L'HYper PRésent Appliqué à la Musique (et autres trucs...)

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23.2.09

Rock Playlist Contest

Bon bon bon, en parcourant le blog d'un cher collègue ( Instant Critique), je suis tombé sur un espèce de battle de playlist, ou le seul enjeu est sa crédibilité auprès des 12 pèlerins lisant nos blogs. Pôôvres de vous que je ne gâte pas trop en ne postant qu'une fois tous les 36 du mois ces temps-ci. Pour me faire "pardonner", je décide donc de poster ici ma participation à ce "contest", ce mesurage de kiki entre amateur de son qui tache, de voix qui déraillent, de guitares qui saturent.

Le principe est ainsi, et là je cite le blog à l'origine de ce contest : "Il s'agit de concocter une playlist rock de morceaux intenses, rageurs, urgents, sauvages, électriques... mais aussi accessibles et accrocheurs. Le rock, à la base, c'est une musique qui doit frapper le public, à la fois par sa hargne et son immédiateté".

Pan. Simple, efficace. Les quelques restrictions étant ; de ne pas prendre plusieurs titres d'un même groupe, de concocter une playlist de moins d'une heure, d'utiliser des sons issus d'albums (pas de lives), et bien sur, du rock, du rock, uniquement du rock.

Deux solutions s'offraient à moi : me prendre le chou pendant une bonne paire d'heures, voire plus, afin de pondre un résultat dont, je ne serais de toute façon pas satisfait car "oh putain j'ai oublié machin" ; ou bien la jouer à l'instinct en piochant dans ce qui vient à l'esprit de manière immédiate, jusqu'à arriver à cette heure de son brut....ce qui donnera de toute façon, aussi un résultat non satisfaisant pour les mêmes raisons que précédemment, mais au moins, je n'y aurais pas perdu plusieurs heures.




Découvrez Primal Scream!



Le hasard faisant bien les choses, je me retrouve avec des titres allant des années 60 à nos jours. Là, vous vous dites, Maouimépoukoi ? Hé bien...

Primal Scream - Jailbird : une intro de batterie simple et efficace, un riff de guitare rappeux comme un gant de toilette tout sec sur une peau de lépreux...des titres comme ça, Primal Scream en possède à la pelle. Pourquoi celui-ci alors ? Bah...et pourquoi PAS celui-ci ?

Weezer - Buddy Holly : depuis nombres d'années maintenant, ce groupe a toujours su marier mélodies pop et énergie brutes des guitares. Ce titre en est l'un des plus chouettes représentants. Je vous conseille l'excellent clip au passage.

Oasis - Rock'n Roll Star : j'ai récemment été soufflé par leur entrée en matière lors du concert au Bataclan sur ce titre, et il me colle à la peau depuis. C'est pourtant loin d'être la facette du groupe qui me plait le plus, mais ce titre est d'une efficacité rare. Il est de plus, il me semble, le titre d'ouverture de leur premier album, donc...
EDIT : finalement, j'ai mis Roll With It, Deezer paraissant n'apprécier que modérément Rock'n Roll Star...

Gang Of Four - Damaged Goods : souvent copiés, jamais égalés. Ce groupe phare de la scène post-punk devenu culte sans avoir de réel succès commercial, possède un bon nombre de titres mélangeant l'urgence des guitares à un groove épatant de la section rythmique. Urgence et efficacité, tout est là.

Buzzcocks - Orgasm Addict : Je ne pouvais pas ne pas mettre au moins un des représentants de la scène punk anglaise. Plutôt que les Clash ou les Pistols, j'opte pour les Buzzcocks, allez savoir pourquoi...

The Who - I Can't Explain : 3 accords que l'on imagine aisément balancés par les bras moulinant de Townshend, une batterie maltraitée par le vilain mais puissant Keith Moon. Rock'n roll.

