d'autres.

Ce virage avait été de toute manière amorcé avec leur précédent "Pocket Revolution" plus ouvert, moins rude que les anciens "Ideal Crash", ou "In a Bar Under the Sea". Mais du coup également moins bien accueilli par les fans hardcore du groupe.
Le cabrélisations du genre "c'était mieux avant" se faisaient déjà entendre à l'époque : nul doute qu'elles allaient être de nouveau à la mode avec ce "Vantage Point".


Assurancetourix n'est pas un personnage de fiction

La paire de premiers singles sortis pour l'occasion (Slow pour la France, The Architect pour la Belgique, puis la France) donnent dans le contradictoire. Le premier, assez noir, mené par une bonne ligne de basse doublé d'une guitare qui, sur deux notes répétées inlassablement, donne dans l'inquiétant. Jusqu'à un refrain, tout aussi sombre, chanté par un trio de voix graves. Morceau complexe, torturé et inspiré, mais pas très "lol". Avec en guest la chanteuse de The Knife, Karin Dreijer Anderson.

The Architect, après sa mini-intro rappelant Fell of the Floor Man, fait penser à ce que nous ont balancé les Kills dans leur récent (et excellent) "Midnight Boom". Du pêchu et dansant, du riff efficace mais un mélange final toujours habité de cet esprit rock, qui nous glisse à l'oreille "hé mec, nous aussi on préfère le rock à la musique classique". Un morceau fait pour suer donc.


Nous saffons les moyens de fous faire parler !

Deux titres qui en se suivant au cœur de l'album, en constituent avec Is a Robot le moment fort dans une trilogie quasi parfaite. Cette dernière à elle seule démontre que dEUS n'a rien perdu de ses facultés. Tant en mélodie qu'en puissance, on est servis comme des papes. Les guitares se croisent, la basse chapeaute, les voix s'entrechoquent, le refrain vient cisailler le tout avec un air simple. Des breaks, des duos de voix, une montée abrupte mais régulière, une fin en apothéose. Tout est là.

Afin de nous éviter la mort par tachycardie, Tom Barman et ses potes nous font atterrir en douceur, avec les plus calmes Smockers Reflect et The Vanishing of Maria Schneider aux refrains posés et mélodieux.
L'album se clôt ensuite avec un popissime Popular Culture, en guise d'aurevoir. Xylophone, cordes et piano au rendez-vous. Une fin qui me reste sur l'estomac.



Du coup, en guise de Digédryl, je me repasse le début de l'album, où When She Comes Down me redonne des sensations agréables dans le bas-ventre, la musclée Oh Your God vient rajouter un peu de piment entre deux refrains doucement "pop", puis Eternal Woman avec la voix de Lies Lorquet (du groupe Mintzkov) vient me remémorer la superbe Nothing Really Ends de leur précédent album.

Dans le rôle de l'album immédiat, que nous promettait Tom Barman, je ne pense pas que "Vantage Point" décroche un Oscar. A l'échelle dEUStique cependant, des titres comme The Architect, Slow, Eternal Woman ou Favourite Game sont des Obla-di Obla-da comparés à Instant Street pour ne citer qu'elle. Qui s'en plaindra ? Le clan cabrelistique des "c'était mieux avant", sûrement. Moi, non.



Mes précédentes expériences scéniques avec dEUS (Toulouse, Cabaret Sauvage et Solidays) s'étaient soldées par un "ohla, j'ai vu le concert l'année BORDEL". J'arrivai donc aussi confiant qu'un joueur de Ligue 1 venant jouer à Metz, tout en ne portant pas de maillot grenat, dans le Trabendo.

En première partie, le duo de The Black Box Revelations commence son set devant une fosse attentive à défaut d'être remplie. On pense aux Black Keys pour le coté bluesy-rock cradingue joué à deux et très fort, mais aussi un peu aux White Stripes pour les refrains plus pop-rock-garage. Techniquement très bon, sonorement excellent, et scéniquement maitrisé : le duo d'espoirs flamand assure le boulot avec brio.


