L'HYper PRésent Appliqué à la Musique (et autres trucs...)

23.2.09

Rock Playlist Contest

Bon bon bon, en parcourant le blog d'un cher collègue ( Instant Critique), je suis tombé sur un espèce de battle de playlist, ou le seul enjeu est sa crédibilité auprès des 12 pèlerins lisant nos blogs. Pôôvres de vous que je ne gâte pas trop en ne postant qu'une fois tous les 36 du mois ces temps-ci. Pour me faire "pardonner", je décide donc de poster ici ma participation à ce "contest", ce mesurage de kiki entre amateur de son qui tache, de voix qui déraillent, de guitares qui saturent.

Le principe est ainsi, et là je cite le blog à l'origine de ce contest : "Il s'agit de concocter une playlist rock de morceaux intenses, rageurs, urgents, sauvages, électriques... mais aussi accessibles et accrocheurs. Le rock, à la base, c'est une musique qui doit frapper le public, à la fois par sa hargne et son immédiateté".

Pan. Simple, efficace. Les quelques restrictions étant ; de ne pas prendre plusieurs titres d'un même groupe, de concocter une playlist de moins d'une heure, d'utiliser des sons issus d'albums (pas de lives), et bien sur, du rock, du rock, uniquement du rock.

Deux solutions s'offraient à moi : me prendre le chou pendant une bonne paire d'heures, voire plus, afin de pondre un résultat dont, je ne serais de toute façon pas satisfait car "oh putain j'ai oublié machin" ; ou bien la jouer à l'instinct en piochant dans ce qui vient à l'esprit de manière immédiate, jusqu'à arriver à cette heure de son brut....ce qui donnera de toute façon, aussi un résultat non satisfaisant pour les mêmes raisons que précédemment, mais au moins, je n'y aurais pas perdu plusieurs heures.




Découvrez Primal Scream!



Le hasard faisant bien les choses, je me retrouve avec des titres allant des années 60 à nos jours. Là, vous vous dites, Maouimépoukoi ? Hé bien...

Primal Scream - Jailbird : une intro de batterie simple et efficace, un riff de guitare rappeux comme un gant de toilette tout sec sur une peau de lépreux...des titres comme ça, Primal Scream en possède à la pelle. Pourquoi celui-ci alors ? Bah...et pourquoi PAS celui-ci ?

Weezer - Buddy Holly : depuis nombres d'années maintenant, ce groupe a toujours su marier mélodies pop et énergie brutes des guitares. Ce titre en est l'un des plus chouettes représentants. Je vous conseille l'excellent clip au passage.

Oasis - Rock'n Roll Star : j'ai récemment été soufflé par leur entrée en matière lors du concert au Bataclan sur ce titre, et il me colle à la peau depuis. C'est pourtant loin d'être la facette du groupe qui me plait le plus, mais ce titre est d'une efficacité rare. Il est de plus, il me semble, le titre d'ouverture de leur premier album, donc...
EDIT : finalement, j'ai mis Roll With It, Deezer paraissant n'apprécier que modérément Rock'n Roll Star...

Gang Of Four - Damaged Goods : souvent copiés, jamais égalés. Ce groupe phare de la scène post-punk devenu culte sans avoir de réel succès commercial, possède un bon nombre de titres mélangeant l'urgence des guitares à un groove épatant de la section rythmique. Urgence et efficacité, tout est là.

Buzzcocks - Orgasm Addict : Je ne pouvais pas ne pas mettre au moins un des représentants de la scène punk anglaise. Plutôt que les Clash ou les Pistols, j'opte pour les Buzzcocks, allez savoir pourquoi...

The Who - I Can't Explain : 3 accords que l'on imagine aisément balancés par les bras moulinant de Townshend, une batterie maltraitée par le vilain mais puissant Keith Moon. Rock'n roll.

Faith No More - Digging The Grave : autant leurs anciens albums ont pour moi, assez mal vieillis, autant leur King For A Day...passe encore régulièrement par mes oreilles. Mike Patton y vomit ses paroles autant qu'il ne les chante, sur ce titre phare de leur discographie.

dEUS - Instant Street : comme j'ai l'habitude de le dire, ce groupe appartient à la Ligue des Champions du rock européen. Plus complexes et tordus que des Girls In Hawaii, plus couillus que les Ghinzu (pour ne prendre que des groupes issus du même pays qu'eux, la Belgique), dEUS surclasse toute la masse grace a un talent plus évident. Simplement. Même si ce titre éclate moins à la gueule qu'en live, cette version studio reste l'un de leurs meilleurs titres. Voire le meilleur.