Faith No More - Digging The Grave : autant leurs anciens albums ont pour moi, assez mal vieillis, autant leur King For A Day...passe encore régulièrement par mes oreilles. Mike Patton y vomit ses paroles autant qu'il ne les chante, sur ce titre phare de leur discographie.

dEUS - Instant Street : comme j'ai l'habitude de le dire, ce groupe appartient à la Ligue des Champions du rock européen. Plus complexes et tordus que des Girls In Hawaii, plus couillus que les Ghinzu (pour ne prendre que des groupes issus du même pays qu'eux, la Belgique), dEUS surclasse toute la masse grace a un talent plus évident. Simplement. Même si ce titre éclate moins à la gueule qu'en live, cette version studio reste l'un de leurs meilleurs titres. Voire le meilleur.

ACDC - Sin City : la voix de Bon Scott reste pour moi LA voix du groupe Australien. Moins nasillarde et caricaturale que celle de Johnson...Lorsqu'en plus la batterie vient rejoindre les guitares pour lancer ce titre, les frissons me prennent les avant bras. C'est comme ça, faut pas chercher.
EDIT : pas de titres joués par ACDC sur Deezer visiblement, donc une reprise en guise de Tribute to..mais bon, l'esprit est là...

Led Zeppelin - Good Times, Bad Times : ce groupe possède tout simplement les meilleurs riffs de guitares jamais entendus. Tout gratteux en herbe s'est usé les doigts à tenter d'imiter Jimmy Page, le pote de Satan. Moi le premier.

Creedence Clearwater Revival - Fortunate Son : groupe que je ne connais que depuis peu grave aux vinyles du pater récupérés depuis peu, et surtout à une grande fan, vivant à mes côtés, l'immédiateté de ce titre m'a sauté au visage. On les image jouer ce truc en noir et blanc, les pieds dans un bayou.

Black Keys - 10AM Automatic : atypique duo mêlant batterie et guitare, avec une énergie plus crasseuse que les White Stripes, ces deux têtes de NERDS en puissance parviennent à faire copuler blues et grunge. L'enfant se porte bien, merci pour lui.

The Strokes - Last Nite : difficile de ne pas prendre un de leurs titres dans une telle playlist. Je choisis donc le titre qui me les a fait connaitre. Par contre, les gars...je vous en supplie...arrêtez vos projets solo.

Aerosmith - Eat the Rich : je suis récemment tombé sur leur cd (Get A Grip), que j'avais depuis bon nombre d'années, mais qui s'était fait bien discret depuis. Quelle idée de pondre une fille aussi moche aussi. Quelle idée de la mettre sur les grands écrans aussi ?! Evitabke ça Mr Tyler, non? Bref, heureusement, Joe Perry fait partie de la race des grands guitaristes ayant vogué entre les années 80 et 90 avec Slash et consorts. Il balance ici un (nouveau) riff de dingue. Et rendus dingues on les suit.

Nirvana - Very Ape : venez voir dans mon armoire le nombre de chemises à carreaux que je possède (sans les porter) et vous devinerez alors l'importance qu'a eu ce trio dans ma vie d'ado. Jamais ces albums ne m'ont lâchés. In Utero restera pour moi comme un chef d'œuvre des années 90. J'en tire l'un des titres les plus rageurs...et les plus courts.

The Libertines - Vertigo : ce groupe a enfanté bon nombre de bébés plus ou moins difformes, mais jamais le mélange de poésie et de punk étalé sur leur Up The Bracket aura été ne serait-ce qu'approché. Eux mêmes en tombèrent bien loin avec un second album moins surprenant...