S'il vous plait, adoptez nous...

Le public se presse alors dans la fosse du Trabendo pendant que le matos de dEUS est installé. Cependant, on n’en sent pas de véritable montée de température, les gens semblant attendre le concert comme l'on attend le bus. Soit. Après tout, le spectacle est censé être sur scène et non ailleurs.


"Putain, je kiffe."

Arrivent alors Tom Barman et sa troupe, très décontractés, qui débutent leur set de la même manière que commence "Vantage Point". L'intro de When she comes down est assurée à la basse, la voix de Barman se pose dessus, et est rejointe par la gratte du ténébreux Mauro. Entrée en douceur sur un titre qui ne décolle jamais réellement, mais pose les jalons de la soirée "hey les frenchies, voilà notre nouveau bébé, vous allez aimer".

Vu le peu d'entrain manifesté, nul doute alors que la majorité semble plutôt venue (re)voir Instant Street ou Fell of the Floor Man. Ca se comprend.

Attente de courte durée, car après avoir enchainé Sun-Ra (et ses montagnes russes) et Favourite Game (et ses "ahh ahh ahh" pas contents du tout), l'intro de Fell of the Floor Man, est balancée, et provoque - enfin - les premiers frissons. La fosse clapote, les sourire fleurissent : putain, enfin le printemps. Moment alors choisi enchainer les inséparables nouveaux singles, The Architect et Slow, aussi sensuels qu'efficaces, qui font alors monter la pression jusqu'à ... Eternal Woman, toute en douceur et légèreté.
Pas surprenant quand on connait le plaisir qu'éprouve dEUS à varier brutalement les tempos. Pas surprenant non plus donc de voir Tom Barman garder sa guitare électro acoustique, et démarrer ensuite l'intro d'Instant Street sous les clameurs d'un public qui attendait cette étincelle pour enfin prendre feu.



Avec ce titre, dEUS change de planète, prend une dimension énorme, peut résoudre les maux de toutes les sociétés réunies, stopper les guerres, faire tourner la Terre autour de la Lune, faire pousser les patates sur des arbres à frites, faire chanter les poules en si bémol, ouvrir un océan comme Moïse, mais en plus y construire un tapis roulant allant à 12km/h et qui fonctionne, bref, on touche au grandiose.

Sans aucune gène, je la range aux cotés de Paranoid Android de Radiohead, ou encore Smells Like Teen Spirit de Nirvana, dans le panthéon des chansons du genre "que j'amènerai sur une ile déserte". Avec ça, je survis à poil dans la jungle sans souci.



La chanson prend en plus une dimension gargantuesque en live, avec ce riff inoubliable, tordu et perdu dans les montées progressives de la guitare rythmique, le tout accompagné par des hurlements du public totalement transporté de joie. dEUS nous tient alors par les burnes, et pour de bon. La dernière note laisse place à une salve Ô combien méritée d'applaudissements et clameurs d'une foule enfin libérée. Le groupe enfonce alors le clou avec le meilleur titre de "Vantage Point", Is A Robot, et un final aussi tout en tension.

Enchainement fatal. Joie intense. Des larmes sur mes joues.
- "C'est pas moi qui pleure, c'est mes yeux", comme dirait l'autre.
Ok, j'ai une légère conjonctivite, mais quand même. Je suis totalement emballé, et ça n'est certainement pas le génial Bad Timing, à la guitare lancinante du début à la fin, accompagnée d'une progression dont ils ont le secret, qui me fera changer d'avis. Morceau d'une précision diabolique au refrain tant hurlé que chanté, et à la fin explosive.
- "dEUS m'a tuer", comme dirait l'autre (pas le même autre mais un autre).



