L'HYper PRésent Appliqué à la Musique (et autres trucs...)
31.7.15
Tame Impala - Currents
21.5.08
Beck is Back
Annoncé pour dans quelques semaines, le nouvel album de Beck a désormais un nom : "Modern Guilt", un nombre de titres : 10, et une durée approximative : trente / trente-cinq minutes ; sous peine qu'ils conservent la version originale de ce "Modern Guilt" enregistré main dans la patte avec Danger Mouse.
La date de sortie approchant, les langues se délient et les informations tombent. Je me livrerai bien à une simple traduction des éléments livrés par les deux comparses mais parler de chansons sans avoir pu les écouter m'emmerde.
Heureusement, Beckounet a eu l'aimable attention de laisser filer un des titres de son dixième album, Chemtrails. Pas de panique si vous ne savez où le trouver, inutile d'aller harceler votre grand-mère qui a bien connu le grand oncle de la soeur de la cousine germaine Germaine du beau père à la nounou de la maîtresse de CP de l'ancien pasteur de l'église de la nièce à la mère de Beck pour qu'il vous l'envoie, suffit de cliquer ici pour du streaming ou bien là pour pas de streaming.
Maintenant, on peut parler. Mais vite fait car extrapoler sur un album entier à partir d'un morceau dont on ne connait le statut (single ? morceau d'ouverture ? de clôture ?), c'est un peu comme un coup franc de Franck Leboeuf, ça mène souvent dans le mur.
Première impression, Beck semble s'éloigner de "Guero" et "The Information", et ces tentatives de bricolages à la "Odelay" en vieux.
J'ai lu que l'introduction du morceau, puis ses passages lents, faisaient penser au feu Beta Band. Y a du vrai là dedans, et ça n'est pas pour me déplaire, loin de là. Point de guitares, juste un combo piano / synthé / basse / batterie sur lequel plane son chant de manière assez détaché.
Ensuite, Beck a envie de s'énerver un petit peu. Mais pas pour aller frapper un voisin à coup de batte, non, plutôt pour aller se chercher une verveine à la cuisine. Du coup, la ligne de basse s'excite, le rythme augmente légèrement. Et là, il se passe pas mal de choses : Beck ouvre un placard, cherche son sachet de verveine, le met dans un mug "Simpsons", y verse de l'eau bouillante, et repart dans son salon le siroter.
Dès lors, Beckounet se calme à nouveau et nous raconte des trucs calmement. Seulement, à un moment donné, ça doit l'agiter ce qu'il dit car il renverse un peu de verveine bouillante sur sa cuisse (il était en bermuda vert kaki) et du coup, il se lève comme une furie car il a mal. Et ça l'énerve jusqu'à la fin du morceau.
Celle-ci me fait penser à celle de Diamond Bollocks, sur l'album "Mutations". Où sur une batterie partant dans tous les sens s'agite une grosse ligne de basse quasiment en mode soliste. Pas surprenant quand on sait que Joey Waronker est venu prêter main forte sur ce titre, tout comme il assurait la batterie sur Diamond Bollocks.
Beck, tellement véner à la suite de la brulure sur son bermuda, s'en va prendre sa guitare et conclure le morceau en lui faisant cracher de l'aigu.
Voilà qui promet.
6.5.08
Cajun Dance Party - The Colorful Life
Avec leurs précédents singles The Next Untouchable et Amylase, les jeunes lycéens londoniens de Cajun Dance Party avaient charmé bon nombre de fans sur la foi de ces constructions pop légères, enjouées et agréables, dont on attendait impatiemment une suite.
C'est chose faite depuis le 28 Avril, date de sortie de leur premier album, "The Colorful Life". Identiquement à Los Campesinos! desquels on les rapproche souvent (moyenne d'âge, influences, parcours) ce premier LP peut avoir un goût de compilation de titres déjà connus, puisque Amylase, The Next Untouchable et Buttercups sont de la partie.
Soit un tiers de l'album, celui-ci n'étant composé que de 9 titres.
Difficile cependant de les juger négativement malgré ce petit excès de feignantise (?), tant le reste est intéressant.