5.8.08

Werchter - Vendredi

Un vendredi démarré sous le soleil, les pieds en éventail à quelques dizaines de mètres de la grande scène pour assister au premier concert de la journée, le duo belge Black Box Revelation. Déjà aperçu à Paris en première partie de dEUS quelques semaines plus tôt, le rock stonien/white stripes-ien craché par les surpuissantes enceintes de ces jeunes locaux est idéal pour démarrer cette journée. Peut être un peu rude pour les gueules de bois "matinales", leur son est efficace et prometteur.
Black Box Revelation à Werchter
The Black Box Revelation
L'après midi promettait d'être un peu longue, le prochain groupe "attendu" étant les Babyshambles trois heures après. Le temps de prendre quelques couleurs au soleil qui - OUI - peut frapper fort sur cet endroit de la planète, accompagné par quelques douces mélodies :
- Slayer qui aura au moins eu le mérite de me faire sourire. Grosse puissance métaleuse, basse matraquée, chant hurlé, cheveux balancés en rythme, poils dehors. Pas de doute, Mika est loin. Tous les clichés affublés au "hard rock" sont présents pendant ces 45 minutes de set, et c'est à voir. Une fois. De loin. Au soleil. Allongé.
- Ben Folds : compris en deux minutes trente que je ne me lèverai pas pour regarder de plus près le bonhomme. Vite vu donc que mon intérêt était bien ailleurs : son set accompagnera (provoquera ?) une légère et réparatrice sieste.
- My Morning Jacket : sur le réveil de ma sieste, le début du concert me parut assez plaisant et entrainant. Une fois totalement revenu à moi, mes yeux et oreilles à nouveau fonctionnels, soit le groupe décida de jouer de la soupe, soit ce début sympa faisait illusion le temps que je me réveille. Option 2.
Ben Folds à Werchter
Ben Folds
Ah oui, entre temps, les Babyshambles annulent leur venue, sans que personne ne paraisse surpris. Tel une évidence, le remplacement du groupe de Pete Doherty par les Air Traffic (qui avaient ouvert le festival la veille sur la même grande scène) passa inaperçu. Seule la raison officielle de cette annulation nous remémorera encore quelque temps cet événement : Pete Doherty préféra assister à l'accouchement de sa chatte. Soyez rassuré, sa chatte accoucha bel et bien, car quelque jours plus tard, ils étaient sur la scène des Eurockéennes à Belfort. Bon, avec des instruments achetés le jour même, car arrivés avec leur bite et leur pipe à eau uniquement, mais ils étaient là. Les veinards.
Place au premier gros concert de la journée, avec l'arrivée de Jay-Z sur la grande scène. Plus intrigué qu'attiré par la chose, je dois avouer avoir été totalement bluffé par la performance du rappeur US. Gros show, super groupe, ambiance surchauffée: je ne regrettai pas une seconde mon choix. Ma connaissance zéroïque de la discographie du bonhomme ne m'empêcha pas d'apprécier ce bon moment.
Jay-Z à Werchter
Jay-Z
Des choix qui furent bien plus malheureux par la suite... Après une petite poignée de chansons de The Verve, je décidai de quitter la grande scène pour assister au concert de l'ancien dEUS, Zita Swoon. Je laissais donc un concert débuté sur d'excellentes bases (et pourtant aucun des "tubes" n'étaient passés), pour l'inconnu. Uniquement attiré ici par le parcours et la réputation de ce bonhomme, je ne m'attendais donc pas du tout à ce genre de spectacle, me rappelant que finalement, en Belgique aussi ils savaient faire de la variétoche pénible (pour moi). Attente erronée? Surement. Mauvaises dispositions? Temps idéal et moral au beau fixe, donc non. Mauvais endroit au mauvais moment dirons nous. C'est donc ce mélange de rythmes africains et de pop tordue qui m'empêcha de savourer Biter Sweet Symphony, ou Drugs Don't Work avec les dizaines de milliers de personnes alors aux anges, à quelques dizaines de mètres. Phase de regrets number one.
Zita Swoon à Werchter
Zita Swoon
Place à Neil Young sur la grande scène...mais uniquement pour un morceau. Je suis passible du bûcher pour certains, mais je préférai sur l'instant partir voir Hot Chip. Le papy s'étant fait attendre quinze minutes de trop, cela sera un quart d'heure de moins que prévu à le regarder pousser ses solos à rallonge. Je ne dirais donc pas "j'ai vu Neil Young", même si oui, j'ai vu Neil Young.
Hot Chip donc prend place sur la seconde scène. Et nouvelle désillusion. Après avoir lu et entendu de bonnes tartines d'éloges sur les prestations scéniques du combo américain, mes attentes étaient haut placées, c'est vrai. Malgré certains titres sur lesquels il serait criminel de ne pas se remuer un minimum, le concert ne me sembla jamais démarrer véritablement. Le tout restant sur un faux rythme assez mou. N'étant pas un grand fan non plus à la base mes propos sont à atténuer.
Hot Chip à Werchter
Hot Chip
A l'inverse, le duo allemand de Digitalism, j'en suis fan depuis les premiers morceaux trouvés sur le web. Leur prestation un an auparavant au Cabaret Sauvage m'avait considérablement renforcé dans la sensation d'avoir à faire à l'un des meilleurs groupes actuels de la scène electro(-rock). Leurs tubes Zdarlight ou Pogo sont de réelles tueries pour semelles de tout bipède terrien.
Impression ici largement renforcée après une prestation de haute volée. Les titres sont triturés, maltraités, mais reconnaissables pour toute oreille connaissant les bestiaux en détail. Le rythme ne diminue pas, seule l'intensité voyage sur des montagnes russes. Montées abruptes et syncopées, descentes rapides et brusques, basses saturées et compressées, couleur vert fluo. On s'y retrouve.
Un peu moins dans la tentative "rock star" de l'un des deux acolytes, venant micro à la main exciter un public qui n'en avait pas vraiment besoin. Déjà pas vraiment heureux au chant, il ne le sera pas plus sur une tentative de shoot dans un ballon arrivé sur scène. Celui-ci ayant été plus rapide que le pied du monsieur pour décamper, la chute ridicule fut proche. Il a alors compris. A repris place derrière ses platines. A balancé le Pogo tant attendu. Joie.
Digitalism à Werchter
Digitalism
Lessivés par la tornade Digitalism décidément bien rodée sur scène, il est temps de rejoindre nos pénates, accompagnés du regard par Moby (mais Remixed le Moby, attention, pas Moby tout court) depuis la grande scène se démenant : "hé mais mais ne partez pas, je suis là!".
Oui, mais non.