Besoin de souffler pour tout le monde après une telle débauche d'énergie. L'euphorie est cependant un peu retombé dans la fosse après Is A Robot. Tom Barman nous répète donc à l'envie "you should be doing it" (Smockers Reflect), avant de conclure sur l'ancien et excellent Roses. Mes pieds ne touchant plus terre depuis 45 bonnes minutes, j’aperçois alors la set list, qui m'indique que le groupe a prévu de revenir encore jouer 3-4 titres.

Le temps de quelques applaudissements bien fournis, de "ooohoohoohoohoooh" made in France, et revoilà nos belges sur scène. Parfois torché à la va-vite par des artistes pressés de rejoindre leur loge, leurs putes et leur coke (rock'n roll), le rappel qui suivra sera tout simplement dantesque. Un Theme For Turnpike toujours aussi tordu et superbement conclu par les hurlements de Mauro, un très efficace Oh Your God, puis un classique tant attendu (Suds and Soda) : nouvelle ovation pour dEUS qui ne nous quittera définitivement qu'après un Popular Culture assez mièvre.



Ils auraient tout aussi pu terminer avec la Danse des Canards version Samba, l'impression globale de la soirée n'aurait pas été différente : superbe prestation une fois de plus pour nos 5 belges, même si beaucoup regretteront le manque d'enthousiasme de la foule présente. Qu'importe, le groupe fut bon, les anciennes chansons toujours aussi excellentes, et les nouvelles très prometteuses.

Résumons : Groupe Bon x (anciennes chansons excellentes + nouvelles chansons prometteuses) - public un peu mollasson = excellent moment.
Au fil du temps le groupe gagnera de l'assurance et des automatismes sur des nouveaux titres parfois hésitants.
Un groupe à ne surtout pas louper donc pour leurs prochaines venues françaises.

On me murmure à l'oreillette qu'un festival d'été dans l'ouest du pays serait sur les rangs ?



dEUS par un nouvel album d'une grande qualité, et une prestation live pleine de promesses, se classe en première position des groupes Belges et se qualifie une nouvelle fois pour la Ligue des Champions des groupes européens. Encore assez loin devant les méritants Girls in Hawaii, Soulwax et Ghinzu promis à la coupe UEFA, ou bien les Hollywood Pornstars, Tellers et Flexa Lyndo, outsiders de qualité.
Le championnat belge promet donc de belles affiches pour pas mal de temps encore.

Un vainqueur certain : le spectateur.

Pendant ce temps là, en France, Cali et Calo(gero) sont sur un bateau. Quelqu'un pour les pousser les deux à l'eau ?




dEUS - "Vantage Point"(2008)


1. when she comes down
2. oh your god
3. eternal woman
4. favourite game
5. slow
6. the architect
7. is a robot
8. smokers reflect
9. the vanishing of Marta Schneider
10. popular culture


dEUS @ Trabendo (set list)

1. When she comes down
2. Sun Ra
3. Favourite Game
4. Fell of the floor, man
5. The Architect
6. Slow
7. Eternal woman
8. Instant street
9. Is a robot
10. Bad Timing
11. Smokers reflect
12. Roses
-------------------------------
13. Turnpike
14. Oh Your God
15. Suds and soda
-------------------------------
16. Popular Culture

21.4.08

Foals @ Trabendo (Paris)


C'est un Trabendo chaud comme une cocote qui attendait de mèche ferme les 5 anglais de Foals. Après un buzz naissant grâce à un tube "bloc partyesque", Hummer, soutenu ensuite par deux singles tapageurs, Mathletics et Balloons, Foals nous surprend avec un album, "Antidotes", aussi profond que dansant, qui se digère tant avec la tête qu'avec les pieds.


Retour en arrière :

Après une poignée de titres lancés sur le net, dont le compteur de lecture ne cesse d'augmenter, Yannis Philippakis, leader charismatique à la frange folle, tente deux paris des plus osés.
Le premier : appeler après une soirée arrosée le sorcier sonique des TV on the Radio, David Sitek, afin que celui-ci produise leur album. Après moult insultes et écrasage d'égo avec une talonnette de santiag, celui-ci accepte, peut-être surpris par l'impertinence et le culot du jeune homme.