Dans la veine de ces singles dont la qualité n'est plus à prouver, on trouvera The Race au riff très rock'n roll, qui donne ainsi un peu de couilles à un ensemble globalement "mignon". Par exemple, Time Falls rappelle que The Servant n'a pas écrit que de la merde (hé non), ou The Colorful Life et The Fireworks apparaissent comme ce que les Kooks n'ont pas su réécrire pour leur second album raté ("Konk",2008).
A ma surprise les 2 morceaux les plus marquants de cet album seront d'une nature assez différente.
No Joanna et son duo guitare-voix est une bien jolie composition qui durant 3 minutes nous porte légèrement sur un petit riff bien malin collé à une voix pure et douce.
L'album se clôt avec The Hill, The View and The Lights, où l'on accompagne la clavier Vicky Freund main dans la main pour une lente promenade. Le vent de lève un peu au bout d'un moment, et perdant Vicky de vue on se retrouve à tenir la main de Daniel Blumberg, on se dit alors "merde, ou est-elle?". Mais finalement, elle nous rattrape et s'excuse avec un petit bisou mouillé sur la joue.
On sort finalement ravi de l'écoute de ce petit album, malgré le faible nombre de nouveautés. A l'inverse de l'album de Los Campesinos! ou des Wombats, l'album s'écoute facilement d'une traite (pas très long remarque) sans aucun sentiment de répétition.
Les Cajun Dance Party font en plus preuve d'une grande maturité dans leurs nouvelles compositions, en ne se contentant pas de singer une recette deja utilisée sur leurs "singles myspace", mais plutôt en les entourant de manière à former en ensemble au final très complet.
De plus, nos petits gredins, une fois leurs examens en poche, donneront naissance à un nouvel album (dès septembre prochain) : vraiment pas de quoi se sentir lésé donc.
Tracklist:
1. Colourful Life
2. Race
3. Time Falls
4. Next Untouchable
5. No Joanna
6. Amylase
7. Firework
8. Buttercups
9. Hill The View And The Lights
25.4.08
dEUS - Vantage Point + Live @ Trabendo
Absents en France depuis les Solidays 2006, le quintet belge de dEUS était de retour au Trabendo pour un concert "promotion" de leur dernier disque fraîchement pondu : "Vantage Point".
Toujours appréciés, et donc attendus, par bon nombre de fans de tous âges, il fallait être assez réactif pour y décrocher des billets ; d'autant plus que l'opportunité de les voir dans une salle de taille modeste est assez désormais rare.
Un engouement multiplié par la sortie de ce tant attendu nouvel opus. Un album record pour nos belges avec seulement 3 mois de production. En prélude à son écoute, Tom Barman, charismatique leader, nous prévenait de l'orientation plus immédiate voire dansante de leur œuvre. Connaissant le professionnalisme du bonhomme, impossible de voir cela comme du bâclage, comme on aurait pu le supputer chez d'autres.
Ce virage avait été de toute manière amorcé avec leur précédent "Pocket Revolution" plus ouvert, moins rude que les anciens "Ideal Crash", ou "In a Bar Under the Sea". Mais du coup également moins bien accueilli par les fans hardcore du groupe.
Le cabrélisations du genre "c'était mieux avant" se faisaient déjà entendre à l'époque : nul doute qu'elles allaient être de nouveau à la mode avec ce "Vantage Point".
Assurancetourix n'est pas un personnage de fiction
La paire de premiers singles sortis pour l'occasion (Slow pour la France, The Architect pour la Belgique, puis la France) donnent dans le contradictoire. Le premier, assez noir, mené par une bonne ligne de basse doublé d'une guitare qui, sur deux notes répétées inlassablement, donne dans l'inquiétant. Jusqu'à un refrain, tout aussi sombre, chanté par un trio de voix graves. Morceau complexe, torturé et inspiré, mais pas très "lol". Avec en guest la chanteuse de The Knife, Karin Dreijer Anderson.
The Architect, après sa mini-intro rappelant Fell of the Floor Man, fait penser à ce que nous ont balancé les Kills dans leur récent (et excellent) "Midnight Boom". Du pêchu et dansant, du riff efficace mais un mélange final toujours habité de cet esprit rock, qui nous glisse à l'oreille "hé mec, nous aussi on préfère le rock à la musique classique". Un morceau fait pour suer donc.
