L'HYper PRésent Appliqué à la Musique (et autres trucs...)

10.4.08

Mobius Band @ Bataclan

Rien qu'à moi

Tout comme un petit objet que l'on garde près de soi depuis son enfance, ou un objet de collection que l'on garde sous verre dans un tiroir enterré sous terre, ou un mouchoir usagé...il y a des choses, que l'on prend plaisir à garder pour soi, que l'on accepte pas de prêter,... mais uniquement de montrer, comme ça, des fois, à un public trié, choisi, restreint, par envie de dévoiler un petit morceau de soi auquel on tient précieusement.
Mais tout ça reste rare, occasionnel, voire légendaire hein ?!

On préfère se le réserver pour des moments en solitaire où il prend encore plus de valeur, de goût. On aimerait pas qu'il devienne commun, et encore moins le retrouver au cou, ou dans la poche de quelqu'un d'autre. Ce quelqu'un d'autre prétendant l'aimer encore plus, et Ô comble de tristesse, aimant le mettre en valeur vulgairement tel un badge Oasis.





Il y a un groupe qui actuellement me procure ce genre de sensations, d'envies, de retenues. Il s'appelle Mobius Band, et je ne dirai d'eux que leur provenance : Brooklyn, NY. Parler d'eux me prendrait trop de temps. Sans que je sache trop pourquoi, ça n'est ni génial, ni parfait, c'est juste là, collé.
Leur premier EP m'a scotché, leur premier album m'a bluffé. Il en fallait pas plus pour rentrer dans mon tiroir à groupes sacrés au coté du Beta Band, que j'ouvre un peu finalement...


Lorsqu'ils m'annoncèrent leur venue en première partie d'un groupe britannique en ce mois d'avril 2008, j'avais cependant envie de hurler la nouvelle à la terre entière afin de faire péter les scores d'affluence du Bataclan.
Mais en fait non.
En plus, il était 2 heures du matin, j'aurais peut-être pas été super bien accueilli par les gens.
Une joie ne venant parfois pas seule, le groupe britannique en question était un de ceux que j'apprécie beaucoup en ce moment : Editors.


L'attente de ce concert fut vécue avec une impatience rare.
Leur passage fila à une vitesse tout aussi rare, même si à y réfléchir, l'effet fut moindre qu'espéré.
Faute à beaucoup de titres de leur second album pas encore digéré entièrement, un peu de mal à rentrer dedans, à "humaniser" cette musique tant écoutée...
J'étais finalement assez content, et fier même, de voir le public bien réagir, applaudir, crier,... Comme il fait à chaque concert, certes. Mais là, j'étais un peu avec eux sur la scène à avoir peur du flan.
Puis le final avec MA chanson ( oui ! farpaitement !), m'amena bien loin... et le temps que je revienne, Editors partait avant leur rappel...


Mobius Band - Loving Sounds of Static


Clic clac, je ferme le tiroir à double tour et j'avale la clé.

Rock en Seine - Solidays : Programmation 2008

Lutte des classes : les festivals de l'été parisien

En cette période où chaque festival dévoile ses atouts, deux des évènements parisiens majeurs de l'été ne dérogent pas à la règle. Chacun ses moyens, chacun ses méthodes...




Rock en Seine, premier festival à proposer un partenariat avec la BNP, pour offrir un crédit sur 5 ans, afin de financer l'achat de boissons ET kebab pendant les 2 jours (contre 3 l'an passé) du festival ! On saluera le geste.

Cet endroit ressemble en effet plus à des trois salles parisiennes (genre un Bataclan, une Elysée Montmartre et un Bercy) dont vous enlevez le toit, et où vous rajoutez un soupçon d'herbe, afin de donner cet aspect bucolique que le chaland parisien aime tant.

Car oui, niveau ambiance générale, faune etc, on est plus proche de la fête à Neuneu que de Woodstock. Mais qu'importe !