David Sitek

Le second : ni Hummer, ni Mathletics ne seront dans l'album. Raison invoquée : ils ne colleraient pas à l'ambiance générale voulue par Yannis, pour l'album. Trop dansants, trop "mainstream".
Connaissant le succès - mérité - de ces deux excellents titres, gonflés de rythmiques syncopées, de riffs aigus, de basse groovy : la prise de risque est certaine.
Ce gamin est sévèrement burné comme dirait Nanard.


Remarque, quand l'on voit le nombre de "premiers albums" parus ces derniers temps qui ressemblent plus à des compilations ratées d'EP déjà sortis qu'à une véritable œuvre singulière (Wombats, Los Campesinos! pour ne citer qu'eux), on se dit que finalement, c'est pas plus mal.



Nos cinq effrontés se paient même le luxe de passer derrière David Sitek pour le mixage final : la version proposée par l'homme à lunette ne leur convenant pas. Tout simplement.


C'est un album surprenant de maturité et d'intelligence qui nous est alors balancé à la figure. S'y cotoient allègrement des tubes dansants comme Cassius ou les anciens Two Steps Twice et Ballons réenregistrés, des chansons montant en puissance comme la géniale Heavy Water ou Electric Bloom finissant en orgies sonores, des titres plus mélancoliques avec Olympic Airways, Red Socks Pugie ou encore Big Big Love, le tout introduit par l'excellente French Open, avec son refrain baragouiné dans un français incompréhensible. Mais on s'en fout.



Musicalement, cet album est solide, plaisant, habité, intrigant,... Une évidence ? Ce groupe a un son, une patte, qui vient nous caresser à chaque écoute ... et surtout une griffe, qui vient nous lacérer la joue lorsqu'ils montent sur scène.


Après une prestation incandescente lors du Festival des Inrocks en novembre dernier au Nouveau Casino, ils étaient tête d'affiche d'une soirée Inrocks Indie Club il y a quelques semaines à la Maroquinerie. L'album fraîchement écouté, c'était l'occasion de le voir passer sur le grill du live...

Epreuve alors réussie haut la main devant un parterre très anglophone entièrement acquis à leur cause, et pour ne rien gâcher, bien chauffé par les australiens à ressort d'Operator Please.


Operator Please - Just a Song About Ping Pong


Transition toute trouvée entre leur final sur Just A Song About Ping Pong, et l'ouverture classique de Foals avec "The French Open", rendant hommage au tennisman Andy Roddick, éternel loser. Nous fûmes terrassés en deux sets par cette excellente soirée, sans tie-break.


Ce sont donc en vainqueurs des petites salles parisiennes que Foals viennent s'attaquer à une taille supérieure : le Trabendo.



Petit caprice de (baby)star : aucune première partie finalement ne sera "autorisée" par le groupe : ceux-ci ne voulant pas que leurs instruments soient déplacés juste avant leur set.
Même pas de Dj set pour faire patienter : juste un fond sonore qui vit son volume augmenter dix minutes avant que nos gredins ne montent sur scène.

Heureusement, j'ai toujours mon Stieg Larsson sur moi.



Pas de grande surprise pendant les 45 minutes de ce show (pour 25€, le tout sans première partie à insulter, où va le monde?), où Foals nous fit étalage de l'essentiel de leurs morceaux avec une énergie contagieuse. Difficile de tenir en place devant ce style rappelant le meilleur Bloc Party ou encore les Rapture et !!!, tout en évitant de les singer bêtement, comme cela arrive fréquemment.



