L'HYper PRésent Appliqué à la Musique (et autres trucs...)

5.8.08

Werchter - Vendredi

Un vendredi démarré sous le soleil, les pieds en éventail à quelques dizaines de mètres de la grande scène pour assister au premier concert de la journée, le duo belge Black Box Revelation. Déjà aperçu à Paris en première partie de dEUS quelques semaines plus tôt, le rock stonien/white stripes-ien craché par les surpuissantes enceintes de ces jeunes locaux est idéal pour démarrer cette journée. Peut être un peu rude pour les gueules de bois "matinales", leur son est efficace et prometteur.
Black Box Revelation à Werchter
The Black Box Revelation
L'après midi promettait d'être un peu longue, le prochain groupe "attendu" étant les Babyshambles trois heures après. Le temps de prendre quelques couleurs au soleil qui - OUI - peut frapper fort sur cet endroit de la planète, accompagné par quelques douces mélodies :
- Slayer qui aura au moins eu le mérite de me faire sourire. Grosse puissance métaleuse, basse matraquée, chant hurlé, cheveux balancés en rythme, poils dehors. Pas de doute, Mika est loin. Tous les clichés affublés au "hard rock" sont présents pendant ces 45 minutes de set, et c'est à voir. Une fois. De loin. Au soleil. Allongé.
- Ben Folds : compris en deux minutes trente que je ne me lèverai pas pour regarder de plus près le bonhomme. Vite vu donc que mon intérêt était bien ailleurs : son set accompagnera (provoquera ?) une légère et réparatrice sieste.
- My Morning Jacket : sur le réveil de ma sieste, le début du concert me parut assez plaisant et entrainant. Une fois totalement revenu à moi, mes yeux et oreilles à nouveau fonctionnels, soit le groupe décida de jouer de la soupe, soit ce début sympa faisait illusion le temps que je me réveille. Option 2.
Ben Folds à Werchter
Ben Folds
Ah oui, entre temps, les Babyshambles annulent leur venue, sans que personne ne paraisse surpris. Tel une évidence, le remplacement du groupe de Pete Doherty par les Air Traffic (qui avaient ouvert le festival la veille sur la même grande scène) passa inaperçu. Seule la raison officielle de cette annulation nous remémorera encore quelque temps cet événement : Pete Doherty préféra assister à l'accouchement de sa chatte. Soyez rassuré, sa chatte accoucha bel et bien, car quelque jours plus tard, ils étaient sur la scène des Eurockéennes à Belfort. Bon, avec des instruments achetés le jour même, car arrivés avec leur bite et leur pipe à eau uniquement, mais ils étaient là. Les veinards.
Place au premier gros concert de la journée, avec l'arrivée de Jay-Z sur la grande scène. Plus intrigué qu'attiré par la chose, je dois avouer avoir été totalement bluffé par la performance du rappeur US. Gros show, super groupe, ambiance surchauffée: je ne regrettai pas une seconde mon choix. Ma connaissance zéroïque de la discographie du bonhomme ne m'empêcha pas d'apprécier ce bon moment.
Jay-Z à Werchter
Jay-Z
Des choix qui furent bien plus malheureux par la suite... Après une petite poignée de chansons de The Verve, je décidai de quitter la grande scène pour assister au concert de l'ancien dEUS, Zita Swoon. Je laissais donc un concert débuté sur d'excellentes bases (et pourtant aucun des "tubes" n'étaient passés), pour l'inconnu. Uniquement attiré ici par le parcours et la réputation de ce bonhomme, je ne m'attendais donc pas du tout à ce genre de spectacle, me rappelant que finalement, en Belgique aussi ils savaient faire de la variétoche pénible (pour moi). Attente erronée? Surement. Mauvaises dispositions? Temps idéal et moral au beau fixe, donc non. Mauvais endroit au mauvais moment dirons nous. C'est donc ce mélange de rythmes africains et de pop tordue qui m'empêcha de savourer Biter Sweet Symphony, ou Drugs Don't Work avec les dizaines de milliers de personnes alors aux anges, à quelques dizaines de mètres. Phase de regrets number one.
Zita Swoon à Werchter
Zita Swoon
Place à Neil Young sur la grande scène...mais uniquement pour un morceau. Je suis passible du bûcher pour certains, mais je préférai sur l'instant partir voir Hot Chip. Le papy s'étant fait attendre quinze minutes de trop, cela sera un quart d'heure de moins que prévu à le regarder pousser ses solos à rallonge. Je ne dirais donc pas "j'ai vu Neil Young", même si oui, j'ai vu Neil Young.
Hot Chip donc prend place sur la seconde scène. Et nouvelle désillusion. Après avoir lu et entendu de bonnes tartines d'éloges sur les prestations scéniques du combo américain, mes attentes étaient haut placées, c'est vrai. Malgré certains titres sur lesquels il serait criminel de ne pas se remuer un minimum, le concert ne me sembla jamais démarrer véritablement. Le tout restant sur un faux rythme assez mou. N'étant pas un grand fan non plus à la base mes propos sont à atténuer.
Hot Chip à Werchter
Hot Chip
A l'inverse, le duo allemand de Digitalism, j'en suis fan depuis les premiers morceaux trouvés sur le web. Leur prestation un an auparavant au Cabaret Sauvage m'avait considérablement renforcé dans la sensation d'avoir à faire à l'un des meilleurs groupes actuels de la scène electro(-rock). Leurs tubes Zdarlight ou Pogo sont de réelles tueries pour semelles de tout bipède terrien.
Impression ici largement renforcée après une prestation de haute volée. Les titres sont triturés, maltraités, mais reconnaissables pour toute oreille connaissant les bestiaux en détail. Le rythme ne diminue pas, seule l'intensité voyage sur des montagnes russes. Montées abruptes et syncopées, descentes rapides et brusques, basses saturées et compressées, couleur vert fluo. On s'y retrouve.
Un peu moins dans la tentative "rock star" de l'un des deux acolytes, venant micro à la main exciter un public qui n'en avait pas vraiment besoin. Déjà pas vraiment heureux au chant, il ne le sera pas plus sur une tentative de shoot dans un ballon arrivé sur scène. Celui-ci ayant été plus rapide que le pied du monsieur pour décamper, la chute ridicule fut proche. Il a alors compris. A repris place derrière ses platines. A balancé le Pogo tant attendu. Joie.
Digitalism à Werchter
Digitalism
Lessivés par la tornade Digitalism décidément bien rodée sur scène, il est temps de rejoindre nos pénates, accompagnés du regard par Moby (mais Remixed le Moby, attention, pas Moby tout court) depuis la grande scène se démenant : "hé mais mais ne partez pas, je suis là!".
Oui, mais non.