Nous saffons les moyens de fous faire parler !
Deux titres qui en se suivant au cœur de l'album, en constituent avec Is a Robot le moment fort dans une trilogie quasi parfaite. Cette dernière à elle seule démontre que dEUS n'a rien perdu de ses facultés. Tant en mélodie qu'en puissance, on est servis comme des papes. Les guitares se croisent, la basse chapeaute, les voix s'entrechoquent, le refrain vient cisailler le tout avec un air simple. Des breaks, des duos de voix, une montée abrupte mais régulière, une fin en apothéose. Tout est là.
Afin de nous éviter la mort par tachycardie, Tom Barman et ses potes nous font atterrir en douceur, avec les plus calmes Smockers Reflect et The Vanishing of Maria Schneider aux refrains posés et mélodieux.
L'album se clôt ensuite avec un popissime Popular Culture, en guise d'aurevoir. Xylophone, cordes et piano au rendez-vous. Une fin qui me reste sur l'estomac.
Du coup, en guise de Digédryl, je me repasse le début de l'album, où When She Comes Down me redonne des sensations agréables dans le bas-ventre, la musclée Oh Your God vient rajouter un peu de piment entre deux refrains doucement "pop", puis Eternal Woman avec la voix de Lies Lorquet (du groupe Mintzkov) vient me remémorer la superbe Nothing Really Ends de leur précédent album.
Dans le rôle de l'album immédiat, que nous promettait Tom Barman, je ne pense pas que "Vantage Point" décroche un Oscar. A l'échelle dEUStique cependant, des titres comme The Architect, Slow, Eternal Woman ou Favourite Game sont des Obla-di Obla-da comparés à Instant Street pour ne citer qu'elle. Qui s'en plaindra ? Le clan cabrelistique des "c'était mieux avant", sûrement. Moi, non.
Mes précédentes expériences scéniques avec dEUS (Toulouse, Cabaret Sauvage et Solidays) s'étaient soldées par un "ohla, j'ai vu le concert l'année BORDEL". J'arrivai donc aussi confiant qu'un joueur de Ligue 1 venant jouer à Metz, tout en ne portant pas de maillot grenat, dans le Trabendo.
En première partie, le duo de The Black Box Revelations commence son set devant une fosse attentive à défaut d'être remplie. On pense aux Black Keys pour le coté bluesy-rock cradingue joué à deux et très fort, mais aussi un peu aux White Stripes pour les refrains plus pop-rock-garage. Techniquement très bon, sonorement excellent, et scéniquement maitrisé : le duo d'espoirs flamand assure le boulot avec brio.
S'il vous plait, adoptez nous...
Le public se presse alors dans la fosse du Trabendo pendant que le matos de dEUS est installé. Cependant, on n’en sent pas de véritable montée de température, les gens semblant attendre le concert comme l'on attend le bus. Soit. Après tout, le spectacle est censé être sur scène et non ailleurs.
"Putain, je kiffe."
Arrivent alors Tom Barman et sa troupe, très décontractés, qui débutent leur set de la même manière que commence "Vantage Point". L'intro de When she comes down est assurée à la basse, la voix de Barman se pose dessus, et est rejointe par la gratte du ténébreux Mauro. Entrée en douceur sur un titre qui ne décolle jamais réellement, mais pose les jalons de la soirée "hey les frenchies, voilà notre nouveau bébé, vous allez aimer".
Vu le peu d'entrain manifesté, nul doute alors que la majorité semble plutôt venue (re)voir Instant Street ou Fell of the Floor Man. Ca se comprend.
Attente de courte durée, car après avoir enchainé Sun-Ra (et ses montagnes russes) et Favourite Game (et ses "ahh ahh ahh" pas contents du tout), l'intro de Fell of the Floor Man, est balancée, et provoque - enfin - les premiers frissons. La fosse clapote, les sourire fleurissent : putain, enfin le printemps. Moment alors choisi enchainer les inséparables nouveaux singles, The Architect et Slow, aussi sensuels qu'efficaces, qui font alors monter la pression jusqu'à ... Eternal Woman, toute en douceur et légèreté.