Possédant un style propre et une identité véritable, peut-être seront-ils aussi victimes de mauvaises imitations par de pénibles tacherons en "The"...
En effet, Foals étant libéré de ce déterminant, votre petit pouce vous sera reconnaissant de devoir moins tournoyer sur la molette lisse de votre Ipod que si le groupe était coincé entre The Faint et The Futureheads.
Et un pouce reconnaissant, c'est utile. Cela rend l'auto-stop plus efficace et ça fait toujours gagner à pile ou face.



Cette quatrième prestation parisienne en quelques mois seulement me convainc toujours autant de la valeur scénique de ce groupe. Le public repart de cette soirée le sourire aux lèvres, même si la question de la courte durée revient souvent dans les discussions post-concert. Une impression partagée mais que plusieurs doses d'"Antidotes" parviendront à atténuer sans mal.




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Et eux ?

"j'ai trouvé ça vraiment énorme encore une fois, avec en plus un son vraiment parfait au bout d'un ou deux titres là où j'étais."

"Une boucherie, j'ai fait mon sport de la semaine, la fosse était en forme comme rarement j'ai eu l'occasion de voir au Trabendo ! "

"D'un point de vu général, pour ma part 45 minutes de concert… c'est TRES limite"

"Car c'était court, certes mais franchement dément"

"Ils donnent encore plus d'énergie dans une petite salle que certains groupes dans des zénith
Du début à la fin, et pour n'importe quelle chanson, ils dégagent une pèche énorme"

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"Antidotes" (2008)



1. the French Open
2. Cassius
3. Red Socks Pugie
4. Olympic Airways
5. Electric Bloom
6. Balloons
7. Heavy Water
8. Two Steps Twice
9. Big Big Love (fig.2)
10. Like Swimming
11. Tron

16.4.08

Rage Against The Machine @ Saint-Cloud

...pour 45 €, avec d'autres groupes ?

Info? Intox ?










La rumeur avait été semée par Francis Zegut par le biais de son blog où il évoquait un concert allant faire du bruit, une semaine avant Rock en Seine, sur le même sîte...

Un retour de Zach de la Rocha et sa troupe 2 mois après leur date de Bercy, au nez et à la barbe des organisateurs de Rock en Seine ?

Le bon Francis nous le certifie en tout cas avec 2 billets sur son blog (http://zegut.blogspot.com/).

C'est plutôt bonnard.



Rage Against The Machine

15.4.08

The Black Lips @ Maroquinerie

Onanisme musical (part. 1)


The Black Lips


Le branleur musical peut être vu de différente manière : Le BON branleur et le MAUVAIS branleur.
Le bon peut être ramené à Fonzie de Happy Days, Mikey de Parker Lewis, ou bien Michael de Seconde B. Le mec fringué cool, qui crache, rote sa Kronembourg, vit pour l'éclate et la déconne, se fout des règles, tout en restant le mec sympa "quand tu le connais".



Fonzie, Mikey et Michael, rock'n roll baby


Quand quatre de ces gars là se retrouvent pour faire de la musique, ça peut donner les Black Lips.
Formés à Atlanta (USA), cette troupe se fait remarquer depuis quelques années à travers nottamment des concerts totalement déjantés, où il n'est pas rare de les voir faire profiter de leur anatomie au public, voire même des hydrater à coup d'urine, et les nourir à coup de vomis.

Sympatiques attentions.

Musicalement, rien d'inventé : ils sont comparés aux Kinks des débuts où à des Beatles décoincés. Ça chante mal mais le public suit, ça joue vite et le public saute. Les mélodies sont simples et efficaces, la production est réduite au minimum : les enregistrements semblent être en prise directe.


The Black Lips

Les Black Lips dans ton salon, oui c'est possible

L'occasion de les voir en live donc, dans la salle de la Maroquinerie était une aubaine, à ne pas rater.

Pour nous mettre en jambe, rien de mieux qu'une re-sucée de la recette Black Lips par trois frenchies en mode rebelle attitude. Ça crache sur scène, ça ne dit rien au public, ça ne donne pas leur nom, ça joue une chanson de plus qu'autorisée par la salle. Limite Mai 68 sur scène.