Avec une habile stratégie de communication, les organisateurs nous jettent REM et Amy "skellington" Winehouse à la gueule, mais laissent filtrer les rumeurs Kaiser Chiefs et Justice et s'amusent à nous laisser croire à The Cure ou Rage Against The Machine...

On espère également Nirvana, Mike Brant et Led Zeppelin.



Son alter ego de l'hippodrome de Vincennes a choisi de balancer une grosse salve de noms (la date étant plus proche forcément, on se bouge le fion : début Juillet pour Solidays fin Août pour Rock en Seine):

Yael Naim, The Gossip, Tiken Jah Fakoly, Patrice, Czsaria Evora, Thomas Dutronc, Asa, Moriarty, Foals, Asian Dub Foundation,
Girls in Hawaii, The Hoosiers, The Subways, Alpha Blondy, IAM, Xavier Rudd, Grand Corps Malade, Orchestre National de Barbès,
Beat Assailant, Hocus Pocus, Les Cowboys Fringants, Dub Pistols, Aaron, Dub Inc., Toots and the Maytals, Bumcello, Nneka, Kery James, Cocosuma, Têtes Raides, Deportivo, Rhesus, Empyr, Jim Murple Memorial, Cocoon, Caravan Palace, Java,
Samarabalouf, Yelle, Rose, Psy 4 de la Rime, Sharko, La Caravane Passe, La Chanson du Dimanche, Laurent Garnier, Etienne de Crécy, Vitalic, Don Rimini, Agoria, Brodinski, Beat Torrent, Missill, Dj Soulist, Chinese Man, Midnight Juggernauts, Busy P, Dj Mehdi et Para One.

Très éclectique comme toujours, du coup pas mal de bonne bouses, mais également du bon son (Foals, Girls in Hawaï, subways,...) et de belles soirées électro en perspective (Para One, Vitalic, Midnight Juggernauts...).

Bref, beaucoup y trouveront leur compte, avec de plus un prix très attractif (30€) pour le pass 3 jours !

Espérons que cette édition soit un succès (bonne cause tout ça...), et que les ventes de billets ne finissent pas comme l'an passé avec "un pass offert pour un acheté!" en mode poissonnerie un jour de marché.

Seul gros inconvénient pour moi : il se déroulera le même week-end que l'immense Werchter, donc pas possible cette année de venir me mêler à ce mélange de jeunes en slims, de jongleurs aux dreads poisseuses et aux toto/lolo venus voir l'homme qui fait rimer, d'une voix grave, "couille" avec "nouille", sur un air de jazz.

9.4.08

The Futureheads

Le Retour du futur...
Après un second album catastrophique (tant et si bien qu'ils furent "virés" de leur label), les Futureheads sont de retour.
Preuve avec leur nouveau single Beginning of the Twist.



Leur nouvel album "This is Not the World", sortira d'ici peu sur leur propre label, Longest Mile Recordings.
S'il est dans la lignée de cet excellent single - et il semble l'être - nul doute que leur statut d'éternels espoirs déchus, tel le Laurent Paganelli de la pop anglaise, sera mis de côté.
Je reviendrai dessus à coup sûr.
Ils seront en Black Session chez Mr Bernard Lenoir le 19 Mai, ainsi qu'au Trabendo le 5 Juin.

8.4.08

Jim Noir

J'étais déjà revenu brièvement sur le premier album de Jim Noir lors de son passage à la maroquinerie dans le cadre du festival Minimum. Deux posts à son sujet pour un blog ayant poussé son premier "areuh areuh" il y a tout juste quelques semaines, c'est dire l'estime que je porte à ce grand bonhomme.