Moby à Werchter
Moby

30.4.08

dEUS @ Black Session



Ce lundi dEUS enregistra, pour la troisième fois une Black Session chez Bernard Lenoir à la Maison de la Radio. Belle preuve de l'estime portée aux belges par ce grand amoureux du rock qui depuis de nombreuses années maintenant ne cesse d'en venter les mérites.

Fiévreux, le nez coulant et la gorge en feu, le foie bourré de Rhinadvil avalés - accompagnés uniquement de salive - dans le métro une heure avant, je ne voulais pour rien au monde rater cet enregistrement.

Une fois n'est pas coutume, mon cul resta calé dans l'un des confortables sièges du studio 105. Durant 90 minutes, dEUS proposa une majorité de nouveaux titres issus du tout frais "Vantage Point", sans oublier les classiques comme Instant Street, Fell of the Floor Man, Suds and Soda, Bad Timing, Turnipike, pour la plus grande joie d'un public quittant peu à peu la position assise, pour terminer pour la plupart sur deux pattes.


Vous connaissez la blague de la piscine?

Les nouveaux titres eurent un peu de mal à décoller, faute à une période de rodage normale en début de tournée. Nul doute que dans quelques mois, un titre comme Is A Robot pour ne citer que lui, deviendra l'un des piliers futurs des concerts du groupe, comme a sû le devenir Bad Timing tiré du précédent "Pocket Revolution". Malgré tout, le groupe mené par un Tom Barman nullement ennuyé par cette ambiance particulière, sembla prendre plaisir à présenter leur nouveau bébé et n'éprouver toujours aucun blasage lors des anciens titres.

Le set se termina sur un tout récent Oh Your God, qui par son énergie et sa rage parvint tout de même à enflammer le cossu studio 105.