Musicalement, c'était plutôt bon, voire très plaisant par moment. Le côté répétitif passait à l'as car bouffé par une énergie redoutable. Dommage que seul une quinzaine de personnes assistèrent à leur passage.



The Weakends : un jeu de mot pour Ruquier

Et surtout dommage que ces quinze personnes furent rejoints par d'autres, pour un autre groupe censé faire monter la pression avant les Black Lips : Cheveu.

Place donc à un très mauvais mélange d'Animal Collective version techno, avec ... rien. C'est méchant pour Panda Bear et ses potes, mais j'ai que ça qui me vient à l'esprit. Des rythmes technoïdes/transe bidouillés avec le synthétiseur volé à Ice MC, une guitare par dessus, enfin, plutôt en dessous, et une voix hurlée et traffiqué.



Cheveu, no comment...

Des membres prestigieux cependant, avec le bassiste des Hives ayant récupéré des lunettes refusées par les Klaxons car trop moches, Nicolas de "Hélène et les garçons" version "les vacances de l'amour" au grommelage inaudible, et Bernard Oleg (le neveu de Charlie) arborant une chemise, également recalée par les Klaxons car également trop moche, aux synthés.

Premier groupe que j'entends chanter en espéranto : rien compris, rien entendu.
Rien + rien = rien.




Tartagueule à la récré


La température monte cependant d'une bonne dizaine d'unités dans la fosse pendant la mise en place du matos des Black Lips, où une rixe éclate entre la "bande à Riri" de la 4ème-B du collège Jean Jaurès (Paris XVI) et la bande à "Jean-Phi" de la 4ème-4 du collège Victor Hugo (Paris XVI). Les poings et les insultes volent, devant le rictus amusé de Jared Swilley, alors en train d'accorder sa basse. On se dit alors que le spectacle sera bien sympathique dans cette fosse, qui plus est, capilairement intéressante.

Que nenni ! Tout se passera sur scène.



Non pas que les Black Lips endormiront nos Baby-cogneurs, au contraire, ceux-ci
multiplieront les stage invasion de la première, à la dernière note. Les musiciens, habitués à ce genre de situations n'en furent guère gênés, au contraire : ils surent bien en jouer en attisant ce feu adolescent, avec leur son "flower punk".

On ne peut pas en dire autant de notre pôôôvre videur de la Maroquinerie, qui passa une bien sale soirée.
Au début, empreint d'une autorité que lui confère ses habits noirs et son tampon "Maroquinerie", il tente de faire régner l'ordre, en interdisant, d'un "non non non" accompagné d'un doigt menaçant l'accès à la scène.
Ensuite, il comprend qu'il va devoir y mettre du sien et venir montrer ses capacités de catcheur sur scène en essayant d'attraper par un pied, une jambe, un bras, un cheveu, un tee shirt, un sein, voire le tout réuni nos jeunes slammeurs.



Activité durant laquelle il gagna cependant un ami : un roadie des Black Lips, sosie de "la boule" de Fort Boyard, auquel vous ajoutez un bouc dont les intervention bien plus tranchantes et efficaces nettoieront la scène de ces gentils mais nombreux envahisseurs.

Notre ami videur terminera sur le bord de la scène à sauver de la suffocation et de la "tranche de jambonisation" les éléments les moins résistants, le tout sous l'attitude rigolarde de Jared, mimant à son insu, de manière sodomite, un bel accouplemement... avant de lui faire un gentil petit bisou.



Dans cette ambiance survoltée mais toujours bon enfant, les Black Lips enchaîneront durant une petite heure un mélange de leurs trois albums, sans que la majorité ne soit donné à leur dernier "Good Bad Not Evil".

A signaler une reprise du Hippie Hippie Hourra de Jacques Dutronc, artiste qu'ils admirent.