Pas surprenant quand on connait le plaisir qu'éprouve dEUS à varier brutalement les tempos. Pas surprenant non plus donc de voir Tom Barman garder sa guitare électro acoustique, et démarrer ensuite l'intro d'Instant Street sous les clameurs d'un public qui attendait cette étincelle pour enfin prendre feu.
Avec ce titre, dEUS change de planète, prend une dimension énorme, peut résoudre les maux de toutes les sociétés réunies, stopper les guerres, faire tourner la Terre autour de la Lune, faire pousser les patates sur des arbres à frites, faire chanter les poules en si bémol, ouvrir un océan comme Moïse, mais en plus y construire un tapis roulant allant à 12km/h et qui fonctionne, bref, on touche au grandiose.
Sans aucune gène, je la range aux cotés de Paranoid Android de Radiohead, ou encore Smells Like Teen Spirit de Nirvana, dans le panthéon des chansons du genre "que j'amènerai sur une ile déserte". Avec ça, je survis à poil dans la jungle sans souci.
La chanson prend en plus une dimension gargantuesque en live, avec ce riff inoubliable, tordu et perdu dans les montées progressives de la guitare rythmique, le tout accompagné par des hurlements du public totalement transporté de joie. dEUS nous tient alors par les burnes, et pour de bon. La dernière note laisse place à une salve Ô combien méritée d'applaudissements et clameurs d'une foule enfin libérée. Le groupe enfonce alors le clou avec le meilleur titre de "Vantage Point", Is A Robot, et un final aussi tout en tension.
Enchainement fatal. Joie intense. Des larmes sur mes joues.
- "C'est pas moi qui pleure, c'est mes yeux", comme dirait l'autre.
Ok, j'ai une légère conjonctivite, mais quand même. Je suis totalement emballé, et ça n'est certainement pas le génial Bad Timing, à la guitare lancinante du début à la fin, accompagnée d'une progression dont ils ont le secret, qui me fera changer d'avis. Morceau d'une précision diabolique au refrain tant hurlé que chanté, et à la fin explosive.
- "dEUS m'a tuer", comme dirait l'autre (pas le même autre mais un autre).
Besoin de souffler pour tout le monde après une telle débauche d'énergie. L'euphorie est cependant un peu retombé dans la fosse après Is A Robot. Tom Barman nous répète donc à l'envie "you should be doing it" (Smockers Reflect), avant de conclure sur l'ancien et excellent Roses. Mes pieds ne touchant plus terre depuis 45 bonnes minutes, j’aperçois alors la set list, qui m'indique que le groupe a prévu de revenir encore jouer 3-4 titres.
Le temps de quelques applaudissements bien fournis, de "ooohoohoohoohoooh" made in France, et revoilà nos belges sur scène. Parfois torché à la va-vite par des artistes pressés de rejoindre leur loge, leurs putes et leur coke (rock'n roll), le rappel qui suivra sera tout simplement dantesque. Un Theme For Turnpike toujours aussi tordu et superbement conclu par les hurlements de Mauro, un très efficace Oh Your God, puis un classique tant attendu (Suds and Soda) : nouvelle ovation pour dEUS qui ne nous quittera définitivement qu'après un Popular Culture assez mièvre.
Ils auraient tout aussi pu terminer avec la Danse des Canards version Samba, l'impression globale de la soirée n'aurait pas été différente : superbe prestation une fois de plus pour nos 5 belges, même si beaucoup regretteront le manque d'enthousiasme de la foule présente. Qu'importe, le groupe fut bon, les anciennes chansons toujours aussi excellentes, et les nouvelles très prometteuses.
Résumons : Groupe Bon x (anciennes chansons excellentes + nouvelles chansons prometteuses) - public un peu mollasson = excellent moment.
Au fil du temps le groupe gagnera de l'assurance et des automatismes sur des nouveaux titres parfois hésitants.
Un groupe à ne surtout pas louper donc pour leurs prochaines venues françaises.
On me murmure à l'oreillette qu'un festival d'été dans l'ouest du pays serait sur les rangs ?
dEUS par un nouvel album d'une grande qualité, et une prestation live pleine de promesses, se classe en première position des groupes Belges et se qualifie une nouvelle fois pour la Ligue des Champions des groupes européens. Encore assez loin devant les méritants Girls in Hawaii, Soulwax et Ghinzu promis à la coupe UEFA, ou bien les Hollywood Pornstars, Tellers et Flexa Lyndo, outsiders de qualité.