Sortis sous les ovations malgré une atmosphère initialement feutrée et un lieu confortable, dEUS a une fois de plus assuré.
Grave.

25.4.08

dEUS - Vantage Point + Live @ Trabendo

Absents en France depuis les Solidays 2006, le quintet belge de dEUS était de retour au Trabendo pour un concert "promotion" de leur dernier disque fraîchement pondu : "Vantage Point".
Toujours appréciés, et donc attendus, par bon nombre de fans de tous âges, il fallait être assez réactif pour y décrocher des billets ; d'autant plus que l'opportunité de les voir dans une salle de taille modeste est assez désormais rare.



Un engouement multiplié par la sortie de ce tant attendu nouvel opus. Un album record pour nos belges avec seulement 3 mois de production. En prélude à son écoute, Tom Barman, charismatique leader, nous prévenait de l'orientation plus immédiate voire dansante de leur œuvre. Connaissant le professionnalisme du bonhomme, impossible de voir cela comme du bâclage, comme on aurait pu le supputer chez d'autres.

Ce virage avait été de toute manière amorcé avec leur précédent "Pocket Revolution" plus ouvert, moins rude que les anciens "Ideal Crash", ou "In a Bar Under the Sea". Mais du coup également moins bien accueilli par les fans hardcore du groupe.
Le cabrélisations du genre "c'était mieux avant" se faisaient déjà entendre à l'époque : nul doute qu'elles allaient être de nouveau à la mode avec ce "Vantage Point".


Assurancetourix n'est pas un personnage de fiction

La paire de premiers singles sortis pour l'occasion (Slow pour la France, The Architect pour la Belgique, puis la France) donnent dans le contradictoire. Le premier, assez noir, mené par une bonne ligne de basse doublé d'une guitare qui, sur deux notes répétées inlassablement, donne dans l'inquiétant. Jusqu'à un refrain, tout aussi sombre, chanté par un trio de voix graves. Morceau complexe, torturé et inspiré, mais pas très "lol". Avec en guest la chanteuse de The Knife, Karin Dreijer Anderson.

The Architect, après sa mini-intro rappelant Fell of the Floor Man, fait penser à ce que nous ont balancé les Kills dans leur récent (et excellent) "Midnight Boom". Du pêchu et dansant, du riff efficace mais un mélange final toujours habité de cet esprit rock, qui nous glisse à l'oreille "hé mec, nous aussi on préfère le rock à la musique classique". Un morceau fait pour suer donc.


Nous saffons les moyens de fous faire parler !

Deux titres qui en se suivant au cœur de l'album, en constituent avec Is a Robot le moment fort dans une trilogie quasi parfaite. Cette dernière à elle seule démontre que dEUS n'a rien perdu de ses facultés. Tant en mélodie qu'en puissance, on est servis comme des papes. Les guitares se croisent, la basse chapeaute, les voix s'entrechoquent, le refrain vient cisailler le tout avec un air simple. Des breaks, des duos de voix, une montée abrupte mais régulière, une fin en apothéose. Tout est là.

Afin de nous éviter la mort par tachycardie, Tom Barman et ses potes nous font atterrir en douceur, avec les plus calmes Smockers Reflect et The Vanishing of Maria Schneider aux refrains posés et mélodieux.
L'album se clôt ensuite avec un popissime Popular Culture, en guise d'aurevoir. Xylophone, cordes et piano au rendez-vous. Une fin qui me reste sur l'estomac.



Du coup, en guise de Digédryl, je me repasse le début de l'album, où When She Comes Down me redonne des sensations agréables dans le bas-ventre, la musclée Oh Your God vient rajouter un peu de piment entre deux refrains doucement "pop", puis Eternal Woman avec la voix de Lies Lorquet (du groupe Mintzkov) vient me remémorer la superbe Nothing Really Ends de leur précédent album.