On ressort lessivé de ce concert où l'énergie proposée par le groupe est phénoménale, et parfaitement relayée par un public entièrement acquis à leur cause, venu pour prendre son pied. Musicalement, on est assez éloigné du son proposé sur leurs albums. : tout est joué à l'énergie au détriment de la justesse, tout est interprété avec les tripes plutôt qu'avec la tête, on sue d'avantage qu'on ne bave.


The Black Lips

Douuuuuce nuiiiiiiiit



Un des meilleurs concerts jamais fait pour ma part au niveau intensité.

Pour avoir une idée précise de la tenue des concerts des Black Lips :



Ceci est extrait d'un concert donné à Tijuana (Mexique), où les entrées étaient gratuites...comme la bière. La scène alors exposée en plein centre de la salle n'était que rarement occupée uniquement par les Black Lips. Expérience déglinguée, filmée, dangereuse, totalement barrée à l'image de ce groupe.

(A suivre, les MAUVAIS branleurs musicaux...)

12.4.08

Beck, avec un B comme Bonheur, bonbon, bidoche...

Beck + Olympia = 7 Juillet.

Je suis en joie.





10.4.08

Mobius Band @ Bataclan

Rien qu'à moi

Tout comme un petit objet que l'on garde près de soi depuis son enfance, ou un objet de collection que l'on garde sous verre dans un tiroir enterré sous terre, ou un mouchoir usagé...il y a des choses, que l'on prend plaisir à garder pour soi, que l'on accepte pas de prêter,... mais uniquement de montrer, comme ça, des fois, à un public trié, choisi, restreint, par envie de dévoiler un petit morceau de soi auquel on tient précieusement.
Mais tout ça reste rare, occasionnel, voire légendaire hein ?!

On préfère se le réserver pour des moments en solitaire où il prend encore plus de valeur, de goût. On aimerait pas qu'il devienne commun, et encore moins le retrouver au cou, ou dans la poche de quelqu'un d'autre. Ce quelqu'un d'autre prétendant l'aimer encore plus, et Ô comble de tristesse, aimant le mettre en valeur vulgairement tel un badge Oasis.





Il y a un groupe qui actuellement me procure ce genre de sensations, d'envies, de retenues. Il s'appelle Mobius Band, et je ne dirai d'eux que leur provenance : Brooklyn, NY. Parler d'eux me prendrait trop de temps. Sans que je sache trop pourquoi, ça n'est ni génial, ni parfait, c'est juste là, collé.
Leur premier EP m'a scotché, leur premier album m'a bluffé. Il en fallait pas plus pour rentrer dans mon tiroir à groupes sacrés au coté du Beta Band, que j'ouvre un peu finalement...


Lorsqu'ils m'annoncèrent leur venue en première partie d'un groupe britannique en ce mois d'avril 2008, j'avais cependant envie de hurler la nouvelle à la terre entière afin de faire péter les scores d'affluence du Bataclan.
Mais en fait non.
En plus, il était 2 heures du matin, j'aurais peut-être pas été super bien accueilli par les gens.
Une joie ne venant parfois pas seule, le groupe britannique en question était un de ceux que j'apprécie beaucoup en ce moment : Editors.


L'attente de ce concert fut vécue avec une impatience rare.
Leur passage fila à une vitesse tout aussi rare, même si à y réfléchir, l'effet fut moindre qu'espéré.
Faute à beaucoup de titres de leur second album pas encore digéré entièrement, un peu de mal à rentrer dedans, à "humaniser" cette musique tant écoutée...
J'étais finalement assez content, et fier même, de voir le public bien réagir, applaudir, crier,... Comme il fait à chaque concert, certes. Mais là, j'étais un peu avec eux sur la scène à avoir peur du flan.
Puis le final avec MA chanson ( oui ! farpaitement !), m'amena bien loin... et le temps que je revienne, Editors partait avant leur rappel...


Mobius Band - Loving Sounds of Static


Clic clac, je ferme le tiroir à double tour et j'avale la clé.