Le championnat belge promet donc de belles affiches pour pas mal de temps encore.
Un vainqueur certain : le spectateur.
Pendant ce temps là, en France, Cali et Calo(gero) sont sur un bateau. Quelqu'un pour les pousser les deux à l'eau ?
dEUS - "Vantage Point"(2008)
1. when she comes down
2. oh your god
3. eternal woman
4. favourite game
5. slow
6. the architect
7. is a robot
8. smokers reflect
9. the vanishing of Marta Schneider
10. popular culture
dEUS @ Trabendo (set list)
1. When she comes down
2. Sun Ra
3. Favourite Game
4. Fell of the floor, man
5. The Architect
6. Slow
7. Eternal woman
8. Instant street
9. Is a robot
10. Bad Timing
11. Smokers reflect
12. Roses
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13. Turnpike
14. Oh Your God
15. Suds and soda
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16. Popular Culture
16.4.08
Islands - The Arm's Way
Onanisme musical (part. 2)
Le terme de MAUVAIS branleur musical se rapporte au sens cru de la branlette : aimer se faire du bien tout en se foutant pas mal des autres, pourtant tout aussi désireux de prendre du plaisir.
Après un "Return to the Sea", plutôt réussi - si l'on prenait soin de ne pas comparer leur travail à celui des feu Unicorns - les Islands acquirent une base solide de fans... mais également une réputation de musiciens "se la touchant".
Une impression que je ne partageais pas à l'écoute de ce premier opus, franchement agréable à l'écoute, même si difficile au premier abord.
Chez Islands, on prend les choses en main
Leur prestation live du Point Ephémère il y a quelque mois maintenant (c.f. http://hypram.blogspot.com/2008/03/islands-point-fmr.html), finit de me convaincre que ces aprioris étaient injustifiés, tant leurs Swans, Rough Gem, ou autres titres inédits, semèrent la joie dans un public aux yeux pétillants, autant que sur scène où les musiciens s'éclataient. Un avant goût nous était alors donné de leur futur "Arm's Way" dont la gestation dura deux années.
A l'écoute de cet album, je me dis que deux années ne furent pas de trop pour arriver à collecter autant d'idées. Ce disque regorge de mélodies, de montées lyriques, d'accélérations, de breaks, de nappes de violons, de ralentissements, de cris, de chuchotements, de pim de pam de poum, de PAPAPAP, de OHOOOOHOH, de....
Oui, c'est trop.
A trop vouloir en faire, à trop chercher à montrer, à prouver, à trop complexifier les chansons, moi, j'étouffe et mes poils se hérissent au moindre trémolo de la voix de Nick Diamonds.
A croire que les violons l'excitent.
Ah ça, les violons, on en bouffe. Et par tous les trous. Si Arcade Fire et Vampire Weekend m'avaient réconcilié avec cet instrument, Islands me pousse au divorce.
Mention spéciale aux titres The Arm et J'aime vous voire quitter (qui ne veut rien dire), qui nous rappellent les génériques de dessins animés des années 80. On ferme les yeux et on imagine sans peine un type avec un lasso à la main, sur son cheval galopant à travers les cactus mal dessinés, et ce pendant... 6 minutes.
Oui, nos génériques sont aussi longs que les épisodes qu'ils encadrent, et malheureusement, aussi pénibles qu'un combat entre un chevalier d'or et le chevalier de Pégase.
La première partie de l'album est composée de titres partant dans tous les sens, toutes les directions possibles, mais sans que ce ne soit jamais la bonne.
Si tous les chemins mènent à Rome, toutes les mélodies ne mènent pas au plaisir avec Islands. Seule Creeper fait mouche, avec sa pop synthétique, son chant retenu et son air mignon.
La seconde moitié regroupe des chansons plus calmes (du moins au départ), mais qui sont une nouvelle fois le théâtre de collages improbables (et ratés) entre moultes mélodies.
Isolées, ces idées sont parfois brillantes, même si elles sentent le réchauffé (fin de In the Rushes qui sent la bête a corne).