Dans le rôle de l'album immédiat, que nous promettait Tom Barman, je ne pense pas que "Vantage Point" décroche un Oscar. A l'échelle dEUStique cependant, des titres comme The Architect, Slow, Eternal Woman ou Favourite Game sont des Obla-di Obla-da comparés à Instant Street pour ne citer qu'elle. Qui s'en plaindra ? Le clan cabrelistique des "c'était mieux avant", sûrement. Moi, non.



Mes précédentes expériences scéniques avec dEUS (Toulouse, Cabaret Sauvage et Solidays) s'étaient soldées par un "ohla, j'ai vu le concert l'année BORDEL". J'arrivai donc aussi confiant qu'un joueur de Ligue 1 venant jouer à Metz, tout en ne portant pas de maillot grenat, dans le Trabendo.

En première partie, le duo de The Black Box Revelations commence son set devant une fosse attentive à défaut d'être remplie. On pense aux Black Keys pour le coté bluesy-rock cradingue joué à deux et très fort, mais aussi un peu aux White Stripes pour les refrains plus pop-rock-garage. Techniquement très bon, sonorement excellent, et scéniquement maitrisé : le duo d'espoirs flamand assure le boulot avec brio.


S'il vous plait, adoptez nous...

Le public se presse alors dans la fosse du Trabendo pendant que le matos de dEUS est installé. Cependant, on n’en sent pas de véritable montée de température, les gens semblant attendre le concert comme l'on attend le bus. Soit. Après tout, le spectacle est censé être sur scène et non ailleurs.


"Putain, je kiffe."

Arrivent alors Tom Barman et sa troupe, très décontractés, qui débutent leur set de la même manière que commence "Vantage Point". L'intro de When she comes down est assurée à la basse, la voix de Barman se pose dessus, et est rejointe par la gratte du ténébreux Mauro. Entrée en douceur sur un titre qui ne décolle jamais réellement, mais pose les jalons de la soirée "hey les frenchies, voilà notre nouveau bébé, vous allez aimer".

Vu le peu d'entrain manifesté, nul doute alors que la majorité semble plutôt venue (re)voir Instant Street ou Fell of the Floor Man. Ca se comprend.

Attente de courte durée, car après avoir enchainé Sun-Ra (et ses montagnes russes) et Favourite Game (et ses "ahh ahh ahh" pas contents du tout), l'intro de Fell of the Floor Man, est balancée, et provoque - enfin - les premiers frissons. La fosse clapote, les sourire fleurissent : putain, enfin le printemps. Moment alors choisi enchainer les inséparables nouveaux singles, The Architect et Slow, aussi sensuels qu'efficaces, qui font alors monter la pression jusqu'à ... Eternal Woman, toute en douceur et légèreté.
Pas surprenant quand on connait le plaisir qu'éprouve dEUS à varier brutalement les tempos. Pas surprenant non plus donc de voir Tom Barman garder sa guitare électro acoustique, et démarrer ensuite l'intro d'Instant Street sous les clameurs d'un public qui attendait cette étincelle pour enfin prendre feu.



Avec ce titre, dEUS change de planète, prend une dimension énorme, peut résoudre les maux de toutes les sociétés réunies, stopper les guerres, faire tourner la Terre autour de la Lune, faire pousser les patates sur des arbres à frites, faire chanter les poules en si bémol, ouvrir un océan comme Moïse, mais en plus y construire un tapis roulant allant à 12km/h et qui fonctionne, bref, on touche au grandiose.

Sans aucune gène, je la range aux cotés de Paranoid Android de Radiohead, ou encore Smells Like Teen Spirit de Nirvana, dans le panthéon des chansons du genre "que j'amènerai sur une ile déserte". Avec ça, je survis à poil dans la jungle sans souci.



La chanson prend en plus une dimension gargantuesque en live, avec ce riff inoubliable, tordu et perdu dans les montées progressives de la guitare rythmique, le tout accompagné par des hurlements du public totalement transporté de joie. dEUS nous tient alors par les burnes, et pour de bon. La dernière note laisse place à une salve Ô combien méritée d'applaudissements et clameurs d'une foule enfin libérée. Le groupe enfonce alors le clou avec le meilleur titre de "Vantage Point", Is A Robot, et un final aussi tout en tension.