ACDC - Sin City : la voix de Bon Scott reste pour moi LA voix du groupe Australien. Moins nasillarde et caricaturale que celle de Johnson...Lorsqu'en plus la batterie vient rejoindre les guitares pour lancer ce titre, les frissons me prennent les avant bras. C'est comme ça, faut pas chercher.
EDIT : pas de titres joués par ACDC sur Deezer visiblement, donc une reprise en guise de Tribute to..mais bon, l'esprit est là...

Led Zeppelin - Good Times, Bad Times : ce groupe possède tout simplement les meilleurs riffs de guitares jamais entendus. Tout gratteux en herbe s'est usé les doigts à tenter d'imiter Jimmy Page, le pote de Satan. Moi le premier.

Creedence Clearwater Revival - Fortunate Son : groupe que je ne connais que depuis peu grave aux vinyles du pater récupérés depuis peu, et surtout à une grande fan, vivant à mes côtés, l'immédiateté de ce titre m'a sauté au visage. On les image jouer ce truc en noir et blanc, les pieds dans un bayou.

Black Keys - 10AM Automatic : atypique duo mêlant batterie et guitare, avec une énergie plus crasseuse que les White Stripes, ces deux têtes de NERDS en puissance parviennent à faire copuler blues et grunge. L'enfant se porte bien, merci pour lui.

The Strokes - Last Nite : difficile de ne pas prendre un de leurs titres dans une telle playlist. Je choisis donc le titre qui me les a fait connaitre. Par contre, les gars...je vous en supplie...arrêtez vos projets solo.

Aerosmith - Eat the Rich : je suis récemment tombé sur leur cd (Get A Grip), que j'avais depuis bon nombre d'années, mais qui s'était fait bien discret depuis. Quelle idée de pondre une fille aussi moche aussi. Quelle idée de la mettre sur les grands écrans aussi ?! Evitabke ça Mr Tyler, non? Bref, heureusement, Joe Perry fait partie de la race des grands guitaristes ayant vogué entre les années 80 et 90 avec Slash et consorts. Il balance ici un (nouveau) riff de dingue. Et rendus dingues on les suit.

Nirvana - Very Ape : venez voir dans mon armoire le nombre de chemises à carreaux que je possède (sans les porter) et vous devinerez alors l'importance qu'a eu ce trio dans ma vie d'ado. Jamais ces albums ne m'ont lâchés. In Utero restera pour moi comme un chef d'œuvre des années 90. J'en tire l'un des titres les plus rageurs...et les plus courts.

The Libertines - Vertigo : ce groupe a enfanté bon nombre de bébés plus ou moins difformes, mais jamais le mélange de poésie et de punk étalé sur leur Up The Bracket aura été ne serait-ce qu'approché. Eux mêmes en tombèrent bien loin avec un second album moins surprenant...

31.10.08

Esser


Deux singles et une bonne gueule suffisent parfois pour s'enthousiasmer. Souvent pour rien, certes. C'est mon cas ici avec Esser et ses morceaux Headlock et I Love You, me rappelant alternativement Riton et ses bricolages electro-pop et le sens mélodique de Jim Noir. Une musique bricolée à partir de petits bouts de rien, à la manière d'un Mc Gyver au top de sa forme capable de fabriquer un lance missile avec un lacet du scotch et un escargot. Le tout formant une ensemble cohérent, dansant et efficace. A suivre de près donc...

Bloc Party - Intimacy

Le précédent Week end In The City m'avait laissé sur ma faim. Le single Flux qui sortit depuis me désespérant au plus haut point sur la tournure que prenait la carrière des Bloc Party. C'est avec une oreille prudente que je m'aventure sur leur nouveau bébé, Intimacy.

Une écoute suffira pour lever les doutes et au passage me défoncer les tympans. Loin des plans un peu trop "rock fm" entendus sur l'album précédent, Kele Okereke innove encore en prenant un sentier déjà emprunté par Radiohead après OK Computer. Bref, des machines surtout, des guitares un peu.

Le single, Mercury, ne laisse pas de place aux guitares. Grosse rythmique, samples, voix déformée. On est bien loin du classique Banquet mais la fureur et l'énergie punk de Silent Alarm semble retrouvée. Preuve en est, le morceau d'ouverture dément, Ares, vous scotchant avec une rythmique rappelant les Chemical Brothers et un riff tout en déformation. Halo, Trojan Horse ou One Month Off viennent rappeler que le rock à guitares reste cependant leur meilleure arme. Zepherus semble tout droit sorti d'Amnesciac de Radiohead et Ion Square et sa superbe montée finale vient conclure ce qui sera pour moi un des albums de l'année.