Regroupées, elles sont noyées comme un pastis servi dans un bar parisien. Aurevoir le goût.
Le "meilleur" exemple est Life in Jail : ça démarre en douce ballade, puis ça continue en riff mode "WAP DOO WAP", ensuite des "PAPAPAPAAA" consécutifs à des "OUUHHHOUHHOUHH" sortis d'on ne sait ouùuuouùuuouùu.
Un peu comme s'ils n'arrivaient pas à terminer leurs chansons tant ils aiment leurs instruments : ils rajoutent une couche, puis une autre, et une autre, en espérant que, lassé, les gens appuient eux-mêmes sur "Next".
Et ça marche.
On me dit "oui mais écoute la dernière, elle est fabuleuse".
Elle fait 11 minutes.
J'ai pas pu.
Islands - "The Arm's Way"(2008)
1. The Arm
2. Pieces Of You
3. J'aime Vous Voire Quitter
4. Abominable Snow
5. Creeper
6. Kids Don't Know Shit
7. Life In Jail
8. In The Rushes
9. We Swim
10. To A Bond
11. I Feel Evil Creeping In
12. Vertigo (If It's A Crime)
Islands - "Return to the Sea"(2006)
1. Swan (Life After Death)
2. Humans
3. Don't Call Me Whitney, Bobby
4. Rough Gem
5. Tsuxiit
6. Where There's A Will, There's a Whalebone
7. Joggin Gorgeous Summer
8. Volcanoes
9. If
10. Ones
8.4.08
Jim Noir
J'étais déjà revenu brièvement sur le premier album de Jim Noir lors de son passage à la maroquinerie dans le cadre du festival Minimum. Deux posts à son sujet pour un blog ayant poussé son premier "areuh areuh" il y a tout juste quelques semaines, c'est dire l'estime que je porte à ce grand bonhomme.
Né sous le nom de Alan Roberts - difficile de faire plus anglais comme nom après Paul Smith - il choisit alors ce nom de scène, légèrement francisé, en hommage au comédien humoriste britannique Vic Reeves,... dont le vrai nom est Jim Machin Moir. Après quelques recherches, Machin = Roderick. Là, je fais genre je connais Vic Reeves, mais non pas du tout. Les gens britanniques drôles pour moi se résument aux Monthy Pythons à Hugh Grant quand il essaie de changer de registre et à David James (également gardien de but à ses heures).
Un choix de pseudonyme en dit long sur l'ambivalence du bonhomme. En effet, à ce nom de scène genre "ORTF" / "Famille Adams" vient s'opposer sa musique joyeuse et entrainante.
A sa manière, Jack White, avec ses White Stripes ou ses Raconteurs, revisite des standards musicaux ancrés dans la culture de son pays (blues, country) en y rajoutant sa sauce rock. Jim Noir lui, préfère le psychédélisme, les années 70 et le LSD. Il est d'ailleurs souvent comparé à Brian Wilson et à ses Beach boys.
Sa musique est ainsi un condensé de ces influences colorées, auxquels il donne
du mouvement. En fait, c'est un peu comme s'il prenait plein de morceaux de tapisseries aux motifs colorés des années 70-80, et qu'il les mélangeait/animait à la manière d'un kaléidoscope géant.
A lire comme ça, ça parait naze, pourtant, à écouter : ça hypnotise.
Les publicitaires d'Adidas et Conforama ne se sont pas trompés en allant piocher dans son premier album "Tower of Love" deux des meilleurs titres pour illustrer des spots publicitaires : Eanie Meany et My Patch de parfaits exemples de l'effet que produit la musique de Jim Noir : elle vous colle aux synapses tout en douceur.
Des mélodies simples, mais excessivement efficaces, des arrangements riches, mais pourtant issus d'un seul cerveau, un canevas de voix envoutant toujours bien senti...
Sans rien inventer, Jim Noir crée SA musique, possède SON propre son.
Il travaille aussi son image à travers des photos publiées toujours classes, réfléchies. Son chapeau melon semble tout droit sorti d'une célèbre série de la fin des années 70.
Cette image inhabituelle pour un jeune homme de 24-25 ans, tranche avec sa vraie personnalité,... du moins celle qui transpire de ses interview ou de sa présence lors de ses (trop rares) concerts.