Enchainement fatal. Joie intense. Des larmes sur mes joues.
- "C'est pas moi qui pleure, c'est mes yeux", comme dirait l'autre.
Ok, j'ai une légère conjonctivite, mais quand même. Je suis totalement emballé, et ça n'est certainement pas le génial Bad Timing, à la guitare lancinante du début à la fin, accompagnée d'une progression dont ils ont le secret, qui me fera changer d'avis. Morceau d'une précision diabolique au refrain tant hurlé que chanté, et à la fin explosive.
- "dEUS m'a tuer", comme dirait l'autre (pas le même autre mais un autre).



Besoin de souffler pour tout le monde après une telle débauche d'énergie. L'euphorie est cependant un peu retombé dans la fosse après Is A Robot. Tom Barman nous répète donc à l'envie "you should be doing it" (Smockers Reflect), avant de conclure sur l'ancien et excellent Roses. Mes pieds ne touchant plus terre depuis 45 bonnes minutes, j’aperçois alors la set list, qui m'indique que le groupe a prévu de revenir encore jouer 3-4 titres.

Le temps de quelques applaudissements bien fournis, de "ooohoohoohoohoooh" made in France, et revoilà nos belges sur scène. Parfois torché à la va-vite par des artistes pressés de rejoindre leur loge, leurs putes et leur coke (rock'n roll), le rappel qui suivra sera tout simplement dantesque. Un Theme For Turnpike toujours aussi tordu et superbement conclu par les hurlements de Mauro, un très efficace Oh Your God, puis un classique tant attendu (Suds and Soda) : nouvelle ovation pour dEUS qui ne nous quittera définitivement qu'après un Popular Culture assez mièvre.



Ils auraient tout aussi pu terminer avec la Danse des Canards version Samba, l'impression globale de la soirée n'aurait pas été différente : superbe prestation une fois de plus pour nos 5 belges, même si beaucoup regretteront le manque d'enthousiasme de la foule présente. Qu'importe, le groupe fut bon, les anciennes chansons toujours aussi excellentes, et les nouvelles très prometteuses.

Résumons : Groupe Bon x (anciennes chansons excellentes + nouvelles chansons prometteuses) - public un peu mollasson = excellent moment.
Au fil du temps le groupe gagnera de l'assurance et des automatismes sur des nouveaux titres parfois hésitants.
Un groupe à ne surtout pas louper donc pour leurs prochaines venues françaises.

On me murmure à l'oreillette qu'un festival d'été dans l'ouest du pays serait sur les rangs ?



dEUS par un nouvel album d'une grande qualité, et une prestation live pleine de promesses, se classe en première position des groupes Belges et se qualifie une nouvelle fois pour la Ligue des Champions des groupes européens. Encore assez loin devant les méritants Girls in Hawaii, Soulwax et Ghinzu promis à la coupe UEFA, ou bien les Hollywood Pornstars, Tellers et Flexa Lyndo, outsiders de qualité.
Le championnat belge promet donc de belles affiches pour pas mal de temps encore.

Un vainqueur certain : le spectateur.

Pendant ce temps là, en France, Cali et Calo(gero) sont sur un bateau. Quelqu'un pour les pousser les deux à l'eau ?




dEUS - "Vantage Point"(2008)


1. when she comes down
2. oh your god
3. eternal woman
4. favourite game
5. slow
6. the architect
7. is a robot
8. smokers reflect
9. the vanishing of Marta Schneider
10. popular culture


dEUS @ Trabendo (set list)

1. When she comes down
2. Sun Ra
3. Favourite Game
4. Fell of the floor, man
5. The Architect
6. Slow
7. Eternal woman
8. Instant street
9. Is a robot
10. Bad Timing
11. Smokers reflect
12. Roses
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13. Turnpike
14. Oh Your God
15. Suds and soda
-------------------------------
16. Popular Culture