Né sous le nom de Alan Roberts - difficile de faire plus anglais comme nom après Paul Smith - il choisit alors ce nom de scène, légèrement francisé, en hommage au comédien humoriste britannique Vic Reeves,... dont le vrai nom est Jim Machin Moir. Après quelques recherches, Machin = Roderick. Là, je fais genre je connais Vic Reeves, mais non pas du tout. Les gens britanniques drôles pour moi se résument aux Monthy Pythons à Hugh Grant quand il essaie de changer de registre et à David James (également gardien de but à ses heures).


Un choix de pseudonyme en dit long sur l'ambivalence du bonhomme. En effet, à ce nom de scène genre "ORTF" / "Famille Adams" vient s'opposer sa musique joyeuse et entrainante.
A sa manière, Jack White, avec ses White Stripes ou ses Raconteurs, revisite des standards musicaux ancrés dans la culture de son pays (blues, country) en y rajoutant sa sauce rock. Jim Noir lui, préfère le psychédélisme, les années 70 et le LSD. Il est d'ailleurs souvent comparé à Brian Wilson et à ses Beach boys.








Sa musique est ainsi un condensé de ces influences colorées, auxquels il donne
du mouvement. En fait, c'est un peu comme s'il prenait plein de morceaux de tapisseries aux motifs colorés des années 70-80, et qu'il les mélangeait/animait à la manière d'un kaléidoscope géant.
A lire comme ça, ça parait naze, pourtant, à écouter : ça hypnotise.


Les publicitaires d'Adidas et Conforama ne se sont pas trompés en allant piocher dans son premier album "Tower of Love" deux des meilleurs titres pour illustrer des spots publicitaires : Eanie Meany et My Patch de parfaits exemples de l'effet que produit la musique de Jim Noir : elle vous colle aux synapses tout en douceur.

Des mélodies simples, mais excessivement efficaces, des arrangements riches, mais pourtant issus d'un seul cerveau, un canevas de voix envoutant toujours bien senti...
Sans rien inventer, Jim Noir crée SA musique, possède SON propre son.


Il travaille aussi son image à travers des photos publiées toujours classes, réfléchies. Son chapeau melon semble tout droit sorti d'une célèbre série de la fin des années 70.









Cette image inhabituelle pour un jeune homme de 24-25 ans, tranche avec sa vraie personnalité,... du moins celle qui transpire de ses interview ou de sa présence lors de ses (trop rares) concerts.

Lorsque à la Maroquinerie, on vit débarquer ce grand dadet trébuchant sur les câbles de sa guitare, un bonnet d'une laideur à faire fuir Valerie Damidot, vissé sur la tête, s'excusant à la moindre occasion, il fallait se pincer, ou relire 6 fois l'affiche de la soirée pour se persuader que, oui, Jim Noir, c'est lui.






Alan Roberts, 25 ans, Davyhulme (banlieue populaire de Manchester).



Un jeune homme touchant, tombé dans une époque qui n'est pas la sienne. Une époque où le succès qu'il mérite ne viendra peut-être jamais : le grand public ne retenant que la marque mise en valeur par la publicité, mais pas l'artiste qui se cache derrière la mélodie qui en fait toute sa valeur.



Une époque où Jim n'est qu'une image de ce que Alan aurait aimé être ?

Peut-être...Peut être également que Jim Noir n'aurait su/pu être l'identité remarquable qu'il est actuellement, dans une époque passée où finalement il n'aurait été qu'un parmi d'autres...

Peut-être aime t-il simplement jouer avec cette dualité, qui donne matière à parler à des journalistes ou à des bloggeurs anonymes comme moi.


Le personnage à l'air sombre mais chantant de manière légère "If you don't give my football back, I'm going to get my Dad on you", tout en jonglant avec un ballon de foot ne manque pas de charme, interpelle...









Deux années après nous avoir enchantés à travers son 1er album, "Tower of Love", compilation de ses trois maxis "Quiet Man", "My Patch" et "Eanie Meany" agrémenté de deux inédits, dont l'incroyable In the Key of C, le voilà de retour.