Lorsque à la Maroquinerie, on vit débarquer ce grand dadet trébuchant sur les câbles de sa guitare, un bonnet d'une laideur à faire fuir Valerie Damidot, vissé sur la tête, s'excusant à la moindre occasion, il fallait se pincer, ou relire 6 fois l'affiche de la soirée pour se persuader que, oui, Jim Noir, c'est lui.
Alan Roberts, 25 ans, Davyhulme (banlieue populaire de Manchester).
Un jeune homme touchant, tombé dans une époque qui n'est pas la sienne. Une époque où le succès qu'il mérite ne viendra peut-être jamais : le grand public ne retenant que la marque mise en valeur par la publicité, mais pas l'artiste qui se cache derrière la mélodie qui en fait toute sa valeur.
Une époque où Jim n'est qu'une image de ce que Alan aurait aimé être ?
Peut-être...Peut être également que Jim Noir n'aurait su/pu être l'identité remarquable qu'il est actuellement, dans une époque passée où finalement il n'aurait été qu'un parmi d'autres...
Peut-être aime t-il simplement jouer avec cette dualité, qui donne matière à parler à des journalistes ou à des bloggeurs anonymes comme moi.
Le personnage à l'air sombre mais chantant de manière légère "If you don't give my football back, I'm going to get my Dad on you", tout en jonglant avec un ballon de foot ne manque pas de charme, interpelle...
Deux années après nous avoir enchantés à travers son 1er album, "Tower of Love", compilation de ses trois maxis "Quiet Man", "My Patch" et "Eanie Meany" agrémenté de deux inédits, dont l'incroyable In the Key of C, le voilà de retour.
Cette fois-ci, pas de nom à l'album, ou plutôt si : le sien. Illustré d'une pochette une nouvelle fois avec un graphisme simple et joli, celui-ci regorge de jolis moments.
Une ouverture en forme de "hé salut les amis, vous m'avez manqué vous aussi" avec Welcome Commander Jameson et All right où Jim s'amuse avec son nouveau jouet : le vocoder. Il nous rassure : il va bien.
Place a un enchainement génial : un régal pour les oreilles que le What U Gonna Do au groove imparable, Don't You Worry et son intro basse-guitare d'une efficacité aussi redoutable que sa simplicité, Ships and clouds et son synthé vaporeux nous fait naviguer dans des eaux plus mélancoliques dont Happy Day Today et son intro en mode générique d'une émission des années 70 vient nous tirer, nous sécher, et nous amener à courir nu sur le sable mouillé :
OHHH HAAAAAPPY DAAAAYYYYYY
Je pourrais encore parler de la joyeuse Same Place Holiday, de la vocodée Day by Day by Day toute en bilip bilip, ... Contrairement à "Tower of Love" où l'on suspectait un peu de remplissage (Eanie Meany version instrumentale, la pénible Tower of Love qui nous transporte dans un nième épisode d'Emmanuelle, sans que l'on en aie réellement envie), ici rien n'est à jeter.
Peut-être moins de tubes immédiats comme l'étaient My Patch ou Eanie Meany cependant.
Certains de ses titres me font penser à mon cher, mais disparu, Beta Band...d'autres me font penser tout court.
Reste à espérer le voir assez vite pour un concert, où même si une grande partie de la magie des trouvailles de Jim Noir disparait, la simplicité et la candeur de Alan Roberts fait mouche.
"Jim Noir" (2008)
1. Welcome Commander Jameson
2. All Right
3. What U Gonna Do?
4. Don't You Worry
5. Ships and Clouds
6. Happy Day Today
7. Day By Day By Day
8. Good Old Vinyl
9. Same Place Holiday
10. Look Around You
11. Welcome Commander Jameson
12. On A Different Shelf
13. Forever Endeavour
Tower of Love (2006)
1. My Patch
2. I Me You I’m Your
3. Computer Song
4. How To Be So Real
5. Eanie Meany
6. Tower Of Love
7. The Key Of C
8. Turbulent Weather
9. Turn Your Frown Into A Smile
10. A Quiet Man
11. Eanie Meany 2
12. The Only Way