25.9.08

Black Lips @ la Boule Noire

Dès fois, je me dis que je dois être maudit, avoir le mauvais oeil, la schkoumoune, ou un truc dans le genre.
Exemple : hier soir, retardant volontairement mon arrivée à la Boule Noire d'une bonne heure afin d'éviter les pénibles Cheveu, voilà qu'à peine rentré dans la salle, ceux-ci arrivent sur scène :
- prétextant que les gens étaient en retard
- prévenant qu'ils n'avaient pas fait de balance
- expliquant qu'ils allaient tenter des chansons "pas encore très carrées"

Cheveu à la Boule Noire
Cheveu : un joli tee shirt et puis s'en va
Or, Cheveu, leur bordel musical transposé dans un appartement, ferait en temps normal, partir en courant le vieux duo flétri de "C'est du propre". Alors sans balance, et "pas très carré", je vous laisse imaginer le machin. On ne peut pas leur enlever ni leur envie ni leur implication, mais si on pouvait leur enlever leurs instruments par contre...

Mark Sultan à la Boule Noire
Mark Sultan, inspiré
La salle se remplit petit à petit, Mark Sultan attisant visiblement plus la curiosité que Cheveu. Cet étonnant bonhomme prend alors place derrière une mini batterie tout en tenant une guitare et se fixant un micro devant le nez. Une sorte de Remi Bricka version Garage-Rock commence alors un enchainement de chansons aussi courtes que furieuses. Bientôt rejoint par deux acolytes (seconde guitare + basse) et toujours sans prendre de pause entre les morceaux, le trio continue dans cette voie (de garage, ah ah). Un peu lassant sur la durée, mais parfois jouissif. Un bon tremplin pour la suite de la soirée.

The Black Lips à la Boule Noire
Black Lips aux couleurs de l'Ajax
J'avais été complètement pris dans l'ambiance électrique-bordélique de leur dernier passage à la maroquinerie, et m'attendais ainsi à retrouver les mêmes sensations. Les ingrédients étant identiques au cheveu près...tout était réuni pour se retrouver une heure plus tard transpirant mais souriant.

Le concert fut bon. Très bon même par moment (belle communion sur l'imparable Bad Kids). Les nouveaux titres prometteurs (un premier très proche d'un vieux Hives, un second reprenant à une note près l'intro de There She Goes des La's). L'ambiance survoltée, bouillante. Mais parfois un peu réchauffée lors de stage invasion forcées et ponctuées d'un vol de micro (provoquant un mini arrêt du concert), de bousculade d'un des musiciens. Visiblement un peu énervés (lassés?) par ce passage, la fin sera bâclée et bouclée en moins de deux. Un rappel instrumental plus tard, les "stage envahissors" fièrement munis d'une set list piétinée ou d'une baguette s'empresseront vers la sortie pour raconter l'exploit par sms plutôt que de s'égosiller à tenter de faire revenir les Black Lips...qui ne reviendront pas (sauf pour chercher leur bière oubliée sur un ampli, ou pour discuter par la suite dans la salle). N'ayant pas eu droit à Lean, la musique de fond de salle n'était pas revenue avant un bon moment, j'y ai pourtant cru...y ai perdu ma voix...pour rien donc.

The Black Lips à la Boule Noire
Oui, nous aussi on voulait partir pendant Cheveu...
Un sentiment assez mitigé en sortie de salle. Une bonne découverte en première partie (Mark Sultan hein), un bon concert des Black Lips dans leur plus pur style (fini la bite à l'air donc), une ambiance chaudasse. Malgré cela, l'excitation, la tension ne fut jamais au niveau de leur concert de la Maroquinerie. L'étincelle, la magie de la "première fois" n'était plus là.

The Black Lips à la Boule Noire
Moustache et bite à l'air, rock'n roll quoi...

23.9.08

The Futureheads & The Lemonheads @ Maroquinerie

Inrocks Indie Club Septembre 2008
Dans un premier temps, annoncés en tête d'affiche après l'annulation de leur concert du Trabendo, les Futureheads se verront "rétrogradés" d'une position dans la soirée Inrocks Indie Club de rentrée 2008 derrière les Lemonheads. Un concert habituel du quatuor briton ne dépassant que rarement les 45 minutes, ce déclassement ne changera pas grand chose à la donne.
A voir la faune présente, il semble évident que les Futureheads seront les plus attendus, et les Lemonheads plus une (re)découverte. Moi le premier.