Cette fois-ci, pas de nom à l'album, ou plutôt si : le sien. Illustré d'une pochette une nouvelle fois avec un graphisme simple et joli, celui-ci regorge de jolis moments.
Une ouverture en forme de "hé salut les amis, vous m'avez manqué vous aussi" avec Welcome Commander Jameson et All rightJim s'amuse avec son nouveau jouet : le vocoder. Il nous rassure : il va bien.









Place a un enchainement génial : un régal pour les oreilles que le What U Gonna Do au groove imparable, Don't You Worry et son intro basse-guitare d'une efficacité aussi redoutable que sa simplicité, Ships and clouds et son synthé vaporeux nous fait naviguer dans des eaux plus mélancoliques dont Happy Day Today et son intro en mode générique d'une émission des années 70 vient nous tirer, nous sécher, et nous amener à courir nu sur le sable mouillé :



OHHH HAAAAAPPY DAAAAYYYYYY




Je pourrais encore parler de la joyeuse Same Place Holiday, de la vocodée Day by Day by Day toute en bilip bilip, ... Contrairement à "Tower of Love" où l'on suspectait un peu de remplissage (Eanie Meany version instrumentale, la pénible Tower of Love qui nous transporte dans un nième épisode d'Emmanuelle, sans que l'on en aie réellement envie), ici rien n'est à jeter.
Peut-être moins de tubes immédiats comme l'étaient My Patch ou Eanie Meany cependant.
Certains de ses titres me font penser à mon cher, mais disparu, Beta Band...d'autres me font penser tout court.

Reste à espérer le voir assez vite pour un concert, où même si une grande partie de la magie des trouvailles de Jim Noir disparait, la simplicité et la candeur de Alan Roberts fait mouche.



"Jim Noir" (2008)





1. Welcome Commander Jameson
2. All Right
3. What U Gonna Do?
4. Don't You Worry
5. Ships and Clouds
6. Happy Day Today
7. Day By Day By Day
8. Good Old Vinyl
9. Same Place Holiday
10. Look Around You
11. Welcome Commander Jameson
12. On A Different Shelf
13. Forever Endeavour

Tower of Love (2006)











1. My Patch
2. I Me You I’m Your
3. Computer Song
4. How To Be So Real
5. Eanie Meany
6. Tower Of Love
7. The Key Of C
8. Turbulent Weather
9. Turn Your Frown Into A Smile
10. A Quiet Man
11. Eanie Meany 2
12. The Only Way

Werchter 2008 - Programmation

Cela en devient presque obscène. Autant de bons groupes annoncés à un même festival...autant de promesses de bons concerts concentrés en à peine 4 jours.
Ce cru 2008 de Werchter écrase sans aucun problème la concurrence européenne:
- Reading, malgré la doublette Rage Against The Machine / Metallica, ne comporte rien de bien excitant dans son affiche NME
- le FIB à pris 60 ans d'un coup avec une affiche vieillotte et peu bandante. De plus, il gaspille ses forces en luttant contre le Summercase (légèrement mieux loti) en organisant une soirée "exceptionnelle" à Madrid en même temps que son concurrent... Navrant.
- les Eurockéennes nous sortent Offspring et Moby, donc là, pour leurs 20 ans, on se marre.
J'en passe, et des meilleures...



Tout ça pour annoncer que la programmation de Werchter est close avec les dernières arrivées des Raconteurs de Jack White et Brendan Benson, Gnarls Barkley de Cee-Lo et Danger Mouse, mais surtout des jouissifs Vampire Weekend, grosse révélation de ce début 2008.
Je pleurais de les voir préférer les Eurockéennes, entre Moby et Offspring...Les voilà désormais aussi en Belgique. Je crie victoire.


En résumé, nous aurons donc:

3 juillet :


4 juillet :


5 juillet :


6 juillet :


J'aurais jamais pensé qu'un jour, il me tarderait autant d'aller camper en Belgique...