8.4.08

These New Puritans @ Black Session



Le quatuor le plus étrange, dérangeant, conceptuel du moment s'est donc vu offrir une Black Session chez ce bon Bernard Lenoir.
Gage d'une qualité certaine pour les These New Puritans, qui avec leur récent "Beat Pyramid" (2008) ont concrétisé les espoirs placés en eux, depuis leur découverte.Un tube : Elvis, un excellent EP ("Numbers / colours"(2007)), une composition de 17 minutes pour un déflilé Dior : la hype est lancée. Quoique hype n'est certainement pas le bon mot à coller à ces gredins, tant ils ne sont surtout pas à mélanger avec des Klaxons, Wombats, Teenagers and co,...

Ils sont froids, cyniques, décalés... Leurs chansons tournent autour de la numérologie, de l'ésotérisme, sont parfois qu'un ensemble de bruits sourds guidés par un beat asynchrone, le chant est psalmodié plus que chanté,... On est bien loin du recyclage du disco sous acide des Klaxons, ou des textes niais des Teenagers




Il s'agit là de leur 3ème concert en France, après une prestation lapidaire au festival des inrockuptibles en novembre dernier, au Zénith, en ouverture d'une improbable soirée précédant Does It Offend You, Yeah?, I'm From Barcelona et Bloc Party, et une flèche d'or il y a quelque semaines.

Ce Zénith, que je n'aurais raté pour rien au monde (au moins pour les 2 premiers groupes de la soirée), fut surprenant. A peine 25 minutes de show, et ce sera le seul groupe de la soirée qui me restera en tête. Court, tendu, intense, étrange... A peine le temps de regarder les visages étonnés des autres personnes découvrant les These New Puritans, qu'ils étaient déjà partis.

"heu, il s'est passé un truc là non?"

Ouais.

Voilà donc les titres de cette Black Session, qui, en raison du peu de chansons du groupe, ne durera que 45 grosses minutes au lieu de l'heure habituelle. Cela permit à Mr Lenoir de nous passer en préambule le dernier single de dEUS - The Architect.


01 - Intro
02 - Tracey Emin(?)
03 - Numbers
04 - Swords of truth
05 - C. 16th
06 - Colours
07 - fff
08 - En papier
09 - Elvis
10 - 4£
11 - Dollepganger + Infinity ytinifni
12 - fin




Habillé d'un costume d'écailles métalliques, Jack Barnett nous débita ses textes les yeux parfois révulsés, pendant que son jumeau Georges matraquait ses fûts avec force. Ajoutez à cela un bassiste dont "sourire" doit être synonyme d'arrachage d'un orteil avec un tournevis rouillé(comme tous les autres remarque), et un fille décédée au clavier.

Peut être brouillon par moment quand on les découvre, ce fut pourtant une prestation maîtrisée de bout en bout de la part des These New Puritans. Chaque bruit, chaque son, chaque nappe est calculée avec précision, chaque beat, chaque CHTAKPOUM est envoyé avec justesse.

Impatient de les revoir dans un contexte plus "live", moins feutré : rendez vous à la maroquinerie le 15 mai (avec Lightspeed Champion)



These New Puritans - "Beat Pyramid" (2008)




1. ...Ce I Will Say This Twice
2. Numerology (Aka Numbers)
3. Colours
4. Swords of Truth
5. Doppelgänger
6. C. 16th
7. En Papier
8. Infinity Ytinifni
9. Elvis
10. 4
11. Mkk3
12. 4
13. Navigate-Colours
14. H.
15. Costume
16. Navigate, Navigate
17. I Will Say This Twi...



These New Puritans - "Elvis" (Ep - 2008)




1. Elvis
2. fff
3. Hyperfavela (Loops gold song)
4. Rock n roll baby



These New Puritans - "Numbers/Colours" (EP - 2007)




1. Numbers
2. Colours