Moby à Werchter
Moby

23.7.08

Werchter - Jeudi

Dans la vie, il y a des évènements dont le degrés d'inévatibilité n'a d'égal que la puissance de la désagréabilité qu'ils entraînent. Pour la peine, j'invente des mots qui n'existent pas dans le dico. Ainsi le terrible afflux de vieux au supermarché du coin (n'importe quel afflux de vieux de manière générale), la fin du dernier rouleau de PQ ou encore l'interminable queue à l'entrée d'un gros festival le premier jour. On le savait, on y a été, on a râlé et on a raté Vampire Weekend. Mais pire encore, on a subi sans aucune possibilité de fuite les horripilants Counting Crowes (groupe pouvant postuler au podium dans la catégorie "hey vous vous rappelez notre tube ? mais si ça fait comme ça naaanananana") grâce à la puissance sonore de la grande scène.
A l'époque déjà, Mr Jones me tapait sur le système. Compressé dans la foule et imaginant le set des Vampire Weekend se dérouler sans pouvoir en capter le moindre son, le mauvais rock FM des Counting Crowes passa donc assez mal.

Counting Crowes, Werchter 2008
Counting Crowes, pénible

Une journée bien riche en soupe radiophonique pour ménagère de moins de cinquante trois ans six mois et cinq jours avec d'autres beaux représentants comme Lenny Kravitz, Mika ou à degré moindre REM. Je prenais bien soin d'éviter la grande scène pendant que le premier cité sévissait. Les fans semblaient ravis, il avait ses lunettes et a donné dans le solo calibré à la note près. Je préférais sans pression me lancer dans l'inconnu avec la découverte du duo belge Shameboy.
Dans la veine des Simian Mobile Disco ou de Digitalism, l'électro balancée sous le chapiteau donnait dans l'efficace et le dansant. Point de botte secrète mais plutôt une recette bien appliquée avec son lot de montagnes russes, d'explosions de basses et de rythmes tabassés. Une bien belle découverte pour la pute à single que je suis mais surtout le meilleur moyen pour s'échauffer et éviter un claquage douloureux lors du set à venir plus tard dans la journée : Soulwax.
Shameboy
Shameboy, surprise
Mais revenons plus tôt dans la journée où après dix belles minutes de The National et deux titres menés de main de maître par l'étonnante voix glaciale du chanteur, le malheureux choix de partir se réchauffer devant la grande scène fut fait. Mika nous y balançait ses tubes colorés avec un entrain relativement partagé... jusqu'à ce que les premières gouttes de cette édition 2008 viennent légèrement refroidir l'ambiance. En y réfléchissant, cette eau venue du ciel fut peut être salutaire. Il fallait bien cela pour nous sortir de la torpeur provoquée par la nullité des chansons mode "bouche trou entre les tubes" du frisé à paillettes.