Fondé au début des années 2000 (comme à peu près 45000 autres groupes de rock en Angleterre), le groupe des frères Hyde (Barry au chant et guitare, Dave à la batterie) sortira son premier album en 2004 au milieu des autres Maxïmo Park, Kaiser Chiefs, Hard-Fi et consorts. Dans un style modérément "post punk" (peut-être donné par la production d'un ex Gang Of Four, Andy Gill sur une poignée de titres), le groupe se démarque de la masse par des passages vocaux sur plusieurs voix coupant les entrelacs de riffs de guitares souvent bien pensés. Le succès de titres comme Decent Days and Night (présent entre autre dans diverses BO de jeux vidéos), ou de Hounds of Love (reprise de Kate Bush), les feront jouer de nombreuses premières parties de belles têtes d'affiches, comme les Pixies ou Foo Fighters.

The Futureheads
The Futureheads
En fin de la tournée qu'ils assuraient en tête d'affiche, ils atterrirent dans la micro salle parisienne du Nouveau Casino en 2006 pour un concert chaotique. Fatigue évidente, envie évaporée, les Futureheads nous livraient alors un gloubiboulga sonore indigeste en balançant en quarante minutes montre en main l'intégralité de leur album. Mais, Ô chanceux que nous fûmes, nous eûmes droit également à un inédit tiré de leur futur album : Area. Horrible.

Cette "bande annonce" de leur "News and Tributes" qui arrivera (en import, car jamais sorti sur le sol français il me semble) quelques mois après n'était pas mensongère. L'album sera plus que moyen. L'échec commercial qui en découlera sera - entre autre - responsable du coup de pied au cul reçu de la part de leur label, leur demandant d'aller voir ailleurs. Sûrs de leur "mojo", ils ne s'en laissent pas compter et lancent leur propre label, Nul Records, chez qui sortira leur troisième opus, un peu dans l'anonymat, "This Is Not The World".

Quatre mois après les voila de retour en France en compagnie des Lemonheads (ainsi que de Tahiti Boy and the Palmtree Family) pour une soirée Inrocks Indie Club.


Tahiti Boy And The Palmtree Family : beaucoup de monde sur scène, pas besoin d 'en avoir devant(?)
Afin de rentabiliser les coupons noirs et blancs donnés à l'entrée, le temps de la première partie fut passé à l'étage. Zut alors.
Place aux Futureheads dans une salle bien plus remplie et visiblement heureuse de les retrouver. Difficile de reprendre sa respiration pendant les 45 minutes qui suivirent tant les chansons furent jouées à un tempo ultra rapide. Mais ici le son était parfait, les changements de rythmes carrés et les vocalises réussies. Le groupe transpire (littéralement) la bonne humeur et la joie d'être là. Une set list sans surprise majoritairement composée de morceaux issus de leur premier album ; les deux derniers se partageant les miettes. Un excellent moment donc pour les habitués aux titres des Futureheads, reconnaissant non sans mal les détails intéressants qui parsèment les chansons. Sûrement plus difficile d'approche pour les "non avertis" chez qui l'impression de similitude prédominera. Etrange paradoxe (que cette difficulté d'approche) pour un groupe souvent réduit à du "tatapoum britannique".

The Futureheads à la Maroquinerie
Barry Hyde, "front man" des Futureheads
La salle se vide alors légèrement pour l'entrée sur scène des Lemonheads. Il faudra cinq bonnes chansons pour que Evan Dando retrouve une voix convenable et plus conforme à son statut de leader de groupe "culte". Une belle découverte pour moi que ces chansons dans un style "power pop US" me rappelant parfois Weezer, parfois Nirvana. Impression globalement positive à peine entachée des problèmes vocaux de Dando et de quelques passages acoustiques longuets.


The Lemonheads à la Maroquinerie
Evan Dando, increvable leader des Lemondheads



Une bien bonne soirée de rentrée pour les Inrocks Indie Club, qui même s'ils n'affichèrent pas complet, aura sûrement contenté tant les personnes venues sautiller sur les Futureheads que celles venues dodeliner de la tête sur les "mythiques" Lemonheads.
Attention, changement radical de format de chansons avec la venue des canadiens d'Islands dès le mois prochain.