Mika, Werchter 2008
Mika, chiant
Le temps d'un petit tour au stand chicken-wings jouxtant le dance-floor electroFMisant qui à grands coups de "Can You Feel it?" faisait sauter un amas de ponchos difformes, de tongs boueuses et de de casquettes trempées. Bon, les gens avaient peut être froid après tout.
L'heure de la baffe du jour était venue. Soulwax entre en scène sous un chapiteau déjà bien surchauffé après l'excellent passage de Shameboy. Commence alors la machine à danser genre "rouleau compresseur". Ce mélange de beats synthétiques et puissants avec la formation "basique" basse/batterie est toujours aussi excitant à écouter et à regarder. Un set sans aucune pause (on souffre d'ailleurs pour le batteur qui ne s'autorisera que quinze secondes de répit sur une prestation d'une heure....en même temps, vu la puissance du bonhomme, on devrait plutôt souffrir pour ses fûts). Les frères Dewaele enchaînent leurs classiques comme E-Talking, NY Excuse avec un remix de Daft Punk ou bien quelques inédits bien sentis. Le public suit, saute, bout et hurle son plaisir. Enorme montée / explosion finale, bordel sur la scène, sourires et crampes dans la fosse. Mission accomplie.
Soulwax, Werchter 2008
Soulwax, tuerie
L'heure pour les "potes" d'aller se détendre en prenant une bonne mousse bien méritée, mais pas pour les frangins qui après une pause d'une grosse demi-heure enchaîneront avec un set des 2manyDJs.
Malheureusement le trajet en caisse après un réveil à trois heures du matin aura raison de moi et de mes gambettes, et me guidera droit sous la tente plutôt que devant ces remixeurs de grand talent que sont les frères Dewaele, ou encore devant les Chemical Brothers (dieu sait si je les attendais pourtant...).
Tout juste le temps de voir REM balancer un What the Frequency Kenneth sans surprise mais avec grande maîtrise.

REM, Werchter 2008
REM, convenu

Le "plaisir" des retrouvailles avec un énorme camping désormais de nuit, sous le brouillard, et surtout parsemé de tentes jumelles (merci Quechua) fut heureusement réduit à sa portion congrue grâce à un éclairage des plus puissant, mais également une tonnelle décorée avec goût par de talentueux artistes.



Werchter 2008 - Ready, Steady, ...

Parmi les festivals européens, Werchter apparait comme l'un des poids lourds aux cotés de Reading, Glastonbury, ou encore Benicassim. Les grosses têtes d'affiche s'y côtoient et les festivaliers de tous horizons s'y bousculent chaque été vers le début du mois de Juillet.

Au glamour de la côte méditerranéenne espagnole et au partenariat avec NME, Werchter - frites et fricadelles mises de coté - peut se targuer d'une organisation des plus pointilleuse et se colle une étiquette de festival écolo. Ramassage de gobelets "rémunérés" par des tickets boisson (20 ramassés = 1 boisson, rock'n roll), de multiples incitations audio-visuelles à jeter ses ordures dans les poubelles adéquates ("feed the rabbit") et bon nombre d'animations dans l'esprit "green" sont mises en avant.

Bien entouré, je décidai cette année d'y passer les quatre jours que dure cet évènement, principalement attiré par une affiche grandiose (Beck, dEUS, Radiohead, Raconteurs, Kings of Leon, Chemical Brothers, Neil Young, Editors, Hives, ...) , mais également par l'envie de voir autre chose après les Eurockéennes en 2006 et le FIB l'an passé.



GO !

22.7.08

Maths Class : Foals déjà has been ?


Pas encore rattrapés, encore moins dépassés, Foals fait déjà des émules. Mieux encore, ils partouzent avec iForward, Russia! et les Blood Brothers pour donner naissance aux Maths Class.


Maths Class - Emporio Laser


Maths Class - Nerves


Difficile de prévoir une durée de vie pour ces agités déjà clippés plusieurs fois, mais également de ne pas y voir un potentiel certain. Leur énergie communicatrice et leur petit synthé entêtant (We Are The Nightlife) suffisent en ce mois de Juillet à me faire passer d'agréables moments.

Beck - Orphans

S'il n'y avait qu'un titre à retenir du dernier et dixième album de Beck, "Modern Guilt", cela pourrait être la chanson d'ouverture Orphans.
En voici par ailleurs le clip :



Ce titre résume bien à la fois le travail d'écriture fourni par notre blondinet sur l'album (avec un véritable moment de grâce atteint en milieu de morceau), mais aussi la teinture apportée par la production de son pote Danger Mouse. Sans rien bouleverser au style (même s'il est difficile de parler d'un style au sujet de Beck tant il a toujours cherché à voyager entre plusieurs) maintenant connu depuis plus de quinze ans, le fruit de cette collaboration semble avoir réussi à redonner un coup de fouet à une discographie qui s'endormait un peu après les frères "Guero" et "The Information".
Dommage que le bonhomme préfère désormais s'endormir sur scène.